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mercredi 31 mars 2010

Bus Palladium

Note : 2/4

Bus Palladium !
Le titre me plaisait.
Il agissait sur moi comme la madeleine de Proust.

Rien qu'à son évocation, quelques effluves d'un passé trop lointain semblaient ressurgir...

Quand j'étais jeune, c'était cool d'aller au Bus.
Ca donnait du poids et de la consistance à la personnalité que l'on essayait de se forger pour tenter de séduire maladroitement des filles qui ne succombaient pas assez voire pas du tout.

Il faut dire qu'à l'époque, le Bus Palladium était le dernier club historique de la nuit parisienne alors que le Palace, l'Elysée Matignon allaient, ou venaient de fermer leurs portes.
En allant s'y enivrer le mardi soir car l'alcool était gratuit pour peu d'être bien accompagné, on fantasmait un peu sur les légendaires soirées ayant marquée le fameux numéro 6 de la rue Fontaine.

Des années plus tôt, on aurait pu y croiser les Beatles, boire des verres avec Gainsbourg, devenir ami avec Salvador Dali, découvrir Téléphone, danser avec les Ritas mitsouko ou expliquer à Alain Bashung qu'on lui ressemblait...

C'est parfois dur d'être né après la guerre !!!

Malgré tout, le Bus était peut être encore le dernier fief rock de la nuit parisienne à cette époque ou même le Gibus avait débranché les guitares de ses amplis pour y connecter des tables de mixage boostant le son d'une trance à 130 BPM.

Et moi j'aimais et j'aime toujours le Rock.

Le Rock et le Bus ont eu des destins liés jusqu'au milieu des années 90.
Durant les eighties, les cérémonies des "Bus d'acier" (sorte d'oscar des groupes de rock français) s' y déroulaient et récompensaient des artistes majeurs comme Bashung, les Ritas Mitsouko, les Béruriers Noirs, la Mano Negra, Noir Désir ou FFF à l'orée des années 90 avant de disparaitre en tombant dans l'oubli provoqué par la fièvre amnésique de raves party sans âmes.

Avec son film Bus Palladium, Christopher Thomson a voulu ressusciter les heures de gloires du Bus dans les années 80 en suivant de l'intérieur la trajectoire d'étoile filante d'un groupe de Rock.
De ses débuts prometteurs à son explosion en plein vol, Thomson nous emmène sur la route et nous fait découvrir ou redécouvrir les aléas d'une bande de jeunes à cheveux longs qui se rêve en Rolling Stones et qui se brulera les ailes dans la fièvre créatrice, les querelles intestines, les bras des groupies, les psychotropes, le business, la perte de l'innocence et la mort.

Si l'aventure de cette bande de jeune se suit avec plaisir, elle le doit à ses interprètes dont ne peut qu'émerger la magnifique et vénéneuse Elisa Sednaoui.
Cependant aussi divertissant soit-il Bus Palladium n'atteint jamais le niveau et l'intensité du Péril Jeune.
Pire, le coté Madeleine de Proust fantasmée que j'évoquais il y a quelques lignes est totalement absent.

Si le film est censé se dérouler dans les années 80, on ne s'en rend pas compte puisque rien ou presque rien ne nous le rappelle, à part les fameux "trois jours à Blois".
Le Bus n'est qu'évoqué et le groupe imaginaire "Lust" ne ressemble en rien à ce qui se faisait alors.

Au milieu des 80's, le Rock Français, appellation aussi anachronique soit-elle, connaissait l'avènement de la scène alternative.
Le rock de l'époque rimait avec la rage des singles et des concerts de Téléphone, de Lucrate Milk, des Dogs puis des Beruriers Noirs, du Cri de la mouche, de la Souris Déglinguée, des Porte Mentaux, de la Mano Negra, des Wampas, des Satellites et autres Washington Dead Cats ou Happy Drivers.
Ces groupes étaient composés pour la plupart de punks et de marginaux ayant fait leurs armes lors de concerts chaotiques dans les MJC des banlieues rouges ou des squats comme celui, légendaire, de la rue de Pali Kao près de Belleville.

Le groupe du film, "Lust", est à l'opposé de tout cela !!
Il ressemble d'avantage aux fameux groupes de Baby Rockers parisiens qui animent le Tryptique, le Klub ou le Gibus depuis quelques années.
Musicalement "Lust" sonne comme un ersatz des BB Brunes, des Naasts, Shades et autres Plastiscines.
Un ersatz plutôt réussi d'ailleurs que l'on doit au superviseur musical du film Yarol Poupaud qui fut le guitariste de l'un des derniers lauréats du Bus d'Acier (FFF) et qui est désormais le mentor musical pour toute cette génération de jeunes branleurs.
Comme les branleurs de ces groupes, les jeunes de "Lust" sentent d'avantage l'eau de cologne des beaux quartiers plutôt que la bière de la fête de l'huma des années 80.

Ce n'est d'ailleurs en aucun cas un reproche mais la simple constatation que Christopher Thomson s'est trompé d'époque et que son film est d'avantage un hommage à la scène rock actuelle qu'à celle des eighties.
Ces considérations mises à part, Bus Palladium a quand même de quoi faire triquer les jeunes ados du film LOL.
Pour les autres, Bus Palladium aura la saveur d'un Canada Dry quand le Péril jeune avait l'impact d'un shot de tequila frappée.

Il n'aura jamais la drôlerie d'un film comme Mes meilleurs copains qui traitait exactement du même sujet à une autre époque.
C'était la fin des sixties et le début des seventies et le groupe du film s'appelait "Gangrène Plastique".
Il tentait de changer le monde en s'adressant aux ouvriers exploités des usines avec un tube de mayonnaise et des filles aux seins nus avant d'imploser à la suite de leur confrontation avec le "bizness" à la Lou Bill Baker (Il faut voir Mes meilleurs copains pour comprendre).

Mais ça c'est une autre histoire, et une bien meilleure d'ailleurs.

lundi 29 mars 2010

L'Arnacoeur

Note : 2/4

Je suis une putain de midinette !!!
Vous le savez maintenant, je ne résiste pas à l'appel d'une comédie sentimentale.
Mon petit cœur de jeune fille de 13 ans bat à la chamade lors des happy end les plus consensuels et invraisemblables des films ou on se dit je t'aime à la fin malgré toutes les difficultés rencontrées dans les 90 à 120 minutes qui précède ce moment tant attendu.

Avec son casting Glamour, je n'ai pas résisté à l'Arnacoeur.
Romain Duris, excellent comme toujours et une Vanessa Paradis lumineuse, voire quasi solaire forment le couple chic et choc qui joue au chat et la souris dans les palaces monégasques avant de réaliser l'inéluctable : Ils s'aiment.

On ne peut pas dire que leurs pérégrinations soient un moment inoubliable de l'histoire du 7ème art, mais ils y mettent du cœur et séduisent  les cœurs d'artichaut comme moi tout au long de ce film bien invraisemblable.

Les rares temps morts sont comblés par des seconds rôles investis dans leur mission. Le personnage de la meilleure amie interprétée par Helena Noguera mériterait même quelques scènes de plus.

En sortant de la séance, avec un sourire un peu bête et plein de paillettes dans les yeux, on serait presque prêt à revoir Dirty Dancing ou à se prendre pour Patrick Swayze sous les sunlights du premier bar musical venu.
C'est dire si le film atteint son objectif !!
C'est dire aussi qu'il ne faut pas en abuser car on pourrait aussi avoir envie de revoir la Boum 2 et l'intégrale de Meg Ryan. !!!

samedi 20 mars 2010

Une éducation


Note : 2/4

Fallacieusement vendu en France comme la nouvelle adaptation de Nick Hornby après l’excellent High fidelity avec John Cusack et Pour un garçon avec Hugh Grant, Une éducation est en réalité l’adaptation au cinéma de l’autobiographie de la journaliste anglaise Lynn Barber.
Nick Hornby n’étant que le responsable de l’adaptation au cinéma de ce roman.

Il signe une adaptation probablement fidèle au texte d’origine (que je n’ai pas lu) car on ne retrouve son humour si particulier et tellement irrésistible que par parcimonie au détour d’un dialogue par ci par là.

Les fans de l’auteur des cultissimes Fever pitch et High fidelity en seront donc pour leur frais puisqu’ils ne retrouveront pas les métaphores footballistiques désopilantes et les tchatches "tarantinesques" sur la musique qui sont la marque de fabrique de Nick Hornby et de son humour british décapant.

Passé cette déception, on se laisse toutefois entrainer dans ce Londres du début des années 60. Les écolières sont en uniformes, les jeunes hommes sont vêtus de costumes cintrés, les filles en robes sixties.
Tout ce petit monde fume des cigarettes anglaises au volant de ces voitures de sport luxuriantes, qui ne ressemblent heureusement en rien aux Ferrari et Porsche bling bling d’où s’échappent d’insupportables mélodies de Rn'B que l’on a le malheur de croiser de nos jours aux hasards des rues.

Ce Londres qui n’est pas encore le fameux "swinging London" est le théâtre de la rencontre entre Jenny, une adolescente de 16 ans, brillante et charmante, qui prépare son concours d’entrée à Oxford, et de Peter, un play boy de 35 ans.
Eblouie par cet homme et ses amis qui lui feront découvrir la musique, les grands restaurants et l’emmèneront en voyage dans un Paris fantasmé, Jenny tombe amoureuse de cet homme de 20 ans de plus qu’elle.
Elle lui offrira son innocence tout en sacrifiant ses études pour finalement se réveiller au milieu d’illusions perdues.

Ce passage à l’âge adulte est particulièrement bien raconté et filmé mais on retiendra avant tout l’excellente interprétation de Jenny par Carey Mulligan dont le charme, le regard et le petit rire mutin sont particulièrement craquants.
C’est une véritable révélation pour cette actrice que l’on avait croisée furtivement dans la dernière adaptation d’Orgueil et préjugés et que l’on retrouvera avec grand plaisir dans l’une des grosses attentes de l’année : Wall street 2 Money never sleeps (film dans lequel elle a rencontré son conjoint : le bizarrement nommé Shia Labeouf).

On notera aussi la très bonne interprétation de la magnifique Rosemund Pike en Bombe sixties écervelée, le charisme de Peter Sarsgaard et son sourire de faux jeton ainsi que le charisme certain de Dominic Cooper en dandy british malveillant.

Tout cela apporte une saveur aigre douce à ce petit film réussi dont le sujet est somme toute assez banal.
Cependant cette saveur s’atténuera assez vite tant la portée de ce film est mineure.

vendredi 29 janvier 2010

Invictus

Note : 2/4

Invictus est le troisième film de Clint Eastwood en 1 an après L’échange et Gran Torino. A bientôt 80 ans la star est clairement à l’heure actuelle le cinéaste majeur le plus prolifique de son temps.

Invictus jette un coup de projecteur sur la manière dont Nelson Mandela s’est servi de la coupe du monde de rugby et des springboks pour créer une cohésion nationale en Afrique du Sud au lendemain de son élection et de la fin de l’apartheid.

Cette page d’histoire importante raconté dans le film met en valeur le coté visionnaire, et la personnalité fascinante de l’ancien leader de L’ANC.

Morgan Freeman livre une très bonne interprétation et habite le personnage en faisant ressortir une intelligence de tous les instants, et la bonté absolu qui a tout sacrifié pour l’amour de son pays et de ses concitoyens.

On ne peut pas en dire autant de Matt Damon qui incarne François Pienar le capitaine charismatique des Springboks durant la coupe du monde 1995.
Sa prestation est d’une transparence absolue. Le leader charismatique qu’il doit être donne une image d’un homme effacé sans envergure et particulièrement timide.
C’est probablement du au fait que le rugby est un sport totalement inconnu aux États Unis, et que Matt Damon est du coup totalement étranger à l’engagement, aux valeurs et à la mentalité qu’il faut pour s’imposer dans ce sport.
Les réunions de l’équipe sont à peine plus consistantes et enflammée que celle d’une patrouille de louveteaux

Tout le traitement du rugby est un peu édulcoré car même les matchs dont il est question dans le film ne ressemblent en rien au combat que représente un match de coupe du monde de rugby.

C’est un peu embêtant, car du coup le film parait assez polissé malgré une réalisation solide et académique dont Eastwood est coutumier.

Clairement, même si le film est loin d’être mauvais et que son attrait historique est indéniable, il vaut mieux voir un documentaire sur le sujet ou les matchs d’époque qui témoigneront d’avantage de l’intensité de cette page d’histoire.

Il est clair qu’aucun film traitant de sport de haut niveau en dehors de la boxe ne réussit à être complètement crédible au cinéma.

Les tentatives sur le foot avec Goal ou A nous la victoire ont été un peu light.
Le tennis est absent du cinéma.
Les films sur le baseball comme Le meilleur ou Les indians relève de la BD pour jeunes.
Seul L’enfer du dimanche d’Oliver Stone sur le foot américain semble tirer son épingle du jeu même s’il est très fatiguant à regarder car entièrement filmé en camera à l’épaule.

Cette tentative d’Eastwood sur le rugby ne sera pas plus concluante.

lundi 25 janvier 2010

Jacques Dutronc - Zénith Paris, le 15 janvier 2010

Note : 2/4


On aime tous Dutronc.
Beaucoup d’entre nous ont été bercé par ses chansons depuis leur plus jeune âge.
De plus c’est un personnage assez énigmatique mais particulièrement sympathique et même assez fascinant.
Avec sa gueule d’ange, son regard vif et malicieux, son sourire impertinent, son humour dévastateur et sa désinvolture assumée, Dutronc est une vraie figure culturelle française.
En tant qu’acteur et chanteur, il a tutoyé les sommets sans donner l’impression de se fouler une demie seconde.
Ami de Gainsbourg, mari de Françoise Hardy, Van Gogh chez Pialat, fêtard invétéré, ermite en Corse, amateur de vin et de cigare, ce mec véhicule une image hyper sympathique du français dans toute sa splendeur.
A l’heure du débat sur l’identité national, on pourrait peut être dire qu’être français c’est être Dutronc. Ce serait pas mal !!

Absent de la scène depuis près de 18 ans, son dernier disque (assez dispensable malgré ses retrouvailles avec Lanzman) Madame l’existence est sorti il y a près de 7 ans, Dutronc annonçait son retour sur les planches en mai dernier pour une cinquantaine de dates dans toutes la France qui le ferait quitter sa tanière Corse

Sa cote de popularité n’étant pas retombé d’un millimètre depuis son apparition au milieu des années 60 , les places se sont arrachées très vite et c’est donc assez heureux que l’on prenait le chemin du Zénith plein de cactus et de fille du père noël dans la tête.

C’est assis nonchalamment dans un fauteuil club que Dutronc fit son entrée sur scène.

Un groupe de requins de studio déroulant du blues rock plein de testostérone, l’accompagne. C’est avec beaucoup de désinvolture que Dutronc saisit son micro et attaque sa soirée par un Et moi et moi et moi de très bonne facture.
Bonne nouvelle, sa voix est parfaitement intacte et énergique.
Dés lors les tubes rock se succèdent : Fais pas si fais pas ça, La fille du père Noël, On nous cache tout on nous dit rien
Si les interprétations sont bonnes, le son calibré un peu trop propre de son groupe de requins de studio n’a pas la fraicheur du son « Kinksiens » des versions originales.
Le public (pas mal de jeunes retraités et quelques gamins d’une trentaine d’année) est assis et étonnamment passif. Pourtant ces chansons sont à reprendre en chœur.
On aurait aimé entendre ce répertoire rock yéyé dans une plus petite salle avec un son un peu plus crade devant un public plus jeune et plus vivant.

Mais Dutronc, ce n’est pas que du rock, c’est aussi un crooner. Sa voix fait merveille sur Le plus grand des voleurs, Les playboys, Comment elles dorment...

Le concert tourne alors plus au cours de chant. Entre chaque morceau Jacques Dutronc fait des vannes et cultive son personnage de désinvolte bourru sur-sensible à l’humour acerbe pour le bonheur du public.

Des titres des années 80 viennent s’intercaler avec Qui se souci de nous et le fabuleux Hymne à l’amour (moi l’nœud) qui semblent secouer et réveiller le public.

Vincent Lindon vient pousser la chansonnette en duo sur Tous les goûts sont dans ma nature de manière assez bancale. Il faut dire que ce n’est pas son métier.

Dutronc n’est pas une bête de scène. Si son charisme est évident et sa voix très bonne, on sent que la scène n’est pas son domaine. Statique et bourré de timidité, il l’aborde sans trop se fouler et sans avoir trop réfléchi à l’impact des enchainements de chansons ; il n’y a pas de montée en puissance. A force de parler systématiquement entre chaque chanson il empêche l’ambiance de décoller vraiment.
C’est peut être le prix de voir Dutronc en tout début de tournée, son spectacle n’est probablement pas encore rodé.

Cela ne nous empêche pas de prendre un plaisir fou à écouter Le petit jardin, Il est 5 heures paris s’éveille, J’aime les filles, Les cactus, L’opportuniste, Sur une nappe de restaurant dans de très bonnes versions.

A y réfléchir, on se dit que l’animal a quand même un répertoire assez magique.
Mais c’est sans trop se fouler que Dutronc assume sa tournée relevé des compteurs.

La soirée se termine par deux des chansons arnaque de son répertoire : Merde in France et La compapade.

Dutronc quitte la scène comme un éclair avec sa désinvolture légendaire avant de revenir pour un rappel ou il reprendra une version copier coller de Et moi et moi et moi par laquelle il avait attaqué la soirée.

On aurait préféré avoir Mini mini mini, Le responsable ou L’aventurier, Les gens sont fous les temps sont flous pour clore ce récital même si L’idole aurait été la parfaite conclusion de cette soirée tant elle reflète le personnage.

Ce fut un concert minimum syndical un peu bancal. On mettra ça sur le compte du début de tournée.
Un peu plus travaillé avec des enchainements de chansons plus énergiques et plus cohérent dans une salle avec une fosse sans places assises et un peu plus intime comme l’Olympia, le concert aurait été d’un autre niveau.

Mais Dutronc reste Dutronc et ca fait quand même plaisir d’avoir pu le voir sur scène !!

lundi 4 janvier 2010

Avatar


Note : 2/4

Ce mois cinématographique de décembre 2009 aura été écrasé par la sortie d’Avatar, le dernier méfait de James Cameron.
Vendu dans un désert cinématographique inédit pour une période de Noël, il écrase tout sur son passage.
En effet la concurrence ne semble pas avoir voulu relever le défi.
Aucun Disney ou magicien à lunette ne s’opposent aux créatures bleues de la planète Pandora.

Avec une campagne de communication comparable au déferlement d’un tsunami, une présence sur la toile digne d’un Obama en campagne mettant en exergue le plus gros budget de tout les temps (record fait pour être battu régulièrement ceci dit…) il fallait être un ermite pour ne pas être approché par la promotion du film.

De plus l’évènement bénéficiait d’un plus produit, puisque c’est bien de marketing dont on parle, avec la fameuse projection en 3D ou relief annoncée comme le nec plus ultra de la modernité.

Je m’autoriserai d’ailleurs une petite digression sur ce sujet.
On a longtemps vendu les films Pixar comme des films de 3D alors que ce sont des films en image de synthèse, 100 % crée sur ordinateur.
La 3D est le terme générique pour parler de film en relief.
Le cinéma en relief est d’ailleurs tout sauf une nouveauté. En effet en 1954, le réalisateur de B movies Jack Arnold avait fait sensation en utilisant ce procédé pour sa fameuse Créature du Lac Noir en utilisant un procédé de superposition d’images basé sur des couleurs filtrées par des lunettes sensibilisant chaque œil à une couleur primaire différente, jouant sur la perception de profondeur.
Les enfants nés dans le milieu des années 70 connaissent parfaitement ce système puisqu’ils avaient été nombreux à se procurer des lunettes pour voir cette fameuse créature en relief lors de la diffusion de ce film dans la fameuse dernière séance d’Eddy Mitchell. Cela avait d’ailleurs été un gros fiasco.

Outre La créature du Lac Noir, la 3D s’est invité sur pas mal de films et particulièrement sur les films d’horreurs dans les années 80 et 90. Le requin des Dents de la mer 3, L’ultime cauchemar de Freddy, Jason, le tueur au masque de hockey des Vendredi 13, La maison d’Amityville ont eux aussi expérimenté le relief pour augmenter la tension chez le spectateur.

Les Rolling Stones et U2 ont aussi fait en sorte de filmer des concerts en 3D qui ont été projetés dans des salles spécifiques comme la Géode.
Disneyland et le Futuroscope de Poitier ont eux aussi conçu des attractions basées sur ce procédé dans leurs parcs.

Ce que l’on sait moins en revanche, c’est que Le crime était presque parfait d’Alfred Hitchcock et le quatrième opus des aventures d’Emmanuelle ont aussi bénéficié du plus produit en relief.
Avis aux amateurs…

Si la 3D n’est donc pas une nouveauté, elle était jusqu’alors compliquée à mettre en place et pas forcement au point.
Depuis deux ou trois ans, et avec l’avènement des salles à projection numériques, le système est revenu sur le devant de la scène car il est beaucoup plus simple à mettre en place.
Quelques films mineurs l’ont utilisé : La terrible adaptation de Voyage au centre de la Terre avec l’homme aux yeux de poissons, Brendan Fraser, des films d’horreurs (Destination finale) et un paquet de film d’animation en image de synthèse (Volt, La haut, L’âge de glace…)

Le système étant désormais rodé, il était temps de le tester sur un vrai bon gros block buster afin de mesurer son impact auprès des ados qui sont les premiers consommateurs de cinéma. Des consommateurs qui désertent quelque peu les salles en étant happé par les consoles de jeux qui les placent au cœur d’une aventure alors que le cinéma ne peut que les mettre devant une aventure.

On comprend donc que la 3D d’Avatar est une date importante car si l’essai se révèle payant, on peut s’attendre à voir de nombreux block buster en 3D déferler sur os écrans dans les années à venir au moment des fêtes de Noël.

Revenons au film !!!

Avatar est un tour de force et un vrai film de cinéma.
En effet si l’on estime que le cinéma est une usine à rêves et de divertissements à grand spectacle, Avatar en est l’illustration même.

James Cameron, par la dimension et l’ampleur de ses projets cinématographiques est bel et bien le digne héritier de Cecil B de Mille (réalisateur en son temps des Dix commandements, de Sanson et Dalila, du Plus grand chapiteau du monde) et de ses films pharaoniques qui était eux aussi des laboratoires pour les effets spéciaux ou des techniques nouvelles pour l’époque comme le Technicolor.

En utilisant et améliorant toutes les techniques en gestation depuis des années (effets spéciaux, numérique, motion capture, 3D, images de synthèse…) James Cameron arrive à nous faire vivre sur la planète Pandora, à nous promener dans ses forets, à voler dans le ciel sur des ptérodactyles, à nager au fond des rivières, à participer à des batailles terrestres et aériennes délirantes.
De ce point de vue là Avatar est un film extraordinaire et presque sans équivalent qui ne peut laisser insensible même le fonctionnaire le plus sinistre de l’administration publique.

LA 3D apporte un peu plus d’ampleur au film même si celui-ci reste tout aussi spectaculaire sans elle.

Avec Avatar et comme pour ses films précédents (Terminator, Aliens, Abyss, Titanic), le cinéma de James Cameron se démarque par son modernisme, sa technologie de pointe et son ambition.
Cependant cette quête effrénée de la démesure a un prix.

Le but des films de Cameron est de mettre en avant à la manière d’un feu d’artifice les technologies les plus modernes.
Du coup ses films résistent mal à l’épreuve du temps puisque cette technologie correspond forcement à un instant T qui sera fatalement dépassé puisque celles-ci ne cesseront d’évoluer.

Il faut donc voir Avatar maintenant et sur très grand écran.
Pas dans dix ans car le film aura vieilli et probablement mal vieillit. Regardez Titanic ou T2 aujourd’hui et vous comprendrez …
Il est clair que l’univers de Pandora avec ses couleurs chatoyantes, fluoressantes et phosphoressantes semble tout droit sorti d’une fullmoon party sur une plage thaïlandaise et de la BD Aldebaran. Un univers qui risque toutefois d’être obsolète dans 10 ans.

Imaginer la vision de ce film sur un écran de télévision serait aussi fascinant que de regarder un concert d’Iggy pop ou des stones sur Youtube.

A baser son film sur la technologie, Cameron laisse souvent l’histoire au second plan et c’est le très gros défaut du film.
Avec un tel budget, on aurait pu imaginer une équipe de scénaristes sortant des trames narratives solides, des personnages à plusieurs facettes, des rebondissements terribles.
Mais Cameron s’est laissé emprisonner par le Marketing.
A vouloir séduire le plus grand public possible et à faire secouer le money maker il est devenu l’esclave des projections tests.

Du coup, toute l’histoire est devenue simpliste, les rebondissements convenus et prévisibles et les personnages totalement manichéens.

La colonisation de la planète Pandora par des terriens aveuglés par l’appât d’un métal précieux les poussant à commettre un génocide manque clairement d’originalité.

La résistance s’organisant autour d’un héros handicapé mais pourtant fédérateur fait penser dans son traitement à une relecture de Mission de Rolland Joffé, de Gladiator, de Blood diamond ou de Braveheart.

Alors que de vrais thèmes de sciences comme le dédoublement de personnalité, les actions simultanées dans deux endroits différents, auraient pu être exploité de manière originale Cameron s’emploie à nous proposer un scénario totalement convenu et mille fois vu et revu.

Si le personnage principal tient plus que la route, les personnages secondaires sont des désastres absolus tant ils sont débiles, inexpressifs et archi caricaturaux.
Le grand méchant en chef qui dirige les assauts avec son mug de café à la main et dont le manque d’humanité ferait passer le Terminator pour un poète lyrique est d’un pathétique achevé.
La prestation de Michelle Rodriguez et sa poitrine opulente en pilote d’hélicoptère tiraillé entre son devoir militaire et sa conscience est à peu près aussi poignante que Denise Richards en astrophysicienne dans un James Bond avec Pierce Brosnan.
Je m’arrêterais là car la liste est longue et que je ne souhaite pas égratigner Sigourney Weaver pour qui j’ai le plus grand respect.

Cameron est un cinéaste excessif. Il veut trop en mettre plein la vue et il en fait des tonnes et des tonnes : Les effets spéciaux, les histoires d’amours soutenues par des violons dégoulinants, les combats dantesques, les méchants très très méchants, les gentils très gentils.
Dire que l’ensemble maque de finesse est un euphémisme.

Au-delà de la mise en scène, il veut renforcer son propos avec un message à destination des générations futures à travers deux thèmes chocs : l’écologie et la lutte contre le racisme !!!
Une écologique hyper opportuniste dénonçant la déforestation et prônant la préservation des espèces en dangers.
La lutte contre le racisme à travers la représentation des hommes bleus qui font irrémédiablement penser à des afros américains aux yeux bridés et qui malgré leur coutumes qui nous sont étrangère ont énormément de choses à nous apprendre.

Tout cela est enrobé par un mysticisme de bas étage ou la croyance en l’au-delà et aux puissances de la nature semble être l’ultime salut.
Au-delà de l’opportunisme on rigole quand même doucement en repensant au budget du film et au bilan carbone de celui-ci…

Pour enrober le tout, Cameron a le mauvais goût de faire appel pour la musique à l’ignoble James Horner dont je dénonce ici le manque de talent régulièrement.
Une fois de plus, celui-ci nous sert une partition pompière, omniprésente, dégoulinante d’une vulgarité absolue et d’une finesse de diplodocus.
Pour appuyer le coté écolo du film, Horner nous inflige une musique éthno new age aseptisée comme le groupe Era n’oserait même pas nous en proposer…
Le sommet de la vulgarité, et de l’horreur musicale atteint son paroxysme lors du générique de fin avec la chanson de Léona Lewis.
Avec une voix qui mélange le pire de Céline Dion et de Maria Carey, elle hurle comme un chien devant la pleine lune à grand renfort de vibratos des paroles débiles qui feraient passer My heart will go on de Céline Dion dans Titanic pour une alliance entre Mozart et Arthur Rimbaud. C’est proprement effroyable !!!!
Cela dit les spectateurs quittent la salle très vite du coup…

Si Avatar peut représenter par son coté visuel une date dans l’histoire du Cinéma, un film hors norme comme on en voit peu, c’est aussi un soufflé, un beau soufflé doré très appétissant mais qui retombe assez vite.
Cependant ses faiblesses sont assez criantes et l’empêcheront à mes yeux d’avoir la même portée, la même profondeur qu’un Star Wars ou que Le Seigneur des anneaux.

On passe toutefois un bon moment devant un grand écran car le film nous emmène quand même bien plus loin qu’une ligne de RER.

mercredi 11 novembre 2009

Turzi - Elysée Montmartre Paris, 29 octobre 2009

Note : 2/4

Quelques jours après la sortie de son nouvel album B, Turzi se produisit à l’Elysée Montmartre afin de fêter dignement cette parution.
Comme nous le pressentions lors des concerts auxquels nous avions assisté avant l’été, B tient ses promesses et s’impose résolument comme l’un des meilleurs albums de Rock enregistré par un ressortissant français.
Bizarrement comme Air, Phoenix ou Étienne de Crecy, Turzi vient lui aussi de Versailles même si sa musique ne s’apparente pas vraiment à la French Touch. A mes yeux elle vaut bien mieux.
Bien sur nous ne sommes pas chez U2 ou Coldplay. Le rock de Romain Turzi ne s’adresse pas au tout venant. Le Rock de Turzi demande à la base une exigence d’écoute supérieure. On est à la limite de l’avant-garde. Les groupes les plus connus auxquels il pourrait s’apparenter sont sans nul doute des groupes comme Sonic Youth, My bloody valentine ou Can.
Si son audience est encore balbutiante et underground, il est néanmoins invité dans une multitude de festivals en Angleterre, USA, Japon ou il a fait sensation. Ce n’est donc pas par Hasard si des gens comme Bobby Gillepsie, l’âme de Primal Scream et la déroutante Brigitte Fontaine ont apporté leur contribution à cet album.

Le concert de L’Elysée Montmartre était donc une occasion pour fêter en grande pompe la sortie de cet album attendu par pas mal de monde et dont les échos dans la presse étaient plus qu’alléchant.
Pour l’occasion, de nombreux groupes amis se produisaient en première partie pour des fortunes diverses. On notera la bonne prestation d’Etienne Jaumet (Zombie Zombie, Married Monks) en set DJ avant de laisser place au maitre de cérémonie.

Le public était au rdv et assez curieux de ce qui allait lui être proposé.
C’est donc vers 22 Heures que Turzi fit son apparition et démarra son concert par le terrifiant morceau d’ouverture du nouvel album.
Pour donner toute sa force, sa rage et sa subtilité, la musique de Turzi doit être bien jouée et avoir un son extrêmement bien réglée pour que toute la subtilité de ses sons puisse être transmise.
Malheureusement, le son n’était pas au rdv et cela avait l’air d’énerver beaucoup les musiciens qui ne semblaient pas avoir de retour de leurs instruments. Du coté du public, si la puissance du groupe était bien perceptible, on entendait malheureusement presque pas la guitare o combien importante de Romain Turzi. C’est en effet elle qui vous emporte et vous fait décoller et qui donne ce petit plus que beaucoup de groupes n’auront jamais.
Or cet élément primordial était masqué par une basse et une batterie trop présente et oppressante. L’équilibre et l’ampleur de la musique de Turzi n’a été retranscrit ce soir que par intermittence.
C’est donc la grosse déception de cette soirée alors que le son avait toujours été parfait lors des autres concerts que j’ai eu la chance de voir.

Visuellement, Turzi aurait mérité un meilleur traitement. S’il est acquis que l’on n’a pas à faire à un groupe de showman mais à un vrai groupe de musicien, il faut que le groupe travaille un peu plus sa théâtralité.
Loin de moi l’idée de donner des cours de danse comme à la star académie, mais il me semble qu’un light show ou des visuels projetés plus marquants au milieu de fumigène pourrait rendre la musique plus impressionnante.

Sur le son comme pour les lumières, je pense que Turzi a souffert des infrastructures de l’Élysée Montmartre.
En effet les ingénieurs du son et roadie étaient vraisemblablement ceux de Garance Production. Or ceux-ci ont du être déconcertés par le matériel digne de Star Wars que Turzi utilise pour ses concerts et qui est très très loin de celui d’un groupe de reggae de base.
Coté lumière, les infrastructures du Nouveau Casino et du Point Éphémère offre une ambiance plus sombre ou l’influences des light est bien plus perceptibles.

Ce concert aura donc été une demie déception sans que celle-ci viennent de la musique et des musiciens.
La musique de Turzi est, je le répète, l’une des plus hallucinante jamais enregistrée par un groupe de Rock en France Sa portée sur scène est elle aussi indubitable et impressionnante mais il faut pour cela un son top niveau.

On attend donc malgré tout son prochain concert avec beaucoup d’impatience.

lundi 9 novembre 2009

Placebo - Zénith Paris, 25 octobre 2009

Note : 2/4

Le Zénith affichait complet pour le deuxième des trois concerts parisien de Placebo.

En 15 ans de carrière Placebo s’est imposé comme un étendard du rock dit indépendant à l’orée des années 2000, période ou le Rock ne semblait n’être plus qu’un souvenir délaissé à la faveur d’une mouvance électro-techno plus que discutable dont la postérité reste à ce jour une illusion.

A cette triste époque Placebo s’était affirmé comme un power trio énergique fortement influencé par Joy Division, Cure, le glam rock et David Bowie période trilogie berlinoise.
Outre ces influences, Placebo possédait en la personne de Brian Molko, un chanteur avec une voix vraiment personnelle et véhiculait une attitude sulfureuse basée dur les codes sexe, drogues et rock and roll qui ne laissait pas indifférent.
Mais surtout, Placebo avait la recette pour pondre des tubes à répétition suffisamment fédérateurs pour attirer en même temps l’attention du fan de rock le plus exigeant que les programmateurs des grandes radios FM et donc de s’imposer comme dans nos contrée comme un groupe grand public.
Des titres comme Pure morning, Every you and every me, Slave to the wage ou The bitter end sont effectivement des titres imparables.

Placebo tourne pour soutenir son nouvel album Battle of the sun sorti peu avant l’été et qui est marqué par un changement de personnel puisque le batteur Steve Hewitt a cédé sa place à un jeune bucheron tatoué américain du nom de Steve Forrest.

Il faut souligner que placebo passe trois soirs au Zénith plutôt qu’un soir à Bercy, ce qui est plus qu’appréciable puisque cela nous donne l’occasion de les voir dans une vraie salle de concert à dimension presque humaine et ne souffrant pas de l’acoustique effroyable du blockhaus du 12ème arrondissement.

Revenons au concert :
Mauvaise nouvelle !!!
Impossible de se garer car le parking du Zénith est en réparation, nous arrivons donc en retard et le concert est déjà commencé et ce n’est jamais évident de rentrer à froid dans l’ambiance d’un concert déjà lancé.

Première impression :
Placebo en 2009, c’est de la grosse artillerie. Le son est puissant et excellent. Ils n’ont pas lésiné sur les moyens et le light show est très impressionnant.
On est désormais très loin du power trio des premières années puisqu’ils sont sept sur scène.
A chaque chanson les musiciens changent d’instruments et démontre une collection de guitare impressionnante.
La set list est un savant mélange de nouveaux et d’anciens titres joué de manière hyper professionnelle et carrée.
On est clairement pas là pour plaisanter. Placebo donne au public ce qu’il est venu chercher : Du son et des tubes !!!!
Sur scène le nouveau batteur démontre une puissance de feu digne de l’étoile Noire face à la planète Alderande, ce qui est assez impressionnant.

Brian Molko chante bien et maitrise bien la scène même si il est loin d’avoir le charisme d’un Bowie, d’un Nick Cave et d’un Iggy Pop. Il vaut toutefois mieux qu’il reste silencieux entre les morceaux car ses sorties sont presque dignes d’un Nikola Sirkis ou d’un Jean louis Aubert au meilleur de leur forme.

Son acolyte, le bassiste Stefan Ofsdal promène sa grande carcasse qui est une sorte de croisement entre un Frankenstein anorexique maniérée et du personnage de The Gimp dans Pulp Fiction (l’étrange esclave SM enfermé dans un coffre). Au-delà de son apparence, force est de constater que le musicien maitrise son sujet et qu’il est la base de l’architecture musicale du groupe.

Au-delà de cette première impression remplie de puissance et de professionnalisme, d’autres constats s’imposent à nous.

Même si le public a l’air d’être content, le groupe est glacial, il semble qu’il manque d’âme. Sa prestation aussi professionnelle soit elle ne transmet aucune chaleur et aucune émotion.
On a l’impression d’être devant un concert millimétré ou chaque note ou attitude est tellement travaillée qu’elle ne laisse aucune place à l’improvisation.

Bien sur certains me diront que Placebo est un groupe un peu dark-flirtant avec le courant gothique. Je vous l’accorde aisément, cependant placebo ne véhicule pas ce magnétisme ou cet esthétisme froid et fascinant que l’on peut retrouver chez Bahaus, Joy Division, The Cure ou Nick Cave.

Mais le plus marquant, c’est que placebo, derrière son attitude et son gros son est en fait un groupe pour nanas.
En effet derrière les guitares, les refrains et les couplets sont finalement assez bubble gum. L’attitude androgyne de Brian Molko semble beaucoup leur plaire.
La preuve c’est que la gente féminine est d’ailleurs particulièrement présente dans le public et qu’on y retrouve pas mal de groupies ado hurlant comme si elles avaient croisé Patrick Bruel ou Tom Cruise il y a 20 ans ou Tokyo Hotel il y a deux ans.
Il se peut qu’il y ait une filiation entre Tokyo Hotel, Indochine, et Placebo pour le public.
Ces groupes s’écoutent à 15, 18 et 20 ans.

Plus le concert avance plus on s’aperçoit que Placebo n’a rien inventé.
Musicalement, même si c’est très bien joué, il n’y a aucune personnalité. Tout est pompé à droite et à gauche, édulcoré et formaté pour coller à l’image qu’ils tentent de donner. Placebo est donc le parfait exemple du groupe mainstream qui touche le grand public mais qui ne marquera pas l’histoire.
Il y en a d’autre dans cette catégorie et selon les époques : Coldplay, The Troggs, Pat Boone…

On est donc finalement pas à un concert de Rock mais à un showroom présentant un produit formaté à un public ciblé et sélectionné pour sa capacité à l’aimer et le consommer.

Autrefois, Placebo avait probablement une âme et de la spontanéité, mais c’est aujourd’hui un vampire coaché par des marketeurs et des conseillers en communication.
Il y a fort à parier que leurs albums ne cesseront jamais de se répéter et de devenir de moins en moins intéressants.

jeudi 1 octobre 2009

Terminator 2 : le Jugement Dernier

Note : 2/4

Chose promise, chose due !!!!!!
A la suite de nos nombreux échanges sur le sujet, je m’étais engagé à revoir Terminator 2 que je n’avais pas vu depuis sa sortie en salle en 1991.
Clairement, votre virulence et vos arguments avaient quelque peu ébranlé mon jugement sur ce film et son réalisateur.
J’ai donc emprunté le DVD et je l’ai regardé hier soir.

Mon verdict est le suivant :

Clairement, le film a des qualités. Celles–ci résident principalement dans le fait que c’est :
1. Une très bonne suite qui bénéficie de la mythologie de l’excellent scénario du premier épisode
2. Clairement, Robert Patrick et son terminator en métal liquide est un excellent méchant.
3. Les effets spéciaux n’ont pas vieillis. Ils sont redoutables.
4. Le coté un peu Kitch eighties début nineties n’a aucune importance puisque le film est censé se passer en 1991.

Tout cela étant évoqué avec la plus grande franchise, je suis au regret de vous dire que votre jugement global sur ce film est particulièrement sur évalué et que vous restez tanqué sur vos émois d’adolescents pré pubères décérébrés.

En effet, T2 est un excellent blockbuster. C’est divertissant, ça explose de partout mais c’est quand même bien "bourrin".
De plus le jeu de Linda Hamiltton est particulièrement exécrable, les dialogues sont d’une pauvreté abyssale (et pas seulement ceux du Terminator, ce qui aurait pu se comprendre).

Les scènes d’actions aussi spectaculaires soient elles sont tirées en longueurs et finissent par être un peu assommantes.
La palme du film revenant à ce rajout débile de l’extrême fin du film, quand avant son sacrifice, le robot Terminator admet comprendre et ressentir quand John Connor pleure.

Je vous ferai grâce de l’énorme incohérence qui voit Robert Patrick arriver du futur nu, qui est obligé de taxer des vêtements à un flic et qui par la suite se régénère tout habillé quelque soit le personnage dont il prend l’apparence.

Je ne reviendrai pas sur l’affreuse musique (constante chez Cameron) d’où seul surnage le You could be mine des Guns and Roses.
Je ferai en revanche un petit point sur la réalisation. Si elle ne manque pas d’ambitions et de démesure, l'esthétisme de sa photographie est particulièrement absent. Il n’y a rien de beau, les filtres bleus fluos omniprésent datent bien le film de la fin des années 80. Au final et c’est une constante chez notre ami Cameron, sa réalisation aussi spectaculaire soit elle manque grandement de personnalité, de style et d’esthétisme.

Si je devais noter ce film , je mettrais 2 sur 4 car T2 reste malgré tout un super divertissement SF et j’aime bien ça.

C’est vrai que mis à part Le silence des agneaux (dont je ne suis pas très fan) la concurrence en terme de films d’actions étaient assez faible cette année là : Missing in action 3, Kick boxer, Hudson Hawk, Robin des bois version Costner et Higlander le retour.

Au royaume des aveugles les borgnes sont rois !!!!!

J’ai un temps pensé que T2 était le premier blockbuster de l’époque moderne et que du coup il avait un vrai coté novateur et devait malgré tout avoir toute ma reconnaissance.

Peine perdue !!! Robocop, Piège de cristal étaient sortis en 1988, Batman, L’arme fatale 2 et Abyss en 1989 , Nikita et Total Recall, 58 minutes pour vivre et Octobre rouge en 1990.

Dans cette liste, je vois au moins 5 à 6 films qui sont supérieurs à T2.

La comparaison que vous avez évoquée avec le premier opus de Matrix est particulièrement sympa pour T2 tant le film des frères Wakowski lui est supérieur en tout point. Revoyez les tous les deux et vous verrez.

Cela dit, il y a un domaine ou T2 restera un monument indépassable, c’est sur les flippers !!!!
Il sera toujours loin devant Amazon Hunt, Elvira et La famille Adams.

jeudi 17 septembre 2009

Public Enemies

Le 23/07/2009
Note : 2/4

Johnny Deep dans le rôle de John Dillinger, ennemi public numéro un aux Etats Unis dans le Chicago des années trente, mis en scène par Michael Mann avec Christian Bale et Marion Cotillard était clairement une des grosses attentes de l’année. Avec un casting pareil, on est en droit d’attendre un film référence sur cette époque mythique, à la manière des Incorruptibles de Brian de Palma ou de Bonnie and Cyde.
Johnny Depp fait une prestation exemplaire dans le rôle de ce brigand sans foi ni loi, pilleur de banque, roi de l’évasion, violent et charismatique. Son physique d’ange conjugué avec un regard d’une noirceur insondable apporte un magnétisme et une profondeur implacable à un personnage qui sait aussi se montrer charmeur et séducteur. Par une mimique, un demi-sourire, un regard ténébreux, il donne juste ce qu’il faut pour que l’on soit fasciné par son personnage. C’est la marque des très grands acteurs quand ils ne tombent pas dans le cabotinage (cf. Pirates des caraïbes ou J. Deep en fait des tonnes). Christian Bale apporte une sévérité implacable à son personnage d’agent obstiné par la traque de sa proie, sans pour autant le déshumaniser. Marion Cotillard met au service de la fiancé de Dillinger son talent dans une prestation plus compliquée qu’il n’y parait. Les seconds rôles, par leur trogne parfois sortie d’une BD complètent le tableau de manière remarquable.
Outre le casting, les moyens sont clairement au rdv. La reconstitution de cette époque est fantastique, rutilante et très belle. Des voitures aux costumes, à l’utilisation de la musique, tout est plus que parfait. La photographie est splendide. Les prises de vue sont à la fois inventives et très belles. Michael Mann nous montre qu’il est un très bon metteur en scène. Les scènes d’actions sont efficaces. Il sait parfois créer une tension ou un climat oppressant avec trois fois rien. Certaines scènes sont de très haut niveaux (l’arrestation de la fille, la fusillade de la foret, la fin...).
Cependant, malgré toutes ces immenses qualités, Public ennemie ne rentrera pas dans la catégorie des Incorruptibles ou de Bonnie and Clyde. En effet, de grosses longueurs pénalisent le rythme du film. On finit par s’ennuyer, ce qui est tout de même un comble avec un film qui s’est donné tant moyens pour atteindre ses ambitions.
De plus, le film est tourné en numérique. Et ça se voit. Pire même, ça se ressent !! A quoi bon faire de superbes plans avec un directeur photo surdoué si c’est pour gâcher le travail avec une texture d’image bas de gamme ou les ruptures de ton d’étalonnage finissent par être criantes. Par moment on a l’impression que certaines scènes (les extérieurs principalement) sont filmées au caméscope, avec une qualité similaire à un film de cul moyen et une froideur désolante. C’est rageant, car un ton opiacé, un étalonnage jaune à la Spielberg aurait rendu le film tellement plus beau. Clairement le numérique, c’est bon pour la 3D, des comédies ou des films de SF bourrés d’effets spéciaux mais pas pour des films de cette ambition.

Simple Minds - Olympia Paris, 8 juillet 2009

Note : 2/4

Il y a une vingtaine d'années, deux groupes régnaient en maîtres sur le rock des années 80. Il y avait le U2 de Bono et les Simple Minds de Jim Kerr. Leurs styles étaient très proches. Jim Kerr chantait de manière aussi incantatoire que Bono. La guitare de The Edge sonnait un peu comme celle des Simple Minds. Leur tubes bataillaient en tête des charts. Don't you était aussi populaire que New years day. Ils remplissaient des stades tous les deux et réussirent l'exploit de sortir chacun un album au succès mondial. Pour U2 ce fut The josuah tree avec une série de tube ou surnageait With or without you. Pour Simple Minds ce fut l'excellent Street Fighting years, un concept album dénonçant les guerres et les grands combats humanitaire de l'époque. La chanson Mandela day était avec Belfast child l'étendard de cet album plébiscité aussi bien par la critique que le public.

20 ans après ce n'est plus la même chanson. U2 a su saisir le virage des nineties pour devenir la vache sacrée que l'on connaît. Simple Minds n'a pas su évoluer. A l'orée des nineties, leur son était devenu obsolète en raison d'un son de synthé devenu en l'espace de quelques mois complètement ringuard.

Cependant, avec beaucoup de courage et de générosité Jim Kerr (à l'époque heureux mari de la splendide Patsy Kensit) et ses sbires ont continué d'arpenter les scènes du monde entier sans jamais décevoir un noyau dur de fans très fidèle. En 2009 Simple Minds fête ses trente ans. Il remplit l'Olympia quand U2 s'offre deux Stades de France. Clairement ce soir les quadras sont de sortie pour se replonger dans la nostalgie de leur jeunes années. On est très confiant avant ce concert car on sait que Jim Kerr a une voix et de la présence et que le groupe sait tenir une scène.

Mais c'est la catastrophe !!!!

Le son est effroyable, la basse et la batterie couvre tout le reste. On entend à peine Jim Kerr et clairement pas la guitare. Le groupe a l'air de prendre du plaisir alors qu'on finit par se retrouver indisposé par les vibrations insupportables de la grosse caisse et de la basse. Le charme des chansons est camouflé. Le magma sonore est tellement indigeste que finit par se présenter qu'une seule alternative : celle de quitter la salle !

J'ai donc quitté la salle sans entendre Alive and kicking, Belfast child, Don't you. Je n'ai au final eu droit qu'à une version inaudible de See the lights. Put... d'ingénieur du son ! Quel gâchis, quelle déception !!! Le pire c'est qu'une partie du public s'accommodait de ce son horrible. C'est désespérant.

mardi 15 septembre 2009

Les Beaux gosses

Le 04/07/2009
Note : 2/4

Adaptés d’une BD et mise en avant par une irrésistible affiche mettant en lumière deux ados juste post pubère avec la gueule de l’emploi, les beaux gosses avaient un je ne sais quoi de séduisant. Le film joue la carte du réalisme là ou les teens movies américains jouent la carte de la propagande avec des lycées peuplées de bimbo et de play boys vivant dans des villas plus que confortables. A l’instar de la cultissime série du début des années 90 Les années collège, Les beaux gosses met en scène des ados boutonneux, ingrats, mal sapé avec des réactions totalement binaires, voir primates. Malgré cette différence d’apparences, les ados des Beaux gosses ont les mêmes préoccupations que leurs cousins américains. En effet, ils veulent baiser !!! Mais ils ne savent pas non plus comment s’y prendre. Du coup ce postulat entraîne une fioriture de quiproquos et de dialogues à pleurer de rire dans lesquels on ose presque pas avouer qu’on s’y reconnaît.
Au-delà de la prestation décomplexé de l’acteur qui incarne Hervé, on est sans cesse marqué par une multitudes de détails portant un éclairage drôle et absurde bien que réaliste sur la distance du système scolaire et le monde réel avec les ados et leurs envies. Tantôt adulte ou enfantin, ils sont souvent en porte à faux au moment ou il faudrait qu’ils soient sur la même longueur d’onde. On passe un bon moment, même si la réalisation basique et terne ne se démarque pas de la série télé française des années 90. De plus le film manque clairement d’un fil conducteur plus marqué qui aurait pu relier des scènettes réussies qui ne manquent pas de saveur. Quoi qu’il en soit, on préfère mille fois ces ados à ceux d’Entre les murs car au moins ils ne se prennent pas au sérieux.

vendredi 11 septembre 2009

Good Morning England

Le 14/05/2009
Note : 2/4

On peut regretter le titre racoleur qu'on choisit les distributeurs français de ce film. En voulant faire le lien entre le film Good morning vietnam qui a un sujet légèrement cousin avec ce film anglais réalisé par Curtis Hanson, ils ont manufacturé ce film qui vaut tout de même un peu mieux que çà. La découverte de l'intérieur par un jeune ado d'une radio pirates anglaises en pleine explosion rock en 66/68 est un prétexte pour Curtis Hanson de faire une friandise qui donne le morale. Servi par une bande son énorme reprenant tout un tas de standards du swinging london, le film présente une galerie de personnages hyper drôle et attachante dont les préoccupations sont de s'envoyer des bonnes vannes, de se taper le maximum de filles sans renier leur foi pour la musique.
Dire qu'on aurait aimé avoir leur job à la même époque est un euphémisme. Curtis Hanson nous fait passer un agréable moment, mais ce moment est une friandise, une excellente d'ailleurs : Aussi vite vu, aussi vite oubliée mais avec bonne humeur.

X-Men Origins: Wolverine

Le 01/05/2009
Note : 2/4

On retrouve avec plaisir Wolwerine, le mutant teigneux aux griffes d'acier dans cet opus qui revient sur ces origines. Hugh Jackman reprend le rôle qui a fait son succès avec un plaisir évident. Le film est un super divertissement dans lequel on ne s'ennuie pas une seconde, avec de nouveaux mutants aux pouvoirs toujours aussi surprenants. L'intrigue reste assez classique : Un général forme une unité d'élite composé de mutant, puis cherche à faire des manipulations génétiques sur eux afin d 'obtenir l'arme absolue qui lui permettra d'éliminer tous les mutants et d'assouvir sa soif de pouvoir.
Tout est très efficace et rondement même si on tombe dans la surenchère d'effets spéciaux avec une fin grand-guignolesque qui prend trop de place dans le film. La densité et l'intérêt psychologique des trois premiers films n'est cependant pas aussi fort dans ce nouvel épisode. Mais surtout on regrette que l'excellente idée du générique n'est pas été exploitée car elle mériterait un film à elle toute seule ou des flash back à la Highlander. En savoir d'avantage sur Logan et son frère en tant qu'acteurs de toutes les guerres (de la guerre de sécessions à la guerre du viet nam) aurait été vraiment mieux que ces péripéties un peu convenues (retraite avortée, vengeance, dualité fratricide caricaturales). Néanmoins pour les amateurs du genre Wolwerine est un vrai plaisir.

mardi 8 septembre 2009

Julien Doré - Elysée Montmartre Paris, 4 décembre 2008


Note : 2/4

Ce fut un concert assez paradoxal de la part de Julien Doré. On peut dire que c'était un très mauvais concert, car tout y était bordélique, bâclé, sans fil conducteur, inégal, franchement chiant par moment, mal mis en scène et mal sonorisé (on entendait mal la voix du vainqueur de la Nouvelle Star, ce qui est un comble).

Certaines chansons n'ont aucun intérêt et surtout ne sont pas faites pour la scène (chant murmuré, ou trop intimiste).
Par moment Julien Doré fait n'importe quoi, il arrête les chansons au milieu ou les reprend alors qu'elles sont finies, fait des changements de rythme trop abruptes, ou ne prend pas le temps de laisser le public entrer dans la musique. Du coup, le public n'est pas rentré dans le concert, son accueil a d'ailleurs été glacial et ses applaudissements à la fin plus que polis.

Et pourtant, c'était loin d'être nul. En effet Julien Doré, ne manque pas de personnalité, de charisme, de présence, et de voix.
Le son de son groupe est plutôt bon même s'il gagnerait à être un peu plus unis ou à être d'avantage rodé (mais c'est un début de tournée).
Par instant il est capable de sortir de très bonnes chansons avec des envolées musicales plus d'intéressantes (la dernière partie du concert). Sa reprise en rappel de Change your heart était magnifique, Les acacias est une très belle chanson aussi.

On a l'impression que tout est allé trop vite pour Julien Doré.
Il n'a pas eu le temps de se trouver un style, du coup il passe d'une (bonne) influence à une autre avec plus ou moins de bonheur et en prenant trop de raccourcis.

Il n'a pas eu le temps d'apprendre à roder son répertoire sur scène. Du coup certaines chansons n'ont rien à faire sur scène, tout manque de cohérence.,tout est mal dégrossit. Il ne prend pas assez en compte le public, ne cherche pas à jouer avec lui, à l'emmener doucement d'une ambiance à une autre, à le séduire par la musique. En revanche il le fait très bien hors chanson.
Il gagnerait aussi à avoir une mise en scène plus sobre (moins d'esbroufe et de light show qui n'apporte rien).

Bref Julien Doré gagnerait à travailler d'avantage et à aller vers plus de simplicité et surtout à se trouver. Ce n'est pas un artiste mature mais il est clair qu'il a le potentiel pour proposer quelque chose de bien à l'avenir. Mais cela ne dépend que de lui.

The Bellrays - Le Trabendo Paris, 1er décembre 2008

Note : 2/4

Les Bellrays ont bonne réputation. On a pu lire ici et là que leur musique ressemble à Tina Turner (époque Ike) accompagné par les Stooges. On dit aussi des Bellrays sont un sacré groupe de scène et que leur prestations scéniques sont bien supérieures à leurs albums studio.

Il ne m'en fallait pas beaucoup plus pour prendre le chemin du Trabendo et aller découvrir ce phénomène. Premier constat, le Trabendo est loin d'être complet, ce qui est plutôt une bonne nouvelle car quand c'est complet, on ne voit rien dans cette salle car la scène est très basse et dans un creux.

Second constat, le public présent semble être des habitués du groupe : on entend des discussions se référant à d'autres concerts du groupe, quelques T shirts du groupe sont fièrement arborés et quelques fans ne décollent pas du premier rang.

Le groupe rentre sur scène et attaque le concert avec une grosse énergie. La voix de la chanteuse est exceptionnelle. Derrière elle, le guitariste et le bassiste tronçonnent des riffs bien heavy et le batteur cogne comme un dératé.
On se dit alors que ce groupe mérite mieux que son succès et que s'il avait sévit au début des années 70, il aurait certainement décroché le gros lot.

Mais au fur et à mesure que les chansons se succèdent, mon opinion change et mon enthousiasme faiblit. En effet s'ils sont professionnels et extrêmement bien rodés (on sent la fin de tournée), les chansons finissent par s'enchainer un peu mécaniquement et le concert s'achève avec des applaudissements polis.
Au final, les Bellrays sont un groupe de série B qui se défend bien sur scène, un peu à l'image des Fuzztones.

Ça vaut le détour s'ils passent près de chez vous, car ils sont pro et jouent bien, mais il manque un peu de magie, un peu de charisme ou encore le tube qui les projetterait d'avantage vers le succès.

jeudi 3 septembre 2009

Paul Simon - Palais des sports Paris, 11 juillet 2008

Note : 2/4

Organiser un concert à des prix prohibitifs le vendredi du weekend du 14 juillet était l'assurance pour les organisateurs de ne pas avoir une salle remplie. Pourtant c'était de Paul Simon dont il s'agissait. Oui Paul Simon, la grosse moitié du duo Simon and Garfunkel et le compositeur du fameux album Graceland qui cartonna durant les années 80 et qui mettait en avant un savant mélange entre musique sud africaine et les perles pop de monsieur Simon.
Paul Simon était accompagné par 8 musiciens pour nous proposer un condensé de sa grande et talentueuse carrière mais aussi quelques nouveautés.
Le son était très bon, la voix de Paul Simon intacte distillant toujours, malgré les presque 70 ans du bonhomme, ce savant mélange de tendresse, de douceur et de mélodie si caractéristique de son style.

Les musiciens étaient tous très talentueux et il y avait probablement beaucoup de travail derrière ce concert puisqu'ils passaient sans cesse d'un instrument à un autre dans des registres divers et variés (tambourins, mandolines, toutes sortes de percussions...).
Cependant malgré tout cela je suis resté sur ma faim. Le son d'ensemble manquait d'originalité, les nouvelles compositions manquent un peu de relief, on ne sent pas la patte mélodique de Simon et Garfunkel. Les morceaux de Graceland même s'ils ont fait bougé le public, sonnaient faux malgré leur relooking un peu trop eighties. Et que dire des grands classiques auxquels nous avons eu droit : Mrs Robinson, The sound of silence, The boxer, Slip slide in away, Fifty ways toleave your lover...

Paul Simon a sans cesse voulu les revisiter en s'éloignant un peu des interprétations originales. Pourquoi pas car cela peut souvent donner des résultats extraordinaires mais dans le cas présent aucune des versions n'arrivaient à la cheville de l'original. Le partie pris de les jouer avec plus de douceur les faisaient tomber dans une certaine mollesse, ce qui est bien dommage.
Pourtant il ne manquait pas grand chose car la magie de la voix et des mélodies par moments reprenaient le dessus mais par moments seulement !
Paul Simon en solo peut décourager les fans de Simon and Garfunkel car désormais la plus grande partie la carrière de Paul Simon s'articule autour de son itinéraire autour de la world music et s'éloigne du folk pur des années glorieuse du duo.
C'est probablement ce qui m'a dérangé.

L'idéal est de voir Simon et Garfunkel ensemble sur scène mais c'est rare, cher et la dernière fois c'était à Bercy ou la taille et l'acoustique déplorable de la salle avait ruiné le concert. Pourtant ce jour là les versions et le répertoire proposés était énorme.
Pour les fans du Duo, je pense que les concerts de Garfunkel en solo sont plus proches de leurs attentes.

jeudi 30 juillet 2009

Roy Ayers - New Morning Paris, 20 décembre 2007

Note : 2/4

C'est dans un New Morning bourré à craquer et totalement acquis à sa cause que Roy Ayers et ses fabuleux musiciens sont venus distribuer leur Jazz, Funk, Rock, Dance au public Parisien.

Bien sûr les musiciens de l'homme le plus samplé au monde derrière James Brown sont extraordinaires. Je donnerai une mention spéciale pour le guitariste Anglais et le fabuleux saxophoniste qui ont fait décollé l'ambiance dans des crescendos et des solos explosifs.

Mais le tout a été gâché par le fait que Roy Ayers a proposé un son d'ensemble plus proche de celui des 80's que celui qu'il pratiquait dans les sixties avec Herbie Mann et au début des seventies. J'ai eu la sensation d'avoir un concert gâché par l'omniprésence de nappes de synthétiseurs ignobles sorties tout droit de chez Kool and the Gang.
Ça n'a pas eu l'air d'affecter le public mais mois ça m'a vraiment gêné.

Au final, cela valait le déplacement tout de même car on a pas la chance de voir tous les jours des musiciens de ce niveau.

lundi 27 juillet 2009

Air - Zenith Paris, 19 Novembre 2007

Note : 2/4

Malgré les grèves, c'est un Zénith presque complet qui accueillait les deux versaillais après le fiasco du concert de Versailles de juin dernier.
Air est clairement le groupe phare et incontesté de l'electro pop rock planant. Ils savent marier les sons et les harmonies comme personne, créer des climats cotonneux, apaisants, et souvent très subtils. On sent que c'est une vrai équipe de chercheurs de studio.

Le problème, c'est qu'ils ne sont pas des showmen, ils en sont même l'antithèse et cela nuit clairement à leurs concerts.
Le concert d'hier était trop court. 1 heure 20 pour un groupe qui compte 6 albums remplis de moments d'anthologie, c'est très très court.
L'impasse totale sur Virgin Suicide est très décevante.

Les versions proposées hier étaient trop courtes et ne s'envolaient jamais (à l'exception des rappels). On avait la désagréable impression de partir faire un voyage cosmique et de rester bloqué en salle d'attente.
L'absence de charisme des deux versaillais n'était pas compensé par une mise en scène visuelle (film image) et un light show digne de ce nom. Des gens comme Daft Punk font très bien cela et je ne parle pas de Pink Floyd ou Roger Waters en solo ou la mise en scène est l'un des éléments déterminants du show.

A cela vient s'ajouter quelques enchaînements un peu téléphonés qui pourraient s'expliquer si le groupe était en début de tournée, mais ce n'est pas le cas.
Au final on a l'impression d'avoir tous les ingrédients et le savoir faire pour un concert exceptionnel mais personne pour faire monter la mayonnaise.
Malgré tou , on passe un agréable moment ni plus ni moins alors qu'on s'attendait à un grand moment.

dimanche 26 juillet 2009

Isaac Hayes - Casino de Deauville, 27 juillet 2007

Note : 2/4

La perspective de voir Isaac Hayes était alléchante, surtout dans une petite salle comme le théâtre du Casino de Deauville.
Malheureusement cette perspective s'est étiolée suite à toute une série de désillusions.

La première, c'est qu'Isaac Hayes est venu cet été en Europe avec une formation réduite. La section cuivre et les violons indissociables de sa musique ont été remplacés par des synthétiseurs et quoi qu'on en dise, le résultat n'est pas le même.

La seconde , c'est la durée du concert. Isaac Hayes et son orchestre présentent un set calibré pour les festivals, c'est à dire qu'il ne dépasse pas l'heure un quart, ce qui est vraiment trop court pour un répertoire comme le sien.

La troisième , et c'est probablement la plus triste, c'est l'état de santé d'Isaac Hayes. En effet, même si sa voix reste intacte, il semble très souffrant et marche très difficilement et derrière son allure de colosse il semble être comme vidé de ses forces.

Malgré cette série de désillusions, sa musique reste fantastique , prenante et planante . Le Theme from shaft, Walk on by et les standards de stax comme Soul man retournent toujours une salle de concert.
On passe un agréable moment en se disant qu'on y retournerait les yeux fermés si Isaac Hayes repassait avec une formation plus élargie (cuivres, violons).

Mais on se dit aussi qu'il faut en profiter car vu l'état de santé du bonhomme, il est aussi fort possible que les occasions de le revoir en Europe soient très peu probables.


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Et c'est d'ailleurs avec une grande tristesse que nous avons appris la mort d'un des géants de la Soul le 16 août 2008. RIP...