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vendredi 9 novembre 2012

Linton Kwesi Johnson aka LKJ - Cabaret Sauvage, 8 novembre 2012

Absent depuis 5 ans des scènes parisiennes, Linton Kwesi Johnson aka LKJ faisait son retour dans le cadre presque intime du cabaret sauvage, lui qui avait pour habitude de se produire au Zénith.

LKJ est un ovni dans le monde du reggae dub. Bien que d'origine jamaïcaine, LKJ,est anglais ou il vit depuis son enfance. Il n'est pas rasta, n'a pas de dread et ne semble pas particulièrement fasciné par Haile Sellassie, Zion ou la chute de Babylone. LKJ écrit des textes, des poèmes tournés vers un militantisme de gauche , marqué par les black panthers, la lutte contre le thatchérisme et les injustices raciales et sociales. Il déclame ses textes avec un flow et une voix grave qui n'appartiennent qu'à lui sur une musique Dub, reggae obsédante du meilleur effet. Il est depuis une quarantaine d'années une référence et un artiste phare, présent en tête d'affiche des plus grand festival et respecté par tout le public reggae. Il est accompagné depuis de nombreuses années par le Denis Bovell Dub Band, un sound system anglais avec une section cuivre composé de musiciens virtuoses dont les envolées s'apparentent aussi bien au jazz qu'au reggae et au dub.

Bien entendu la salle était bien pleine, et comme souvent dans les concerts reggae, la première partie est assurée par des djays qui chauffent la salle en mixant avec brio des pépites de reggae roots. Comme toujours, on se laisse embarquer jusqu'au moment ou les mix s'éternisent en nous rappelant qu'on est pas venu pour çà et qu'il serait bon que la tête d'affiche entre sur scène.

Le Denis Bovell Dub Band investit alors la scène et se lance dans un nouveau tour de chauffe d'une demie heure avant que LKJ se décide à apparaître avec sa barbichette, son chapeau, son costume et sa cravate qui ne dépareilleraient pas dans un mariage antillais devant un public acquis à sa cause mais qui commençait à trouver le temps long. Dès lors la magie opère, portée par un son extrêmement bien réglé et clair comme on aimerait en avoir à chaque concert.
Lkj enchaine ses grands tubes des albums seventies comme Poet And The Roots, Forces Of Victory, More Time, Fite Dem Back, Sonny's Lettah, dans des versions fidèle qui offrent souvent aux différents solistes du Denis Bovell Band des occasions de partir dans des solos ou des dub de folie.

On se rappelle aussi que LKJ n'est pas seulement un musicien mais aussi un professeur de sociologie et d'économie (de tendance marxiste comme on en a presque plus dans l'éducation nationale) par le ton professoral qu'il utilise pour introduire ou expliquer les titres qu'il va jouer.

Le concert est excellent, fascinant, même si de mon point de vue, il sonne un peu trop reggae british.
Je m'explique : les musiciens sont des virtuoses, à tel point que le son d'ensemble est trop parfait, trop rodé, presque clinique par moments.
On ne retrouve pas la chaleur, ou les accidents magiques qui font le charme des pionniers du reggae roots jamaïcain comme Israel Vibration, Twinckle Brothers ou Clinton Fearon.
Avec LkJ on est dans un reggae dub urbain, froid comme le quartier de Brixton et très loin des plages de sables de l'océan pacifique, des bidon villes tiersmondiste de Kingston, des effluves de ganja et de Jah.

Malgré ce manque de chaleur, le concert était excellent, obsédant, surprenant, fascinant, et assez unique en son genre. Bref, un moment de musique à ne pas manquer !

Twinckle Brothers - Le Hangar Ivry Sur Seine, 26 octobre 2012


Formés en 1962 (comme les Stones et les Beatles), et  avec près de 70 albums au compteur, Les Twinckle Brothers sont surtout connus pour l'album « Countrymen » réalisé à la fin des années 70.

C'est à mon sens un des meilleurs, si ce n'est le meilleur album reggae enregistré tous genres confondus. Il n'a rien à envier à The same song de Israel Vibration, à  HAIL HIM et Marcus Garvey de Burning Spear et aux meilleurs albums de Marley.

Les Twinckle Brothers restent méconnus du grand public car ils ont, en dehors d'une parenthèse de 4 à 5 ans chez Island au moment de l'âge d'or du reggae roots, toujours fait le choix de l'indépendance et de l'auto production.

Cela ne les empêche pas d'avoir séduit un public très fidèle grâce à la qualité de leurs prestations live, qui leur fait parcourir le monde dans les plus petits clubs , ou comme tête d'affiche dans les plus grands festival reggae (sun plash, garance…) depuis des décennies.


C'est au Hangar , le petit club d'Ivry sur Seine, qu'ils faisaient étape ces jours-cis dans nos contrées. Le Hangar était quasi complet pour l'occasion et s'enflamma des leur entrée sur scène.

Le charisme et la voix de stentor de Norman Grant conjugués aux talents d'instrumentiste et aux choeur de ses frères Ralston et Ashton ont fait danser le hangar du début à la fin du concert.


La set list reprenait les meilleurs moments de countrymen mais aussi de Rasta pon top , qui fut n°1 des charts en 1975, ainsi que de très vieux tubes de rock Steady enregistrés comme singles avec Lee Perry dans les années 60 et quelques nouveautés qui se fondaient totalement dans l'ensemble.

En passant du steady, au Roots et au dub, l'orchestration et le son d'ensemble étaient fabuleux.


Le concert a duré près de deux heures (chose rare pour du reggae), en laissant un public conquis par la générosité, la chaleur, le rythme et la virtuosité des Twinckle Brothers.

Ce fut clairement un des meilleurs concerts reggae qu'il m'ait été donné de voir et la place ne coutait que 14 euros.

Avis aux amateurs pour leur prochain passage !!!!

lundi 25 janvier 2010

Depeche Mode - Palais Omnisports de Paris Bercy, le 19 janvier 2010

Note : 3/4


Il ne peut en rester qu’un !!!

En 2010, Depeche Mode est le Highlander du courant New wave électronique apparue au début des années 80 en Angleterre.
30 ans après leurs débuts et plus de 100 millions de disques vendus, ils sont les seuls à avoir maintenu leur popularité et une carrière artistiquement crédible. Tous les autres ont disparu ou presque.

Certains n’ont pas su se renouveler et ont été les victimes d’un son devenu ringard avec le temps.
D’autres survivent dans des circuits de concerts nostalgique et ne fédèrent que quelques fans ultimes qui n’achètent même plus leurs albums.
Les autres ont splitté ou se sont reconvertis dans d’autres domaines et Dieu merci ne nous effraient plus avec leur terribles tenues vestimentaire, leurs coiffures immondes, leur maquillage outrancier et leurs synthétiseur Bontempi aujourd’hui purement inaudibles.

On pense dans le désordre à des groupes comme Orchestrial Manœuvre in the Dark aka OMD, Soft Cell, The human league, Dead or Alive, Adam and the Ants, Duran Duran, Eurythmics, Alphaville, Franky goes to Hollywwood, Visage et autres Yazoo et Camouflage ou Erasure.
Depecha Mode fait partie des derniers grands mohicans de la musique des années 80 dont la popularité n’a jamais faibli avec The Cure et U2.

Leur concert à Bercy est l’un des derniers de l’énorme tournée 2009 qui promouvait leur dernier album Sound of the universe.
Une tournée des stades au succès colossal qui a cependant connu quelques soubresauts et dates annulées en raison de l’opération d’une tumeur cancéreuse qu’a du subir le chanteur Dave Gahan.

C’est un Dave Gahan bien rétabli et un groupe très en forme et archi-rôdé par les nombreuses dates précédentes qui s’appropriait l’arène du sinistre Palais Omnisports de Bercy.
Une fois n’est pas coutume, il faut souligner que le son était exceptionnel et n’a pas pâti des maléfices sonores de la terrible architecture de Pierre Parat, Michel Andrault et Aydin Guvan.

Porté par ce son digne d’un rouleau compresseur sur lequel le jeu de batterie de maréchal ferrant de Christian Eigner donnait l’impression de s’incruster dans votre cervelle, Depeche Mode montre à qui en doutait qu’ils ne sont pas là pour plaisanter et que l’amateurisme et l’approximatif n’a pas de places chez eux.

Cela parait évident mais outre ses sons électro particulièrement travaillés et inoxydables à l’usure du temps et de la kitcherie, le véritable plus produit de Depeche Mode, c’est Dave Gahan !!!

Ce mec est un show man et un chanteur exceptionnel.
Il est clair que l’électro de Depeche Mode n’est qu’une superposition réussie de sons électroniques travaillés, de rythmes tribaux oppressants et des quelques riffs de guitares assez simplistes. Le coté mélodique vient presque uniquement du chant de Dave Gahan.
Son charisme et sa présence remplissent sans peine l’immense scène de Bercy et sa voix de stentor baryton est sans nul doute l’une des plus marquantes du genre au coté de celles de Nick Cave, Iggy Pop ou Jim Morrison.
Sa voix emmène la musique de Martin Gore et de ses acolytes dans une autre dimension qui explique sans peine le succès du groupe.

La première partie de la set list fait la part belle aux années 90 / 2000 du répertoire et au nouvel album.
Une chanson comme Wrong, le single du dernier album, s’inscrit sans peine comme un classique du groupe et trouve parfaitement sa place au milieu des classiques de cette période comme Walking in my shoes.

Le premier morceau emblématique de la période 80’s sera A question of time dans une bonne version mais on aurait aimé que Dave Gahan chante les refrains plutôt que de laisser chanter le public.

Après une petite session des chansons de Martin Gore, on entrera dans le vif du sujet avec les chansons historiques du groupe.
Tout de suite l’ambiance et la qualité du set monte d’un cran.
Il est clair que les morceaux des derniers albums des années 90 et 2000, s’ils sont bons et complètement dans l’esprit du groupe, n’atteignent en rien le niveau des grands classiques des années 80 et du début des années 90.
Au delà de leur notoriété immédiate, le chant et les refrains de Dave Gahan sont beaucoup plus fédérateurs sur les titres de cette période.

Il est clair que peu de groupe peuvent enchainer des hymnes comme Policy of truth, In your room, I feel you, Enjoy the silence, Never let me down again, Behind the wheels et Personal jesus.

Le public ne s’y trompe pas et exulte littéralement à juste titre en scandant les refrains à l’unisson.

Malgré cela le concert s’arrête presque brutalement après Personal Jesus et 2 heures de show.

Il y a de la frustration dans l’air. On se dit qu’on aurait bien rempilé pour 30 minutes de plus ou supprimé quelques chansons récentes pour pouvoir entendre les putains de tubes qu’ils n’ont pas joué ce soir tel que Master and servants, Shake the disease, I just can’t get enough, People are people, Everythings counts, Black celebration, Something to do

A cause de cela on quitte la salle avec un zeste d’amertume en ayant l’impression d’avoir vu un excellent concert mais d’être parti avant la fin.

Jacques Dutronc - Zénith Paris, le 15 janvier 2010

Note : 2/4


On aime tous Dutronc.
Beaucoup d’entre nous ont été bercé par ses chansons depuis leur plus jeune âge.
De plus c’est un personnage assez énigmatique mais particulièrement sympathique et même assez fascinant.
Avec sa gueule d’ange, son regard vif et malicieux, son sourire impertinent, son humour dévastateur et sa désinvolture assumée, Dutronc est une vraie figure culturelle française.
En tant qu’acteur et chanteur, il a tutoyé les sommets sans donner l’impression de se fouler une demie seconde.
Ami de Gainsbourg, mari de Françoise Hardy, Van Gogh chez Pialat, fêtard invétéré, ermite en Corse, amateur de vin et de cigare, ce mec véhicule une image hyper sympathique du français dans toute sa splendeur.
A l’heure du débat sur l’identité national, on pourrait peut être dire qu’être français c’est être Dutronc. Ce serait pas mal !!

Absent de la scène depuis près de 18 ans, son dernier disque (assez dispensable malgré ses retrouvailles avec Lanzman) Madame l’existence est sorti il y a près de 7 ans, Dutronc annonçait son retour sur les planches en mai dernier pour une cinquantaine de dates dans toutes la France qui le ferait quitter sa tanière Corse

Sa cote de popularité n’étant pas retombé d’un millimètre depuis son apparition au milieu des années 60 , les places se sont arrachées très vite et c’est donc assez heureux que l’on prenait le chemin du Zénith plein de cactus et de fille du père noël dans la tête.

C’est assis nonchalamment dans un fauteuil club que Dutronc fit son entrée sur scène.

Un groupe de requins de studio déroulant du blues rock plein de testostérone, l’accompagne. C’est avec beaucoup de désinvolture que Dutronc saisit son micro et attaque sa soirée par un Et moi et moi et moi de très bonne facture.
Bonne nouvelle, sa voix est parfaitement intacte et énergique.
Dés lors les tubes rock se succèdent : Fais pas si fais pas ça, La fille du père Noël, On nous cache tout on nous dit rien
Si les interprétations sont bonnes, le son calibré un peu trop propre de son groupe de requins de studio n’a pas la fraicheur du son « Kinksiens » des versions originales.
Le public (pas mal de jeunes retraités et quelques gamins d’une trentaine d’année) est assis et étonnamment passif. Pourtant ces chansons sont à reprendre en chœur.
On aurait aimé entendre ce répertoire rock yéyé dans une plus petite salle avec un son un peu plus crade devant un public plus jeune et plus vivant.

Mais Dutronc, ce n’est pas que du rock, c’est aussi un crooner. Sa voix fait merveille sur Le plus grand des voleurs, Les playboys, Comment elles dorment...

Le concert tourne alors plus au cours de chant. Entre chaque morceau Jacques Dutronc fait des vannes et cultive son personnage de désinvolte bourru sur-sensible à l’humour acerbe pour le bonheur du public.

Des titres des années 80 viennent s’intercaler avec Qui se souci de nous et le fabuleux Hymne à l’amour (moi l’nœud) qui semblent secouer et réveiller le public.

Vincent Lindon vient pousser la chansonnette en duo sur Tous les goûts sont dans ma nature de manière assez bancale. Il faut dire que ce n’est pas son métier.

Dutronc n’est pas une bête de scène. Si son charisme est évident et sa voix très bonne, on sent que la scène n’est pas son domaine. Statique et bourré de timidité, il l’aborde sans trop se fouler et sans avoir trop réfléchi à l’impact des enchainements de chansons ; il n’y a pas de montée en puissance. A force de parler systématiquement entre chaque chanson il empêche l’ambiance de décoller vraiment.
C’est peut être le prix de voir Dutronc en tout début de tournée, son spectacle n’est probablement pas encore rodé.

Cela ne nous empêche pas de prendre un plaisir fou à écouter Le petit jardin, Il est 5 heures paris s’éveille, J’aime les filles, Les cactus, L’opportuniste, Sur une nappe de restaurant dans de très bonnes versions.

A y réfléchir, on se dit que l’animal a quand même un répertoire assez magique.
Mais c’est sans trop se fouler que Dutronc assume sa tournée relevé des compteurs.

La soirée se termine par deux des chansons arnaque de son répertoire : Merde in France et La compapade.

Dutronc quitte la scène comme un éclair avec sa désinvolture légendaire avant de revenir pour un rappel ou il reprendra une version copier coller de Et moi et moi et moi par laquelle il avait attaqué la soirée.

On aurait préféré avoir Mini mini mini, Le responsable ou L’aventurier, Les gens sont fous les temps sont flous pour clore ce récital même si L’idole aurait été la parfaite conclusion de cette soirée tant elle reflète le personnage.

Ce fut un concert minimum syndical un peu bancal. On mettra ça sur le compte du début de tournée.
Un peu plus travaillé avec des enchainements de chansons plus énergiques et plus cohérent dans une salle avec une fosse sans places assises et un peu plus intime comme l’Olympia, le concert aurait été d’un autre niveau.

Mais Dutronc reste Dutronc et ca fait quand même plaisir d’avoir pu le voir sur scène !!

jeudi 3 décembre 2009

The Doors of the 21st century - Zénith Paris, le 8 décembre 2003


Note : 4/4

Les Doors en concert au Zénith de Paris en décembre 2003, cela pouvait porter à sourire tout en sentant grandement le traquenard et le relevé des compteurs, voir même le tribute band !!

Attiré par une curiosité un peu malsaine mais aussi par le fait que, tout bien réfléchi, les chansons des Doors sont malgré tout des putains de bonnes chansons, on se laisse aller à acheter une place.
On prend le chemin du Zénith en ne sachant pas trop à quoi s’attendre mais on est quand même un peu rassuré par certaines interviews publiés avant le concert.

En effet, ce soir les Doors s’appelleront The Doors of the 21st Century.
Robbie Krieger (guitare) et Ray Manzarek (orgue) seront bel et bien de la partie même si John Densmore (batterie) a décliné sa participation.
La lourde tache de se substituer à l’icône Jim Morrisson incombe à Ian Atsbury.
Le chanteur de The Cult (groupe rock néo seventies ayant eu un succès mondial à l’exception de la France à la fin des années 80) pouvait ne pas être un mauvais choix. Il est doté d’un certain charisme et d’une voix de baryton qui pourrait tenir la route.
Cette fine équipe est soutenue par un batteur et un bassiste.

De plus Ray Manzarek annonce la couleur. Ils joueront le soir du 60ème anniversaire de la naissance de Jim Morrisson dans la ville ou il est mort et enterré.
Pour l’occasion ils annoncent qu’en plus de leurs classiques ils joueront l’intégralité de l’album L.A. Woman, qu’ils n’avaient jamais joué sur scène en raison de l’exil parisien et de la mort de leur leader.

Bonne nouvelle, la salle est comble. On aurait redouté de se trouver dans un Zénith à moitié vide.
Le public est composé de tous les âges : du lycéen au vieux routier des festivals des années 70.
Il attend patiemment dans une atmosphère cannabique en écoutant de vieux blues que crache la sono du zénith.

Puis les lumières s’éteignent, des images de Jim Morrisson projetées sur un écran géant s’accélèrent au son de Karmina Burana. Le public joue le jeu, on est pas loin d’avoir des frissons.

Les musiciens débarquent et attaquent directement par Road house Blues.
Dés lors tous les doutes et toutes les appréhensions s’effacent.
Le son est bon, fidèle à l’idée qu’on se fait des Doors. Mais surtout Ian Atsbury fait bien mieux que tenir la route.
Son Charisme et son physique pourrait être celui de Morrisson à 45 /50 ans. Sa voix reste fidèle est respectueuse de Morrisson sans tomber dans l’imitation.
Bref on y croit, on est bien dans le trip.

Le trip devient extraordinaire puisque Break on through, When the music is over, Love me two times, Alabama song, Five to one s’enchainent et nous emmènent de plus en plus loin.

L’une des très bonnes surprises de la soirée, c’est que Manzarek et Krieger sont dans une forme éblouissante. Ils enchainent des solos et des improvisations particulièrement inspirés, bien au-delà de ce qu’on pouvait attendre et parfois même supérieurs à ceux de l’époque Morrisson.

Un petit passage plus intime nous donne la possibilité d’entendre The Crystal Ship, People are strange et une version hallucinante de Spanish Caravan.

Après un mini break, c’est l’heure de L.A. Woman.
Tout l’album y passe.
La version de Riders on the storm est un sommet qui ne sera dépassé que par L.A. Woman qui reste l’une des 10 plus grandes chansons rock de tous les temps.

Le rappel commence sous les meilleurs auspices puisque les Doors du 21eme siècle nous gratifient de versions délirantes de Not to touch the earth, Wild child avant de finir en apothéose sur Light my fire pendant un bon quart d’heure!!

C’est un triomphe absolu, le public est survolté, déchainé, il en redemande. On n’ose pas y croire. On est déjà là depuis trois heures.

Et pourtant, toute lumière allumée, ils reviennent et nous envoie un Soul kitchen qui fait danser et tripper toute la salle.

Ce devait être un soir d’état de grâce. Certains diront que l’âme de Jim flottait au dessus du public mais je suis plus terre à terre.
Je retiens surtout que :
Je me suis pris une claque dont l’intensité était inimaginable.
Qu’on ne pouvait pas rêver d’une meilleure set list.
Qu’au final il n’y a pas grand chose de plus cool que d’écouter les Doors en live en 2003 et que même si ça peut en faire sourire certains, c’est probablement l’un des 5 plus grands concerts qu’il m’est été donner de voir.

PS : j’ai eu la chance de les revoir sur scènes 8 mois plus tard et même si c’était très bien, l’état de grâce n’était plus là et le concert n’a pas atteint les sommets de ce 8 décembre 2003.

vendredi 20 novembre 2009

Muse - Palais Omnisport de Paris Bercy, 17 novembre 2009

Note : 3/4

Si l’on laisse de coté les vaches sacrés comme les Stones, AC/DC, U2 dont les albums ne présentent plus d’intérêt depuis des années et ne sont qu’un prétexte afin de promouvoir de gigantesques tournées best of, Muse est probablement avec Radiohead et les horribles Coldplay le groupe de rock le plus populaire de son époque.

Je ne débattrai pas sur le fait que ce constat nous amène à penser que l’on vit une triste époque d’un point de vue rock, car le concert donné par Muse à Bercy mérite bien plus d’attention.

Certes, je ne suis pas un grand fan ou connaisseur de la musique de Muse. Le trio de Matt Bellamy n’évoque à la base pour moi que des singles percutants chantés par une voix fortement influencé par Jeff Buckley et Thom Yorke. Une sorte de Radiohead du pauvre en plus énergique, plus pop et moins aventureux mais toutefois infiniment supérieur à ces geignards de Cold Play.

Toutefois avant de parler de ce concert qui a bousculé mes préjugés sur ce groupe je voudrais faire un aparté sur deux sinistres personnages : Pierre Parat et Michel Andrault.

Ces noms ne vous sont pas familiers, mais tout amateur de musique live vivant à Paris subit depuis des années les conséquences insupportables de leur travail désastreux et obsolète.

En 1983 ces deux architectes ont conçu le Palais Omnisport de Paris Bercy.
Cela fait donc plus de 25 ans que nous subissons l’effroyable acoustique de ce sale bloc de béton.
Combien de concerts ont été ruinés par cette caisse de résonance pourrie. La liste est infinie, mais pour ma part je retiendrai les performances endommagées de Neil Young, Simon and Garfunkel, Metallica, Johnny, Cure, Depeche Mode et j’en oublie…
Outre l’acoustique, sa forme rectangulaire est une insulte à la mise en place d’un concert digne de ce nom, surtout quand on voit des architectures comme celle de l’O2 arena de Londres ou du Zénith de Rouen avec leur conception en amphithéâtre et une architecture dédiée à l’acoustique et au son.

A l’heure ou une place de concert coute un bras, la moindre des choses serait de pouvoir y assister dans de bonnes conditions.
50 ou 100 euros pour ne pas entendre une voix ou une guitare c’est très très cher
Si le POPB est une bonne salle de sport (tennis, basket, moto) il faut impérativement que la ville de Paris se dote d’une grande salle digne de celles de Londres (O2 ou Brixton academy).

Revenons à Muse.
Le concert du 17 novembre aurait peu être un concert exceptionnel s’il n’avait pas été joué à Bercy. Non pas que la salle ait été trop grande, mais l’acoustique a encore fait des siennes et c’est bien dommage.

C’est dans une salle sold out depuis des mois que Muse défendait son nouvel album : Resistance.
Le public était survolté et étonnamment mixte et assez jeune. Les vieux routards des seventies et les jeunes quadra presque plus dynamique n’avaient pas répondu présents.

Première évidence, Muse assume son statut de gros groupe de stade avec brio.

La mise en scène est exceptionnelle et assez novatrice.
Les trois membres du groupe attaquent le concert avec un extrait plus qu’efficace de leur nouvel album juché sur trois immenses cubes sur lesquels sont projetés des images et un light show laser digne d’un épisode de Star Wars.
On en prend plein les yeux où que l’on soit placé. Cette scène est à toute épreuve et doit pouvoir faire son effet dans les plus grands stades, ce qui est rarissime.

Les cubes apparaitront et disparaitront au gré de des chansons.

Les chansons, parlons en!!!
Sans être fan du groupe, on s’aperçoit assez vite qu’on en connaît une majeure partie (et pas seulement les classique d’Orygin of symetry comme Bliss ou Plug in baby).
On s’aperçoit aussi qu’il n’y a aucune mauvaise chanson et qu’elles sont toutes taillées pour la scène.
Les crescendo de guitare sont époustouflants, les mélodies sont prenantes, les solos tonitruants et les refrains fédérateurs et scandés par un public qui obtient clairement ce qu’il était venu chercher.

On sent bien que le show de Muse est hyper pro, millimétré et que rien n’est laissé au hasard. Les amateurs d’improvisation et de funambulisme musical en seront pour leur frais et devront passer leur chemin.

Coté charisme, Matt Bellamy ne manque pas de présence même si ce n’est pas un frontman charismatique.
Cela n’a guère d’importance puisque le show suppliait à merveille cette carence.

Si l’on se concentre sur la musique, il est clair qu’elle évoque mille groupes (Radiohead, Queen par sa grandiloquence, Led Zep, Jeff Bucklay). Mais tout bien pesé c’est surtout du Muse car force est de constater que le groupe a un vrai style et une personnalité que je ne soupçonnais pas.
Muse mérite son succès.

Le set durera deux heures et clairement on en aurait redemandé.
On a même envie de réécouter les albums et on se laisserait bien tenté par une autre date, même dans un stade.

Cela aurait été un très bon concert s’il n’avait pas eu lieu dans le blokhaus de Pierre Parat et Michel Andrault et si un abruti n’avait pas braillé les refrains dans mes oreilles avec un talent digne des inoubliables de la nouvelle star et dans un anglais yaourt du plus bel effet.
Et clairement le point manquant de la note se situe bien là et nulle part ailleurs.

dimanche 15 novembre 2009

Easy Star all Stars - Elysée Montmartre, 3 novembre 2009

Note : 3/4

C’est avec beaucoup de curiosité et d’appréhension que je me rendais à l’Elysée Montmartre pour le concert des Easy Star all Stars.

En effet ce collectif de rastas azimutés s’est rendu célèbre en adaptant des albums de rock historique dans leur intégralité dans des relectures reggae dub plutôt réussie.

En 2003 leur premier coup d’essai fut un coup de maître avec l’adaptation délirante du Dark side of the moon des Pink Floyd sous le nom de Dub side of the moon.
Acclamé par un public très large ne se limitant pas au traditionnel public reggae puisque l’engouement des fans ultimes du Floyd ne tarit pas de louanges, les Easy star all stars s’offrirent une tournée mondiale.

Fort de ce succès, ils se lancèrent il y a deux trois ans dans l’adaptation de Ok Computer de Radiohead sous le nom de Radiodread.

Leur passage ces jours si à l’Elysée Montmartre était dicté par la tournée promo de leur dernier méfait appelé Easy stars lonely heart club dub en hommage à l’album culte des Beatles.

C’est un Élysée Montmartre deux tiers rempli qui accueillait le groupe de Dub.
Ce n’est pas si mal puisque le groupe phare de la scène reggae actuelle Groundnation se produisait le même soir au Zénith.

Chauffé à bloc par un toaster et une section cuivre tonitruante, le public se fit rapidement hypnotisé par les lignes de basses lourdes et roots des Easy star.

La set list fut un best of de leur albums. Hommages au Floyd, à Radiohead et aux Beatles.
Si l’on excepte des bonnes versions de A day in a life et When I am sixty four, on fait rapidement le constat que les morceaux des Beatles et de Radiohead sont moins percutants que les morceaux de Dark side of the moon.
Les versions de Time, Great gig in the sky, et une reprise de Time sont tout bonnement extraordinaires.

Le public dansait et acclamait ce groupe de dub qui clairement maîtrise son affaire sur une scène et nous gratifie d’un excellent concert bien rythmé et bien dansant.

Si l’on quitte la salle après une heure trente de concert avec une bonne humeur évidente, il est toutefois évident qu’on est plus proche du niveau et de l’intérêt de la ligue 1 que de la ligue des champions.

vendredi 13 novembre 2009

Gong - Le Bataclan Paris, 4 novembre 2009

Note : 4/4

C’est dans les vielles casseroles qu’on fait les meilleurs plats !!!
Tel est le constat que l’on peut dresser à la sortie du concert de Gong au Bataclan en 2009.

Gong est un groupe culte bien qu’assez méconnu du grand public qui existe depuis près de 40 ans mais qui draine un public fidèle sans cesse renouvelé.

Formé en France à la fin des années 60 par Deavid Allen, un australien un peu perché qui était aussi le fondateur de Soft Machine avec Robert Wyatt et Kevin Ayers, Gong est d’avantage un collectif qu’un groupe.
Fondé en plein flower power, gong était à la base un groupe dont les membres vivaient dans une communauté hippie dans le Sud de la France.
Bien entendu cette communauté était à géométrie variable et empilait les talents les plus divers et improbables pendant des lapses de temps plus ou moins long.

Tout au long de son histoire Gong a vu passer des dizaines de musiciens virtuoses que l’on a retrouvés par la suite dans de multiples formations (Hadouck Trio, Hawkwind, Miles Davis, et bien d’autres).
Le batteur Pierre Moerlen, les guitaristes Steve Hillage et Deavid Allen, le Saxophoniste Didier Malherbe, le claviériste Tim Blacke, le percussionniste Mino Cinelu et l’inclassable Gilly Smyth sont les plus connus d’entre eux.

La musique de Gong est au carrefour de plusieurs styles et est assez inclassable et pas forcement simple d’accès hors de la scène.
Elle peut être qualifiée de psychédélique, de jazz rock, d’acid jazz, de space rock, de musique planante, de free jazz ou de rock progressif.
Au final c’est un peu un mélange de tout cela.
Elle a beaucoup variée selon les époques et les influences des musiciens passés dans ses rangs et des différentes émanations du groupe. A certaines époques plusieurs Gong se produisaient en même temps. Le Pierre Moerlen’s Gong qui était plus free jazz, le Planet gong plus space rock avec Daevid Allen ou le Acid mother gong de Gilly Smyth.
Cependant, ces émanations se regroupaient de temps à autres pour des concerts commun ou des conventions regroupant les groupes des anciens membres de Gong.

Las albums marquants sont Angel Egges, Flying Teapot, You, Gazeuse, le Live etc.

Sur scène, Gong a la réputation de toujours livrer des concerts mémorables ou s’entremêlent les envolées musicales, les phases planantes, les transes hypnotiques, les breaks les plus improbables et des solos et des improvisations totalement virtuoses.

Ne les ayant jamais vus auparavant, c’est avec beaucoup de curiosité que j’attendais de concert, mais aussi beaucoup d’appréhension car certains musiciens pouvaient avoir dépassé la date de péremption (Gilly Smyth a 76 ans et Daevid Allen 72 ans) et que je ne savais pas du tout quoi attendre de leur son en 2009 et du répertoire abordé lors de cette tournée.

C’est avec les éléments historiques (Allen, Malherbe, Hillage et Smyth) que Gong faisait son retour en France.

Très vite beaucoup de mes appréhensions sont tombées.

Oui certains membres du groupe sont vieux, mais ils restent en pleine possession de leurs moyens !
Gilly Smyth a bien cette voix mi sorcière mi sirène si caractéristique. Daevid Allen avec sa tête de Merlin l’enchanteur ou du Doc Emmet Brown de Retour vers le futur montre l’enthousiasme d’un petit garçon espiègle tout en déployant un charisme et une énergie naturelle que beaucoup doivent lui envier. Je ne parle pas de la qualité de son jeu de guitare et de la manière hyper maitrisée dont il utilise sa voix qui semblent s’être bonifiée avec les années.

Le répertoire abordé se concentre sur les albums historique (Flying teapot, You et Angel eggs notamment).

La musique de Gong est une musique qui vous prend par surprise. Elle vous prend par la main et vous emmène dans toute une série de climats différents comme si l’on suivait paisiblement le cours d’un ruisseau de sa source jusqu’à sa jetée dans la mer.

La noirceur et le pessimisme sont totalement absents de cette musique qui trouve un équilibre improbable tour à tour fascinant et hypnotique entre le psyché planant, le free jazz et une base rock totalement assumée superposée par des sons électroniques bien sentis.

Gong, par sa simplicité et son coté positif et festif communicatif se situe très loin de l’univers un peu dark de King Krimson, de l’atroce lourdeur de Yes ou du coté intello conceptuel de Soft Machine.

Les musiciens semblent heureux d’être là et gratifient un public tout acquis à leur cause de solos sidérants qui l’emporte dans les tréfonds de son imagination.au cœur du monde de Gong (un monde peuplé de farfadets, de théières volantes, de sorcières et de magiciens).
La musique de Gong est un espace de liberté ou les musiciens au-delà des solos trouvent une alchimie unique dans les confins de leur créativité.


Par leurs enthousiasme, leurs désinvolture et l’impression de facilité absolue qu’ils dégagent, on oublierait presque que la musique de Gong est complexe et qu’elle ne peut être jouée que par des musiciens plus qu’accomplis qui maitrise la scène à la perfection.

On n’entend pas ce type de musique tous les jours, il faut la vivre sur scène pour en saisir toute sa portée et tout son intérêt.
Une écoute attentive, même confortablement installé chez soi, peut s’avérer déconcertante mais sur scène c’est une autre histoire.
Elle est magnifié par la puissance du son, par les improvisations des musiciens, par l’attitude halluciné et franchement drôle de ce vieux savant fou de David Allen et de ses déguisements extravagants tout comme les vidéos trippantes projetées qui sont elles aussi une invitation au voyage.

Clairement ce concert fut un grand moment de musique télé porteuse. Le seul regret que l’on puisse avoir en quittant la salle est qu’il n’est malheureusement pas évident que l’on puisse avoir la chance de revoir ce groupe sur scène, et que ce type de musique n’est aujourd’hui plus beaucoup jouée.

C’était en somme le concert d’une espèce en voie de disparition qu’il faudrait protéger, préserver et faire connaître.

mercredi 11 novembre 2009

Turzi - Elysée Montmartre Paris, 29 octobre 2009

Note : 2/4

Quelques jours après la sortie de son nouvel album B, Turzi se produisit à l’Elysée Montmartre afin de fêter dignement cette parution.
Comme nous le pressentions lors des concerts auxquels nous avions assisté avant l’été, B tient ses promesses et s’impose résolument comme l’un des meilleurs albums de Rock enregistré par un ressortissant français.
Bizarrement comme Air, Phoenix ou Étienne de Crecy, Turzi vient lui aussi de Versailles même si sa musique ne s’apparente pas vraiment à la French Touch. A mes yeux elle vaut bien mieux.
Bien sur nous ne sommes pas chez U2 ou Coldplay. Le rock de Romain Turzi ne s’adresse pas au tout venant. Le Rock de Turzi demande à la base une exigence d’écoute supérieure. On est à la limite de l’avant-garde. Les groupes les plus connus auxquels il pourrait s’apparenter sont sans nul doute des groupes comme Sonic Youth, My bloody valentine ou Can.
Si son audience est encore balbutiante et underground, il est néanmoins invité dans une multitude de festivals en Angleterre, USA, Japon ou il a fait sensation. Ce n’est donc pas par Hasard si des gens comme Bobby Gillepsie, l’âme de Primal Scream et la déroutante Brigitte Fontaine ont apporté leur contribution à cet album.

Le concert de L’Elysée Montmartre était donc une occasion pour fêter en grande pompe la sortie de cet album attendu par pas mal de monde et dont les échos dans la presse étaient plus qu’alléchant.
Pour l’occasion, de nombreux groupes amis se produisaient en première partie pour des fortunes diverses. On notera la bonne prestation d’Etienne Jaumet (Zombie Zombie, Married Monks) en set DJ avant de laisser place au maitre de cérémonie.

Le public était au rdv et assez curieux de ce qui allait lui être proposé.
C’est donc vers 22 Heures que Turzi fit son apparition et démarra son concert par le terrifiant morceau d’ouverture du nouvel album.
Pour donner toute sa force, sa rage et sa subtilité, la musique de Turzi doit être bien jouée et avoir un son extrêmement bien réglée pour que toute la subtilité de ses sons puisse être transmise.
Malheureusement, le son n’était pas au rdv et cela avait l’air d’énerver beaucoup les musiciens qui ne semblaient pas avoir de retour de leurs instruments. Du coté du public, si la puissance du groupe était bien perceptible, on entendait malheureusement presque pas la guitare o combien importante de Romain Turzi. C’est en effet elle qui vous emporte et vous fait décoller et qui donne ce petit plus que beaucoup de groupes n’auront jamais.
Or cet élément primordial était masqué par une basse et une batterie trop présente et oppressante. L’équilibre et l’ampleur de la musique de Turzi n’a été retranscrit ce soir que par intermittence.
C’est donc la grosse déception de cette soirée alors que le son avait toujours été parfait lors des autres concerts que j’ai eu la chance de voir.

Visuellement, Turzi aurait mérité un meilleur traitement. S’il est acquis que l’on n’a pas à faire à un groupe de showman mais à un vrai groupe de musicien, il faut que le groupe travaille un peu plus sa théâtralité.
Loin de moi l’idée de donner des cours de danse comme à la star académie, mais il me semble qu’un light show ou des visuels projetés plus marquants au milieu de fumigène pourrait rendre la musique plus impressionnante.

Sur le son comme pour les lumières, je pense que Turzi a souffert des infrastructures de l’Élysée Montmartre.
En effet les ingénieurs du son et roadie étaient vraisemblablement ceux de Garance Production. Or ceux-ci ont du être déconcertés par le matériel digne de Star Wars que Turzi utilise pour ses concerts et qui est très très loin de celui d’un groupe de reggae de base.
Coté lumière, les infrastructures du Nouveau Casino et du Point Éphémère offre une ambiance plus sombre ou l’influences des light est bien plus perceptibles.

Ce concert aura donc été une demie déception sans que celle-ci viennent de la musique et des musiciens.
La musique de Turzi est, je le répète, l’une des plus hallucinante jamais enregistrée par un groupe de Rock en France Sa portée sur scène est elle aussi indubitable et impressionnante mais il faut pour cela un son top niveau.

On attend donc malgré tout son prochain concert avec beaucoup d’impatience.

lundi 9 novembre 2009

Placebo - Zénith Paris, 25 octobre 2009

Note : 2/4

Le Zénith affichait complet pour le deuxième des trois concerts parisien de Placebo.

En 15 ans de carrière Placebo s’est imposé comme un étendard du rock dit indépendant à l’orée des années 2000, période ou le Rock ne semblait n’être plus qu’un souvenir délaissé à la faveur d’une mouvance électro-techno plus que discutable dont la postérité reste à ce jour une illusion.

A cette triste époque Placebo s’était affirmé comme un power trio énergique fortement influencé par Joy Division, Cure, le glam rock et David Bowie période trilogie berlinoise.
Outre ces influences, Placebo possédait en la personne de Brian Molko, un chanteur avec une voix vraiment personnelle et véhiculait une attitude sulfureuse basée dur les codes sexe, drogues et rock and roll qui ne laissait pas indifférent.
Mais surtout, Placebo avait la recette pour pondre des tubes à répétition suffisamment fédérateurs pour attirer en même temps l’attention du fan de rock le plus exigeant que les programmateurs des grandes radios FM et donc de s’imposer comme dans nos contrée comme un groupe grand public.
Des titres comme Pure morning, Every you and every me, Slave to the wage ou The bitter end sont effectivement des titres imparables.

Placebo tourne pour soutenir son nouvel album Battle of the sun sorti peu avant l’été et qui est marqué par un changement de personnel puisque le batteur Steve Hewitt a cédé sa place à un jeune bucheron tatoué américain du nom de Steve Forrest.

Il faut souligner que placebo passe trois soirs au Zénith plutôt qu’un soir à Bercy, ce qui est plus qu’appréciable puisque cela nous donne l’occasion de les voir dans une vraie salle de concert à dimension presque humaine et ne souffrant pas de l’acoustique effroyable du blockhaus du 12ème arrondissement.

Revenons au concert :
Mauvaise nouvelle !!!
Impossible de se garer car le parking du Zénith est en réparation, nous arrivons donc en retard et le concert est déjà commencé et ce n’est jamais évident de rentrer à froid dans l’ambiance d’un concert déjà lancé.

Première impression :
Placebo en 2009, c’est de la grosse artillerie. Le son est puissant et excellent. Ils n’ont pas lésiné sur les moyens et le light show est très impressionnant.
On est désormais très loin du power trio des premières années puisqu’ils sont sept sur scène.
A chaque chanson les musiciens changent d’instruments et démontre une collection de guitare impressionnante.
La set list est un savant mélange de nouveaux et d’anciens titres joué de manière hyper professionnelle et carrée.
On est clairement pas là pour plaisanter. Placebo donne au public ce qu’il est venu chercher : Du son et des tubes !!!!
Sur scène le nouveau batteur démontre une puissance de feu digne de l’étoile Noire face à la planète Alderande, ce qui est assez impressionnant.

Brian Molko chante bien et maitrise bien la scène même si il est loin d’avoir le charisme d’un Bowie, d’un Nick Cave et d’un Iggy Pop. Il vaut toutefois mieux qu’il reste silencieux entre les morceaux car ses sorties sont presque dignes d’un Nikola Sirkis ou d’un Jean louis Aubert au meilleur de leur forme.

Son acolyte, le bassiste Stefan Ofsdal promène sa grande carcasse qui est une sorte de croisement entre un Frankenstein anorexique maniérée et du personnage de The Gimp dans Pulp Fiction (l’étrange esclave SM enfermé dans un coffre). Au-delà de son apparence, force est de constater que le musicien maitrise son sujet et qu’il est la base de l’architecture musicale du groupe.

Au-delà de cette première impression remplie de puissance et de professionnalisme, d’autres constats s’imposent à nous.

Même si le public a l’air d’être content, le groupe est glacial, il semble qu’il manque d’âme. Sa prestation aussi professionnelle soit elle ne transmet aucune chaleur et aucune émotion.
On a l’impression d’être devant un concert millimétré ou chaque note ou attitude est tellement travaillée qu’elle ne laisse aucune place à l’improvisation.

Bien sur certains me diront que Placebo est un groupe un peu dark-flirtant avec le courant gothique. Je vous l’accorde aisément, cependant placebo ne véhicule pas ce magnétisme ou cet esthétisme froid et fascinant que l’on peut retrouver chez Bahaus, Joy Division, The Cure ou Nick Cave.

Mais le plus marquant, c’est que placebo, derrière son attitude et son gros son est en fait un groupe pour nanas.
En effet derrière les guitares, les refrains et les couplets sont finalement assez bubble gum. L’attitude androgyne de Brian Molko semble beaucoup leur plaire.
La preuve c’est que la gente féminine est d’ailleurs particulièrement présente dans le public et qu’on y retrouve pas mal de groupies ado hurlant comme si elles avaient croisé Patrick Bruel ou Tom Cruise il y a 20 ans ou Tokyo Hotel il y a deux ans.
Il se peut qu’il y ait une filiation entre Tokyo Hotel, Indochine, et Placebo pour le public.
Ces groupes s’écoutent à 15, 18 et 20 ans.

Plus le concert avance plus on s’aperçoit que Placebo n’a rien inventé.
Musicalement, même si c’est très bien joué, il n’y a aucune personnalité. Tout est pompé à droite et à gauche, édulcoré et formaté pour coller à l’image qu’ils tentent de donner. Placebo est donc le parfait exemple du groupe mainstream qui touche le grand public mais qui ne marquera pas l’histoire.
Il y en a d’autre dans cette catégorie et selon les époques : Coldplay, The Troggs, Pat Boone…

On est donc finalement pas à un concert de Rock mais à un showroom présentant un produit formaté à un public ciblé et sélectionné pour sa capacité à l’aimer et le consommer.

Autrefois, Placebo avait probablement une âme et de la spontanéité, mais c’est aujourd’hui un vampire coaché par des marketeurs et des conseillers en communication.
Il y a fort à parier que leurs albums ne cesseront jamais de se répéter et de devenir de moins en moins intéressants.

mardi 13 octobre 2009

Prince - le Grand Palais, 11 octobre 2009

Note : 3/4

Prince en concert à Paris, cela ne s’était pas produit depuis une grosse dizaine d’années.
Clairement Prince est sans nul doute l’un des derniers représentants vivant de ce que l’on peut appeler les mégastars de la musique.
De plus, contrairement à certains, il est l’un des rares a ne pas avoir dépassé la date de péremption. A 51 ans il semble être en pleine possession de ses moyens mais il reste aussi l’un des plus imprévisibles.

Prince sur scène est précédé d’une réputation délirante. Il est unanimement considéré comme un musicien surdoué et une bête de scène capable des performances les plus extravagantes et les plus diverses.
Cet été à New York il a enchainé 3 concerts le même jour avec trois groupes différents.
Il peut aussi un jour faire un concert de jazz, le lendemain un concert de Funk et enchainer le surlendemain par un concert crooner au piano ou une performance rock avec des guitares à la Hendrix.
Il est aussi coutumier d’after show dans de petites salles rentrés dans la légende dans lesquels il se laisse aller à des sessions d’improvisation époustouflante comme celui du New Morning en 1987 ou de ceux donné au Bataclan lors de ses derniers passages.
Souvent ce type de concert est annoncé avec une fausse identité.
Il est aussi capable de quitter une scène si on le prend en photo ou si le public ne réagit pas comme il le souhaite.
C’est dire s’il est difficile à suivre.

Cela fait quelques semaines qu’on subodorait une visite princière à Paris. En juillet des shows à l’Olympia avaient été évoqués puis annulés pour être repoussés.
On n’en savait pas beaucoup plus jusqu’à ce qu’une rumeur persistante ne circule sur le net annonçant deux concerts au grand palais dans la même journée le 11 octobre, soit 4 jours plus tard.
Prince serait tombé amoureux de l’endroit quelques jours plus tôt lors du défilé Chanel auquel il était convié et l’aurait booké dans la foulée pour une journée.
Aucun concert n’avait de Rock ou de Funk n’avait, à ma connaissance, jamais eu lieu dans cette enceinte.
C’est dire si l’engouement suscité par cette annonce était grand.

Se procurer un sésame pour ce type d’évènements n’est pas chose facile. Il faut savoir où, quand et comment les places seront mises en vente et il faut avoir la meilleure stratégie pour être parmi les heureux élus.
Il faut malheureusement aussi ne pas se formaliser d’un tarif exorbitant.

Ces deux conditions réunies, j’ai pris le chemin du Grand Palais pour le second concert de la journée programmé à 22 Heures dans un état de surexcitation avancé et une volonté de faire face à certains de mes aprioris pour mon premier concert de Prince.

En effet, que les choses soient claires :
Je ne suis pas un inconditionnel du Kid de Minneapolis. Je n’ai de sa musique qu’une culture Best of et single même si je me suis parfois procuré des albums comme Purple Rain, Around the world in one day, Sign of the times et Diamonds and pearls.

Sa musique m’a souvent décontenancé. Si j’y trouvais bien sûr un certain talent et un intérêt évident, elle est à mes yeux souvent pollué par un son trop eighties et des nappes de synthétiseur effroyables sorties tout droit d’une Bande Originale d’un "action movie" des années 80 comme le Flic de Berverly Hills ou de certaines envolées "Madonnesques".

Dans le Funk, je suis à la base plus intéressé par un son plus Roots comme celui de Sly and the family Stone, James Brown, Funkadelic, Isaac Hayes ou de l’afro beat de la famille Kuti.

La salle est assez étonnante. Débarrassée de tout décorum on pourrait se croire dans un immense entrepôt si le toit ne se révélait pas être une immense verrière grand siècle.
Le sol en béton contraste avec l’aspect extérieur du bâtiment. Mais le plus étonnant est que le concert n’a lieu que dans une aile de l’édifice tant celui-ci est grand.
On sent tout de suite qu’une telle architecture sera un frein à une ambiance chaude et moite comme le funk peut en provoquer.

A 21H45, des clameurs s’élèvent. L’auto proclamé Love Symbol fait son apparition dans son palais d’un jour et se dirige vêtu d’une tenue immaculée vers sa loge.


En plus d’une prohibition alcoolique digne du Chicago des années trente et d’une interdiction de fumer plus récente, les organisateurs prirent la parole et rappelèrent qu’il était interdit de prendre des photos sans quoi le souverain du jour quitterait la scène sans espoir de retour.
Les rares petits malins qui s’essayèrent à braver la loi princière se firent attraper et expulser de la salle par des vigiles qui n’hésitaient pas à fendre la foule pour saisir leurs proies.

A 22 Heure, sur une scène sans aucun artifice, la cérémonie commença.
C’est un Prince guitariste auquel nous avons droit ce soir. Le Funk est pour notre plaisir la grosse tendance de la soirée. Il attaque avec 1999 qui semble ravir les dévots du nain.
Il ne parait d’ailleurs pas si petit que cela.

Le répertoire s’attarde sur les premiers albums comme Purple rain et des morceaux comme Contreversy.

Ce qui se dégage de ce début de concert, c’est qu’indubitablement Prince a un charisme évident.
De plus c’est un véritable virtuose à la guitare. Il semble jouer avec une facilité déconcertante des trucs pourtant pas évident en se permettant des variations inspirées et des improvisations qui vous emmènent d’un tempo à un autre comme si de rien était.
Vocalement, c’est une tuerie. C’est le groove incarné. Il dégage un érotisme moite qui à la réflexion lui est totalement propre. Il dégage aussi une vraie intensité.

Clairement, on est dans un déluge de Funk.

Les morceaux s’enchainent avec bonheur. On a notamment droit à des impros sur le Freak de Chic, une bonne reprise de Without love des Doobie Brothers et un hommage à Sly Stone avec Everyday people et I want to make you higher.

Puis au mout de 75 minutes il quitte la scène. On se dit que le concert est en train de tourner au braquage vu le prix des places.

Heureusement il ne s’agit que d’un intermède avant un Purple rain qui fera hululer la foule et un nouvel envol vers des morceaux de Funk hypnotique pendant 45 minutes supplémentaires avant que, semble-t-il satisfait, Prince donne congés à ses sujets.

On a bien à faire à un musicien de génie et le concert valait le détour. Cependant ce n’était pas non plus le concert du siècle.
L’Atmosphère était froide et métallique. L’omniprésence de nappes de synthétiseur m’a personnellement beaucoup gêné mais je m’y attendais.
J’ai aussi eu l’impression que Prince malgré tout son talent ne donnait pas tout ce qu’il avait dans le ventre. J’aurais aimé le voir pousser ses chansons d’avantage dans leur retranchement. On a l’impression que plutôt que d’emmener tout le monde vers une explosion, une éruption de Funk acide, il se contentait de balader son public d’un groove à l’autre.
Ce qui aurait pu être une tuerie m’a semblé parfois trop tranquille.
Non, je n’ai pas été déçu mais je suis resté un poil sur ma faim.

En terme de Funk purement musical, je suis beaucoup plus adepte de Georges Clinton ou de la chaleur de la famille Kuti, même si aucun d’entre eux n’a les mêmes facilités musicales et l’érotisme de la voix du plus connu des témoins de Jehova.

Néanmoins je me serai bien laissé tenté si j’en avais eu l’occasion par le concert du lendemain à la cigale (la meilleure salle de concert de Paris avec l’Olympia). Je suis d’ailleurs persuadé que le concert m’aurait plu d’avantage.

jeudi 1 octobre 2009

Noir Désir - L'Olympia Paris, le 3 février 1993


Note : 4/4

Quelques temps après la sortie de l’album Tostaki dont le single éponyme envahissait les ondes et remettait au gout du jour le pogo dans les soirées étudiantes, Noir Désir commençait une tournée marathon.

La première salle parisienne fut l’Olympia.

Attendu au tournant après une tournée écourtée pour raison de santé lors de la sortie de l’album Du ciment sous les plaines, la fameuse salle parisienne s’était remplie très vite (prix des places 110 Francs soit 17 Euros) et affichait logiquement complet.

Après une première partie assurée par les City Kids, groupe havrais mort peu de temps après, les lumières s’éteignirent et Noir Désir attaqua.

Attaquer, c’est le mot qui convient tant ce concert fut défenestrant !!

La première chanson fut La rage, extrait de leur premier album. La relecture survoltée de cette chanson transforma la salle en champ de bataille tant elle portait bien son nom.

No, no, no nous apprend ce que peut être une montée en intensité.

Ici Paris, Les écorchés, A l’arrière des taxis, Johnny confirment que la bataille fait rage.

Quand on parle de rage et de bataille, il faut néanmoins préciser qu’il ne s’agit pas d’une rage de bourrin façon métal à la KoЯn, mais d’une rage brute stylisée.

Quelques chansons comme Lolita et Marlène donnent de l’air à un public tout en le maintenant dans l’univers si particulier du Fleuve.

Clairement les textes de Noir Désir sont au dessus de la moyenne, ils transmettent une poésie d’auteurs maudits dont l’approche peut évoquer, toute proportion gardée, Rimbaud, Lautréamont ou Baudelaire.

Première évidence, Noir Désir est un groupe d’un niveau extraordinaire.

Personne ne joue de la guitare comme Serge Teyssot Guay. Son jeu est personnel, son son est abrasif et apporte désormais une vraie maturité à Noir Désir.

Mais Surtout Bertrand Cantat est un chanteur totalement faramineux. Sa voix est tour à tour belle, troublante, violente, rageuse et envoutante.

Il est littéralement habité et bénéficie d’un charisme et d’une présence hors du commun.

A bien des égards, sa silhouette s’approche d’un Corto Maltèse survoltée.

Il est de la trempe d’un Iggy Pop, d’un Nick Cave, d’un Jim Morrisson et peut être aussi d’un Brel.

Deuxième évidence : Le groupe ne se contente pas de faire un copier coller des versions albums. Au contraire ils les entrainent dans leurs retranchements. Tels des funambules sur une lame de rasoir, ils poussent leurs chanson au bout de la rage et de la transe.

Les versions de La chaleur, de The holy economic war emportent tout sur leur passage.

Le groupe nous offre une relecture de I want you des Beatles et de Long time man de Nick Cave en emmenant ces chansons au-delà de l’imaginable sur des chemins de traverses qui n’appartiennent qu’à eux.

Dans l’obscurité, des éructations, des cris stridents, des guitares font gronder l’orage, la batterie fait sonner le tonnerre et nous voilà En route pour la joie.

C’est une version dantesque de plus de dix minutes qui ravage l’atmosphère, et entraine le public de la transe chamanique à des crescendos aux sommets de l’intensité et de la rage.

Quelle claque !!!! On se sent hagard mais conscient d’avoir vécu un immense moment de musique et de scène.

Et contre tout attente, ce n’est pas fini. Noir Désir revient avec un violoniste et toutes lumières allumées, ils s’attaquent à Drunken Sailor, une chanson de marins qui redonnerait du courage à une armée en perdition.

Peut être qu’on ne reverra plus un tel spectacle.

Pour s'en rendre compte, Noir Désir - En route pour la joie à la Cigale, 1993

mardi 22 septembre 2009

The Rolling Stones - Olympia Paris, 3 juillet 1995

Note : 4/4

Après un jeu de piste s’achevant au Virgin mégastore et quelques heures de queue, j’étais titulaire du précieux sésame : Un billet pour voir les Rolling Stones à l’Olympia
Voir les Stones à l’Olympia, c’est quelque part le Graal pour tout fan de rock.
Ils n’étaient pas passés dans cette salle depuis la fin des années 60. C’est dire l’état d’excitation qui m’habitait.

Vers 20 heures, l’Olympia se remplissait et retenait son souffle en ne prêtant que peu d’attention à la première partie.
Bourré à craquer, le public était composé aux deux tiers de fans hardcore mais aussi d’un tiers d’invités personnels des Stones. On pouvait ainsi croiser Jack Lang, Carla Bruni, Jack Nicholson, Joe Strummer, Jean louis Aubert, Jerry hall et bien d’autres.

Les clameurs devenaient de plus en plus tonitruantes et pourtant le rideau rouge ne bougeait pas.
Le public survolté hurlait le gimmick de Brown sugar pour combler son impatience.

Les lumières finirent par s’éteindre et les Stones entamèrent leur set par un impitoyable Honky tonk woman repris en chœur par un public en état de grâce.

Il est clair que la présence hallucinante du groupe dans un stade se retrouve décuplée dans une salle comme l’Olympia.
Il ne faut pas perdre de mémoire que les Stones sont l’incarnation du Rock.
Ce soir, il n’y a pas besoin de démesure pour affirmer cet état de fait.
Jagger reste le premier à chanter de manière dédaigneuse et garde un charisme et une présence inaltérable malgré les années.
Les Stones sont un groupe et pas une accumulation de solistes.
Pris indépendamment les uns des autres, ça ne vaut pas grand-chose, leurs albums solo prouvent bien cet état de fait. Leur musique est un magma en fusion qui n’existe que par le fait qu’il résulte d’une alchimie unique. Une alchimie qui, ne l’oublions pas, leur a valu de sortir des albums d’une qualité inégalée pendant près de 15 ans.
Pour comparaison les Doors n’ont duré que 4 ans, les Beatles 7 ans, le sommet des Stooges 2 ans).

Les titres s’enchaînent avec de vraies surprises : beaucoup d’extrait d’Exile on main street dont un Shine a light d’anthologie, Rip this joint et Sweet Virginia, mais aussi des classiques de scènes comme Miss you, Start me up, It’s only rock and roll, all dawn the line, etc.

On a juste le temps de se reposer avec les horribles et traditionnelles chansons de Keith Richards qui sont comme à l’accoutumée un véritable supplice mais qui permettent au public de reprendre son souffle.

La version jouée ce soir de Midnight rambler est probablement la meilleure qu’il m’ait été donnée d’entendre. Littéralement hypnotique et physiquement dopée, elle martèle dans la tête du public que les Stones ne sont pas les Stones pour rien.
Cela remet bien les choses en place. S’il était besoin de le rappeler, les Stones ne craignent pas grand monde sur scène. Il sera difficile par la suite de voir un concert soutenant la comparaison.

Si le public est en extase, Jagger, Richards Watt (particulièrement ovationné) et Wood ne sont pas en reste. On sent que ce concert est une cure de jouvence pour eux, que la communion avec le public n’est sans aucune comparaison avec celle qu’ils reçoivent dans une tournée des stades.

Jagger se permet le luxe de reprendre Like a rolling stone et d’annoncer le morceau comme un titre de Bob Dylan spécialement composé pour eux.

Le concert se termine avec des tubes de folies (Brown sugar, Jumping Jack Flash) et s’achève en laissant un public KO avec un sourire d’extase béat qu’il n’aura probablement plus l’occasion d’arborer.
En effet, les Stones ne rejoueront plus qu’une fois en 2003 à l’Olympia et le fait de pouvoir se procurer des places pour ce genre d’évènement relève d’une probabilité digne d’un euro millions.

jeudi 17 septembre 2009

Manu Chao - Zénith Rouen, 9 septembre 2009

Note : 4/4

Depuis maintenant plus de 25 ans, partout ou il passe, du plus grand festival au plus petit bar de quartier, que ce soit avec la Mano Negra, en solo ou avec Radio Bemba, Manu Chao déchire tout et met tout le monde d'accord.
Son succès planétaire résulte de la générosité et du talent avec lequel il aborde la scène.

Quand on a eu la chance d'assister à un concert de Manu Chao, on y retourne les yeux fermés. Pour ma part, c'est la cinquième fois que je voyais l'ancien leader de la Mano Négra.
Plutôt que d'aller l'apercevoir dans les dates parisiennes (Fête de l'humanité et Solidays), j'ai privilégié une date de province pour le voir dans une ambiance plus intime.
Intime, c'est toutefois assez vite dit puisque le Zénith de Rouen est plus grand que celui de Paris et ne compte pas moins de 8000 places. C'est toutefois 10 fois moins que pour les dates parisiennes.
Il faut souligner que même si elle n'as pas la chaleur de l'Olympia, le Zénith de Rouen est une salle extrêmement bien foutue. L'acoustique y est bonne. On est jamais très loin de la scène.
On aimerait avoir des salles comme celles ci à Paris plutôt que l'horrible Palais Omnisports de Bercy.

A 21h00 Radio Bemba s'est propulsé sur scène et tout de suite le ton est donné.
Manu Chao et ses sbires jouent comme des dingues et soulèvent le public en moins de 5 minutes.
Chaque chanson est un mix de plusieurs autres et durent prés de 15 minutes.
On a la sensation que la musique de Manu Chao est en évolution perpétuelle. Les morceaux présents sur disques ne sont pas un aboutissement mais au contraire le point de départ de l'évolution d'une chanson qui se transformera au gré des tournées, de l'alchimie des musiciens et du public comme de l'instinct et de l'humeur du jour.
Après des mois de tournée, nous avons donc des chansons qui diffèrent toutes des versions albums et la balance de la qualité de celles-ci penche toujours en faveur des versions live.

Il faut dire que Manu Chao est un artiste de scène. On sent que c'est son espace vital, qu'il s'y sent bien et qu'il en maîtrise tout les éléments. Sa maîtrise du public et de l'impact de sa présence scénique est sans failles.
Sa musique pleine de rythme, de joie et de générosité se marie depuis près de trente ans sur les planches dont les mots d'ordre ont toujours été l'énergie et la sueur.
Pas besoin de décorum et d'effet spéciaux, l'énergie et la musique captivent tout le monde.
Le public chante et danse dans l'euphorie la plus totale du début à la fin du concert.
Clairement, Manu Chao donne à chaque fois des concerts de près de trois heures comme on en voit pas ailleurs. Et le public en redemande.

La première heure est plutôt basé sous le signe du ska, reggae et funk avec des chansons comme The monkey, Que hora son.
La deuxième partie s'oriente vers la rumba et la samba. Par la suite, on est dans une session nostalgique avec des chansons de la Mano Negra (King of bongo, Mala vida). Après deux heures trente, Manu s'attaque à son répertoire français de l'album Sibérie m'était compté (les versions jouées ce soir sur cette partie sont bien plus aboutie que celles du concert de Bercy il y a un an) avant de se finir sur un rappel endiablé avec Pinochio.

La musique est bourrée d'influences maîtrisées et digérées (rap, reggae, funk, punk, samba, rumba, chanson française, rock, rai...). Tout cela donne un mix qui n'appartient qu'à Manu Chao. Clairement il a son propre style, mille fois imité et jamais égalé.
Ses concerts sont nettement au dessus de la moyenne et dire que l'on conseille à tout le monde d'y aller est un euphémisme. On ne peut pas être déçu d'un concert de Manu Chao, même si on n'aime pas sa personnalité et même si on est hermétique à sa musique.

Manu Chao fait partie du club des artistes que je retournerai inlassablement d'aller voir à chaque fois qu'il se produit dans l'hexagone comme un pèlerinage.
Membres de ce club restreint :
Iggy Pop (mais il va bientôt être trop tard)
Nick Cave and the bad seeds
Pink Floyd (on se rabat désormais sur Roger waters)
Noir Désir (la aussi c'est compliqué)
Ennio Morricone (la encore le temps qui passe n'est pas mon allié)
The Levellers (qui ne passent plus en France)
The Pogues (qui ne passent plus en France)

Simple Minds - Olympia Paris, 8 juillet 2009

Note : 2/4

Il y a une vingtaine d'années, deux groupes régnaient en maîtres sur le rock des années 80. Il y avait le U2 de Bono et les Simple Minds de Jim Kerr. Leurs styles étaient très proches. Jim Kerr chantait de manière aussi incantatoire que Bono. La guitare de The Edge sonnait un peu comme celle des Simple Minds. Leur tubes bataillaient en tête des charts. Don't you était aussi populaire que New years day. Ils remplissaient des stades tous les deux et réussirent l'exploit de sortir chacun un album au succès mondial. Pour U2 ce fut The josuah tree avec une série de tube ou surnageait With or without you. Pour Simple Minds ce fut l'excellent Street Fighting years, un concept album dénonçant les guerres et les grands combats humanitaire de l'époque. La chanson Mandela day était avec Belfast child l'étendard de cet album plébiscité aussi bien par la critique que le public.

20 ans après ce n'est plus la même chanson. U2 a su saisir le virage des nineties pour devenir la vache sacrée que l'on connaît. Simple Minds n'a pas su évoluer. A l'orée des nineties, leur son était devenu obsolète en raison d'un son de synthé devenu en l'espace de quelques mois complètement ringuard.

Cependant, avec beaucoup de courage et de générosité Jim Kerr (à l'époque heureux mari de la splendide Patsy Kensit) et ses sbires ont continué d'arpenter les scènes du monde entier sans jamais décevoir un noyau dur de fans très fidèle. En 2009 Simple Minds fête ses trente ans. Il remplit l'Olympia quand U2 s'offre deux Stades de France. Clairement ce soir les quadras sont de sortie pour se replonger dans la nostalgie de leur jeunes années. On est très confiant avant ce concert car on sait que Jim Kerr a une voix et de la présence et que le groupe sait tenir une scène.

Mais c'est la catastrophe !!!!

Le son est effroyable, la basse et la batterie couvre tout le reste. On entend à peine Jim Kerr et clairement pas la guitare. Le groupe a l'air de prendre du plaisir alors qu'on finit par se retrouver indisposé par les vibrations insupportables de la grosse caisse et de la basse. Le charme des chansons est camouflé. Le magma sonore est tellement indigeste que finit par se présenter qu'une seule alternative : celle de quitter la salle !

J'ai donc quitté la salle sans entendre Alive and kicking, Belfast child, Don't you. Je n'ai au final eu droit qu'à une version inaudible de See the lights. Put... d'ingénieur du son ! Quel gâchis, quelle déception !!! Le pire c'est qu'une partie du public s'accommodait de ce son horrible. C'est désespérant.

mardi 15 septembre 2009

Turzi + Château Marmont - Nouveau Casino Paris, 6 juillet 2009

Note : 3/4

On avait laissé Turzi il y a quelques semaines de cela au Point éphémère (voir ici). Ce jour là, les Parisiens avaient livré une prestation ahurissante, clairement une des grosses claques de l’année. C’est dire si la perspective de ce nouveau concert au Nouveau Casino était alléchante.

La première partie était assurée par Château Marmont. Ce groupe a livré une prestation hyper convaincante de ce qu’aurait pu être Air en plus groovy et plus énergique. Bref, une très bonne première partie, assez représentative de cette scène parisienne qui réconcilie le kraut rock avec de l’électro minimale vintage (Aeroplane, Lindstrøm, Zombie Zombie…)

Mais clairement on était là pour Turzi. Vers 22H30 le groupe a pris possession de la scène et attaquer un set assez similaire à celui du point éphémère. Le but de l’opération étant de présenter l’album B dont la sortie est prévue à l’automne.
Dire que la prestation du groupe a été excellente est un euphémisme. La puissance dégagée par le premier morceau était phénoménale. On est tout de suite dans le vif du sujet et emmené très loin par le coté obsédant et hypnotique des montées vertigineuses de leur musique. Clairement, l’ambiance n’est pas à la rigolade, le son est clairement Dark, mais il est aussi fascinant qu’il peut l’être dans la musique de Joy Division. Plus les morceaux s’enchaînent plus on se dit que l’album B est un monument.

A le vivre comme cela, concentré en concert, on se dit clairement qu’il s’agit d’un album majeur qui pourrait sans peine tenir la route sans avoir à rougir un quart de seconde à coté d’un Atom heart mother ou d’un Ummagumma.
Clairement il faut arrêter de nous pomper l’air avec Sonic Youth, My Bloody Valentine ou des groupes comme Archive. Turzi est bien meilleur et novateur que tout ceux là réunis.
Quel groupe peut réussir un amalgame crédible, singulier et moderne des guitares de Ron Asheton et Sterling Morisson, des claviers de Kraftwerk ou du meilleure Depeche Mode, de la basse de Lemmy période Hawkwind et de la batterie de Dave Grohl.

Turzi est un diamant, un diamant encore brut qui mériterait d’être travaillé pour devenir étincelant. Un peu plus de théâtralité les rendrait purement fascinants. Mais côté musique, tout est déjà là et bien là !!!

Cependant le gros point noir de la soirée, ce fut le public. Un public de la pire espèce : détestable, peuplé de pique assiettes irrespectueux, méprisants et méprisables. Clairement on va en concert pour écouter, vivre, s’imprégner de la musique, pour ressentir des émotions. Au Nouveau Casino, le public était juste là pour boire des bières et tchatcher sur un fond musical auquel ils ne prêtaient que peu d’attention, exactement comme s’ils avaient été au café charbon ou dans un vernissage de seconde zone. Ce public caricatural et symptomatique du bobo parisien arty, prétentieux et intolérant était consternant en d’autres mots à baffer ! Ces mecs ne se rendent pas compte qu’ils sont en face d’un groupe majeur, du genre à marquer une décennie et à devenir l’étendard d’un style de musique mondialement reconnu.

A la fin des années 60 des groupes comme le Velvet Underground et les Stooges ont connu pareil indifférence. en jouant devant le public pique assiette et nombriliste de la factory. A part quelques personnes aware, il aura fallu plus de 20 ans au public pour prendre conscience de la prépondérance de ces groupes.

Espérons qu’il ne faudra pas autant de temps à Turzi pour arriver à atteindre la reconnaissance et l’importance qui doit être la sienne.

On attend désormais le concert de l’Elysée Montmartre avec impatience. Celui-ci devrait être plus abouti, plus long et on l’espère aussi avec d’avantage de ferveur.

lundi 14 septembre 2009

Indochine - Olympia Paris, 26 juin 2009

Note : 3/4

En 1997, Indochine peinait à remplir le Casino de Paris lors de la tournée promo de leur album Wax. Le groupe des frères Sirkis accusait à l’époque le contre coup du départ de leur compositeur Dominique Nicola. Il ne se défaisait pas d’une image caricaturale résultante de leur look des années 80.
De plus une parodie des inconnus leur avait fait si mal qu’ils avaient perdu leur crédibilité aux yeux du grand public. Leurs passages radio et télé s’étaient réduit à une peau de chagrin. Quelques mois plus tard, la mort dans l'âme, Stéphane Sirkis aurait pu arrêter nette la carrière du groupe.

C’est avec beaucoup de courage, d’opiniâtreté, de sérieux que Nikola Sirkis a continué l’aventure. En ne faisant aucune concession et sans jamais rien renier de son style, Indochine a repris les choses à la base. En multipliant les concerts partout en France, le groupe a renouvelé son public. Lors de ces prestations scéniques sans concession Indochine ne s’est pas contenté de jouer la carte nostalgie comme beaucoup se seraient contenter de le faire.
Au contraire ils ont mis en avant leur très bon album Danceteria puis ils ont retouché les sommets avec l’album Paradise qui leur a donné une moisson de tubes et une nouvelle crédibilité portée par un son qui a su évoluer sans renier la singularité même du groupe.
Deux albums plus tard, en 2009 Indochine est sans aucune contestation le groupe de rock français le plus populaire et le plus fédérateur puisqu’il s’offre le luxe de faire une grosse tournée et de la clôturer dans un an dans un stade de France déjà presque sold out.

C’est en prélude à cette tournée qu’Indochine investissait l’Olympia. Il avait fallu presque se battre pour obtenir des places tant la demande avait été forte.
C’est dans une ambiance survoltée qu’Indochine a fait son entrée avec une intro spectaculaire comme ils en font presque toujours en attaquant par un extrait de Paradise.

Clairement la set list se concentre sur les trois derniers albums en donnant une large part au dernier : La république des météors.
Force est de constater que toutes les chansons sont des tubes en puissance et que le public se les ait déjà approprié. On a parfois du mal à entendre le groupe tant les refrains sont repris en cœur par la foule.

On se dit qu’Indochine est une formidable machine à faire des tubes et à faire danser puisque l’ambiance n’est pas retombée pendant plus de deux heures.
La seconde partie du concert laisse un peu plus de place aux tubes historiques à travers un medley ou s’entrechoque Les tsars, Canary Bay et une excellente reprise de You spin me round de Dead or alive. Cela dit on aurait préféré avoir des versions intégrales car le principe du medley est toujours frustrant.
Miss Paramount fait son effet. Un petit intermède acoustique nous permet d’entendre Kao bang avec beaucoup de plaisir.
Puis c’est l’escalade avec Trois nuits par semaine et bien sur L’aventurier, qui est, qu’on le veuille ou non, une très grandes chanson hyper fédératrice. Le concert se clôt dans une atmosphère intimiste ou Nikola Sirkis fait une petite ritournelle seul au synthé.

Indochine a clairement proposé au public une très bonne prestation. Celui-ci lui a bien rendu par une ferveur que n’aurait pas dédaigné les fans de Patrick Bruel au début des années 90.

A titre personnel, j’aurais aimé entendre Monte Christo, Punishment park, Les sécheresses du mekong, La chevauchée des champs de blé et des extraits de Danceteria.
Cela aurait été de la nostalgie et clairement Indochine est désormais un groupe diablement actuel et c'est tout à leur honneur.

L'honnêteté et l'opiniâtreté paient...