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lundi 1 mars 2010

From Paris with love

Note : 3/4

On pouvait craindre le pire de ce From Paris with love !!
Le mix Travolta + film d’action + scénario écrit sur un ticket de métro par Luc Besson pouvait dangereusement évoquer les méfaits les plus pathétiques d’Europa Corp. (Wasabi, Le transporteur, Yamakasi...).

C’était sans compter sur l’indéniable talent du réalisateur Pierre Morel.
Déjà remarqué sur Taken, Pierre Morel a la faculté rarissime de faire passer des vessies pour des lanternes.

En effet, il arrive à  accrocher le spectateur dans ce film d’action "old school".
On est devant un "buddy movie" où deux agents tentent de remonter une filière et de déjouer un attentat terroriste visant une délégation américaine en plein Paris.
Bien sûr au-delà de son claim le scénario nous emmène sur une enquête qui oppose nos deux protagonistes tour à tour à la mafia chinoise, la mafia pakistanaise, des gangs de banlieues avant de terminer sur les fanatiques islamistes qui, une fois n’est pas coutume, arrivent à recruter des top models pour jouer les martyrs kamikaze.

Les deux héros, que bien évidemment tout oppose, ont bouffé du lion et retournent littéralement tout Paris à coup de revolver, et de bazooka.

On est dans le grand n’importe quoi mais cela n’a aucune importance !!

Pas crédible une seule seconde, bourré d’invraisemblances le scenario de From Paris with love est en réalité un prétexte pour enchainer les scènes d’actions les plus musclées et les plus délirantes qui soient avec des cascades époustouflantes.

La patte de Pierre Morel fait qu’on ne se retrouve pas dans un ersatz du Transporteur mais dans un film d’action complètement régressif mais hyper distrayant comme on en voit presque plus.
On est dans l’esprit des Armes fatales, des Die hard, du Dernier samaritain, de Tango et cash  et d’Ultime décision...
Bref on est assez loin des blockbusters actuels ou une scène d’action rime forcement avec effets spéciaux et explosion nucléaire filmés en caméra portée avec un montage stroboscopiques.
On est dans un esprit castagne, gunfight un peu bourrin assez éloigné du style de vie des Windsor mais particulièrement jouissif pour peu qu’on apprécie le genre.
On s’accroche au fauteuil en comptant les morts tout en rigolant bêtement aux vannes des personnages principaux.
L’opposition entre un Travolta et son personnage de tueur nettoyeur azimuté bouffant des "Royal cheese" (clin d’œil) et Rhys Meyer en jeune diplômé dépassé par les évènements trimbalant un vase rempli de cocaïne dans tout Paris comble avec bonne humeur les rares moments de calme de cette aventure.

Vous l’aurez compris, les inconditionnels de films d’auteurs, de Kiarostami et d’Alain Resnais ne se reconnaitront pas dans cette déflagration de Pierre Morel.
On est dans du pur "B Movie" bête et méchant qui se suffit à lui-même.
Mais Pierre Morel  nous offre une nouvelle fois un excellent "B movie" en ne partant de presque rien et en ne pouvant compter que sur son talent.
En occultant la moindre longueur, en imprégnant un rythme constant, en signant des scènes d’actions aussi magistrales que brutales il arrive à faire prendre cette mayonnaise aux ingrédients pourtant bien avariés... Que ce soit le casting ou le scénario !

Dans son prochain film, ce sera différent.
Il bénéficiera d’un vrai scénario et de moyens énormes.
Son prochain film suscitera une attente toute autre qu’une série B d’action (aussi bonne soit elle).
Son prochain film est déjà attendu par de nombreux fans.
Son prochain film ne sera ni plus ni moins qu’une nouvelle adaptation de… Dune
Avis aux amateurs !!!!

dimanche 21 février 2010

Gainsbourg (vie héroïque)

Note : 3/4

Peintre, musicien , écrivain, compositeur, réalisateur, auteur, acteur, showman, homme à femme, juif, père de famille, alcoolique, cultivé, désespéré, drôle, énervant, laid, sale, talentueux, scandaleux, génie, voleur, dandy, obsédé, sympathique, généreux, schizophrène, menteur, affabulateur, sensible, paresseux, fumiste, fumeur, provocateur...

Les qualificatifs ne manquent pas pour ce personnage qui a marqué son temps et qui le fascine encore les gens 20 ans après sa mort.

20 ans il n’en fallait pas plus pour qu’un film biographique lui soit consacré.

Le biopic contrairement aux idées reçues n’est pas une spécialité hollywoodienne. Cela dit les sommets du genre sont souvent américains.
C’est un genre ultra codifié (enfance, traumatisme, succès, traumatisme, come back et postérité) dont le résultat semble toujours un peu surfait ou le traitement un peu édulcoré par rapport à l’idée qu’on se fait du protagoniste.

Faire un film de deux heures sur Serge Gainsbourg et ses multiples facettes relevait clairement de la mission impossible tant le personnage est complexe et encore bien présent dans la conscience collective.

Pour cela, il fallait trouver l’acteur qui relèverait la mission d’incarner l’homme à tête de chou.
Ce défi est relevé au-delà de toutes les espérances grâce à une performance ahurissante de l’inconnu Eric Elmosnino qui fait oublier au spectateur qu’il n’est pas le grand serge.

Le reste du casting est d’ailleurs sans failles. Tous les acteurs sont plus que crédibles, de Mougalis à Philip Katerine, mais la palme revient sans doute à Lætitia Casta qui transfigure le coté Iconique de Brigitte Bardot.

Pour ce qui est de la vie, le réalisateur et auteur de BD Jeannot Swarc a prit la décision de ne pas s’imposer les barrières de la reconstitution fidèle dont il ne serait pas sorti indemne.

Le film tente de nous expliquer quel homme était Serge Gainsbourg.
L’idée est de montrer à travers quelques moments choisis, fantasmés, caricaturés ou édulcorés ce qui le faisait avancer, ce qui le rendait si séduisant, si provocateur et si torturé tout en montrant l’ampleur de son œuvre.

De sa plus tendre enfance jusqu’à ses derniers jours, Jeannot Swarc rend palpable la schizophrénie de Gainsbourg et de son double Gainsbarre en l’illustrant par une grosse marionnette qui agit sur le personnage tel un petit diablotin rouge qui passe son temps à vous entrainer du coté obscur. Très présent lors des jours sombres, ce double n’est jamais bien loin lors des grandes heures.

Jeannot Swarc nous montre un personnage désespérément humain, bourré de valeurs mais totalement décalé, au verbe lapidaire, au second degré omniprésent et à l’humour au vitriol.
Tout cela renforcé par son coté dandy rive gauche et son génie créatif dépeint un personnage hors norme et fascinant, qui explique aisément son succès auprès du public et des femmes.

Le film rend aussi hommage à l’œuvre de Gainsbourg à travers les larges extraits de ses chansons brillamment réinterprétés mais aussi grâce à la transposition de l’univers de ses chansons dans les décors du film.

Quand il va chez le coiffeur, on est "chez Max coiffeur pour Homme".
Melody Nelson n’est jamais loin des groupies qui pullulent lors de la période sixties...

Tout cela donne un film singulier très poétique qui s’approche plus du film d’auteur que du gros blockbuster boursouflé et sans âme à la Ray ou à Walk the line.
A y regarder de plus près, l’esthétique du film est même assez fascinante. Son coté cliché ne dessert jamais le film. Au contraire, il le renforce.

Au-delà de ses qualités, le film ne fera pas forcement mouche puisqu’il décevra beaucoup de spectateurs qui ne seront pas sensibles à la poésie, à l’esthétisme et au coté décalé du film et qui ne veulent que découvrir ou revoir tel qu’ils en ont le souvenir ce personnage incontournable de la culture française du XXème siècle.
A ceux-là, on conseillera un bon documentaire sur la star, ce qui n’est pas très compliqué à trouver ou la lecture l’excellente biographie de Gilles Verlant.

samedi 30 janvier 2010

Mr Nobody

Note : 3/4

Un Ovni est un film comme on n’en voit pas ou peu que ce soit dans sa forme, ou dans son propos. Il peut être compris ou incompris, aimé ou détesté mais ne laissera personne indifférent.
C’est un film qui peut être novateur, surprenant, dérangeant, déconcertant, irrévérencieux et politiquement incorrect.
Bref c’est un film qui transgresse les codes qu’ils soient narratifs, visuels, émotionnels pour proposer un autre regard au spectateur.

Les grandes évolutions qu’a connu le cinéma viennent souvent de réalisateurs novateurs qui ont lancé des pavés dans la marre pour troubler le spectateur et pour entrainer le cinéma plus loin qu’il ne l’était.

Des films comme les premiers Godard étaient des ovnis puisqu’ils tranchaient totalement avec l’académisme en vigueur dans le cinéma Français de l’époque.

Citizen Kain était un ovni puisque son mode narratif était inédit pour l’époque. C’est en effet le premier film marquant à utiliser le flash back et la voix off.

Que dire de l’œuvre de David Lynch ou de Jodorowski dont on ne sait pas ou peu ce qui relève du fantasme ou de la réalité.

Le propos irrévérencieux au-delà du politiquement incorrect de certains films en font des ovnis : C’est arrivé près de chez vous, Attention les enfants regardent.

Léone en réinventant les codes du western était un concepteur d’ovnis comme on n’en avait pas vu avant. Son style visuel et narratif était nouveau et archi dérangeant pour beaucoup.

Kubrick par son éclectisme et la diversité de ces choix et le traitement narratif ou visuel de ces films est un auteur d’ovnis qui riment avec chef d’œuvres.

Mr Nobody est un Ovni. Il mêle beaucoup de composante d’UFOlogie à la fois et nous emmène aussi dans une forme d’inconnu.

Jako Van Dormael, réalisateur belge, auteur de deux films assez marquants et primés un peu partout (Le huitième jour et Toto le héros) fait son retour avec Mr Nobody après 10 ans de silence.

Lorsqu’on demande au plus vieil homme du monde dans un futur assez lointain quel est le moment marquant de son existence, celui-ci se souvient d’avoir eu un choix cornélien à faire. A neuf ans il a du choisir entre partir vivre avec son père ou sa mère.
Les différentes réponses à ce choix allaient lui proposer des conséquences et des itinéraires de vie différents.
Ce sont ces différents itinéraires que Jako Van Dormael nous raconte en ne sachant plus quel est celui qu’a réellement emprunté son personnage principal ou ceux qu’il a fantasmé.

Mr Nobody devra néanmoins s’en approprier un pour donner un sens à sa vie et mourir en paix.

Si le thème du choix et de ses conséquences a souvent été évoqué au cinéma - on pense assez facilement à Smoking / No Smoking d’Alain Resnais - l’angle prit par Van Doermal est totalement inédit.

Jako Van Dormael a mis sept ans pour écrire son film.
On comprend aisément pourquoi son scénario est si dense.

Plutôt que de traiter tous les itinéraires de Mr Nobody d’un point de vue linéaire et parallèle, le réalisateur fait le choix de les imbriquer les uns dans les autres afin que le spectateur ne sache pas quel est le vrai et qu’il s’identifie à la confusion du personnage principal qui ne sait plus quel est son véritable passé.

A travers ces itinéraires, Jako Van Dormael consacre des très grandes parties du film à une foison de sentiments qui font la nature humaine : actes manqués, la nostalgie, l’amour, la volonté, la dépression, l’arrivisme, la frustration, l’honnêteté, le rêve…

Tous cela propose un scénario très complexe dans lequel on perd un peu son latin par moment tant cela part dans tous les sens. C’est d’ailleurs la grosse faiblesse du film.

En revanche Mr Nobody est totalement extraordinaire à d’autres niveaux.
D’un point de vue visuel, le film comprend plus de créativité que dans 99% des films sortis en 2009 réunis.
Les décors, prise de vues sont délirants.
Même si l’on retrouve certaine influences comme le cinéma de Jeunet, le Kubrick de 2001, le Lucas de THX 1138, et de nombreuses références au cinéma français, c’est un style totalement propre que nous propose Van Doarmel. Un style qui atteint une virtuosité incroyable par moment.

Cet aspect visuel est renforcé par un montage complètement maitrisé qui promène le spectateur sur une période de 125 ans dans des pays différent, des vies différentes en entretenant ce sentiment de confusion global que le spectateur doit ressentir pour se sentir proche du personnage principal.

Jared Leto est époustouflant dans les facettes multiples de son personnage qui n’en est pas un mais plusieurs à la fois.
Les 3 actrices principales sont toutes assez fascinantes dans leur style avec une mention spéciale pour une Diane Krugger en brune dont l’éclat transfigure l’écran.

Mr Nobody est un film de réalisateur. Tout amateur d’images et de réalisation y trouvera son compte et risquera d’étudier ce film pendant de nombreuses années tant il fourmille d’idées novatrices et de scènes jamais vues.
En revanche sa complexité lui fera perdre pas mal de spectateurs. Il n’y a pas de twist off, de linéarité. Son montage et son fil narratif déconcertant sont trop indigeste pour le grand public.

Cela n’empêche pas le film d’être une véritable prouesse et moment de cinéma comme on en voit peu.

Jako Van Doermal est un auteur à part entière. Son film est un film d’auteur avec tout ce que cela comporte mais un très beau et bon film d’auteur.
On est à des années lumières du box office et des projections tests pour ado mais peut être pas si loin que cela de l’éternité.

jeudi 28 janvier 2010

Une petite zone de turbulences

Note : 3/4

En France Michel Blanc est un personnage incontournable du paysage du cinéma.

Pour beaucoup, il est et restera l’un des membres de la troupe du Splendide et le Jean Claude Duss des Bronzés.

Si l’on occulte le terrifiant troisième opus des bronzés ce temps est révolu depuis plus de 25 ans.

Durant ces 25 dernières années Michel Blanc nous a montré qu’il valait mieux que cette image quelque peu réductrice.

A travers des rôles complexes comme Monsieur Hire, des prises de risques comme Tenues de soirées, des comédies aigres douces comme Je vous trouve très beau, il a montré qu’il était un comédien assez exceptionnel.
Son talent ne s’arrête pas là puisqu’il a mis en scène des films assez intéressants comme Une mauvaise passe ou Embrassez qui vous voudrez dans lequel l’humour acerbe de ses dialogues aiguisés prouve qu’il est l’un des meilleurs spécialistes du genre dans le cinéma français.

A mieux y regarder, ses dialogues incisifs, leur humour noir et leur originalité nous prouvent que Michel Blanc était beaucoup plus important qu’on ne le pense dans le succès du Splendide. Les films pathétiques de Jugnot, Clavier ou Balasko en solo sont la preuve criante qu’ils se retrouvent bien dépourvus quand les dialogues et l’esprit du petit chauve hypocondriaque leur fait défaut.

Avec Une petite zone de turbulences, Michel Blanc fait son retour sur le grand écran.
Même s’il n’en est pas le réalisateur, ce film est bien son projet puisque c’est lui qui a écrit l’adaptation du roman anglais duquel il est tiré. C’est encore lui qui en a écrit le scénario et les dialogues. Et c’est lui qui s’en est octroyé le rôle principal.

Une petite zone de turbulence est un vaudeville qui aurait su s’échapper des grands boulevards et de leurs théâtres grotesques pour trouver un équilibre instable entre l’humour anglais et le regard meurtrier de Michel Blanc.

La dépression que traverse Jean Paul, hypocondriaque torturé au moment ou il s’aperçoit que sa femme le trompe, que son fils est homosexuel et que sa fille va se marier avec un con est le prétexte à un festival de dialogues corrosifs écrits au vitriol.
Les amateurs d’humour noir, de second degré ne pourront qu’apprécier, rire et applaudir ce tour de force.

Si Blanc est omniprésent à travers son personnage fétiche d’hypocondriaque dépressif, il est extrêmement bien accompagné par ses partenaires.

Melanie Doutey rend détestable son personnage d’enfants gâtés colérique. Miou Miou joue avec énormément de finesse son personnage de femme modèle pas si modèle que cela.
Gilles Lelouche joue avec beaucoup de finesse son personnage d’agents de sécurité sensible.

Tous les autres personnages, même les plus insignifiants, sont le fruit du regard acerbe de Michel Blanc et retranscrivent tous un petit défaut ou caricaturent une attitude ou un mode de fonctionnement que l’on croise trous les jours dans la rue, au boulot ou dans sa famille.

Le film ne tient que par l’écriture d’orfèvre de Michel Blanc et de son univers si particulier que seuls Bacri et Jaoui peuvent parfois approcher (Un air de familles ou Le gout des autres) quand ils sont en forme.

Si l’on aime le genre, la Petite zone de turbulence vous secouera de plaisir.
Les autres ne comprendront rien. Tant pis pour eux !!!!

mardi 26 janvier 2010

Le Concert

Note : 3/4


Porté par un bouche à oreille terrible et de nombreuses critiques dithyrambiques, Le concert est le succès surprise de cette fin d’année 2009.

Le réalisateur du film, Radu Mihaileanu, est un cinéaste français d’origine roumaine dont la famille a fui le régime de Ceausescu pour s’installer en France.
Ce n’est pas un inconnu car il a été assistant réalisateur sur de nombreux films (de James Bond à Marco Ferrerri en passant part Jean Pierre Mocky) mais il a surtout fait parler de lui à travers des films comme Vie ou Vas, vis et deviens et Train de vie qui ont été primés dans de nombreux festival.

Le film raconte l’histoire assez rocambolesque d’un chef d’orchestre surdoué du Bolchoï mis au placard sous Brejnev pour ses positions antipatriotiques et qui se retrouve homme de ménage à l’opéra de Moscou.
Il tombe sur un fax proposant à l’orchestre du Bolchoï un concert prestigieux au théâtre du Chatelet de Paris.
Il décide de s’approprier cette invitation et de reformer son orchestre contre vents et marées et de le faire passer pour le Bolchoï afin mener à son terme un concert qu’il n’a jamais pu finir et de prendre une revanche sur le passé.

On n’est pas loin du remake version Russe des Blues Brothers.
Aussi fanfaronne que peut paraitre cette hypothèse on en est pas vraiment si éloigné.

En effet comme dans le film de John Landis, on voit deux énergumènes galérer pour réunir un ancien orchestre éparpillé, plus vraiment concerné et totalement désabusé par les ratages du passé.
On retrouve aussi un humour omniprésent, des personnages hauts en couleurs et une véritable déclaration d’Amour à la musique avec un grand A.

La comparaison s’arrête là car Le Concert est tout sauf un plagiat. On est en effet très loin d’Hollywood et des cascades de bagnoles et du rythm and blues.
Le film a une identité slave très forte qui vous fait passer du rire aux larmes.
La folie douce d’Emir Kusturica n’est pas très loin, les personnages hauts en couleurs du Barbier de Sibérie de Nikita Milkaeilkov non plus.

Tout cela nous donne un film plein de bons sentiments, résolument positif plein de drôlerie comme on aimerait en voir plus souvent.
Le concert est un film parfaitement maitrisé, solidement interprété par les acteurs français et russes.
Il remplit complètement son contrat et touche le spectateur exactement là ou il voulait le toucher : En plein cœur !!!

Le succès du film n’est donc absolument pas usurpé même si dans sa forme Le Concert ne révolutionnera en rien l’histoire du Cinéma. C’est du bon cinéma de papa, très académique mais particulièrement bien réussi qui saura séduire un public très large pour qui il sera probablement l’une des deux ou trois sorties en salle obscure de l’année.

Le Concert est aussi la preuve qu’il existe heureusement une alternative crédible aux blockbusters en 3D qu’on va nous infliger dans les prochaines années et que les émotions ne riment pas fatalement avec les centaines de millions de dollars de James Cameron et que la musique ne s’arrête heureusement pas à celle de l’ignoble James Horner.

Il faut donc aller voir Le Concert, avec toutes sa famille car il plaira autant au jeune de 12 ans qu’à ses grands parents et arrière grand parents. C’est dire si le film est fédérateur.

lundi 25 janvier 2010

Depeche Mode - Palais Omnisports de Paris Bercy, le 19 janvier 2010

Note : 3/4


Il ne peut en rester qu’un !!!

En 2010, Depeche Mode est le Highlander du courant New wave électronique apparue au début des années 80 en Angleterre.
30 ans après leurs débuts et plus de 100 millions de disques vendus, ils sont les seuls à avoir maintenu leur popularité et une carrière artistiquement crédible. Tous les autres ont disparu ou presque.

Certains n’ont pas su se renouveler et ont été les victimes d’un son devenu ringard avec le temps.
D’autres survivent dans des circuits de concerts nostalgique et ne fédèrent que quelques fans ultimes qui n’achètent même plus leurs albums.
Les autres ont splitté ou se sont reconvertis dans d’autres domaines et Dieu merci ne nous effraient plus avec leur terribles tenues vestimentaire, leurs coiffures immondes, leur maquillage outrancier et leurs synthétiseur Bontempi aujourd’hui purement inaudibles.

On pense dans le désordre à des groupes comme Orchestrial Manœuvre in the Dark aka OMD, Soft Cell, The human league, Dead or Alive, Adam and the Ants, Duran Duran, Eurythmics, Alphaville, Franky goes to Hollywwood, Visage et autres Yazoo et Camouflage ou Erasure.
Depecha Mode fait partie des derniers grands mohicans de la musique des années 80 dont la popularité n’a jamais faibli avec The Cure et U2.

Leur concert à Bercy est l’un des derniers de l’énorme tournée 2009 qui promouvait leur dernier album Sound of the universe.
Une tournée des stades au succès colossal qui a cependant connu quelques soubresauts et dates annulées en raison de l’opération d’une tumeur cancéreuse qu’a du subir le chanteur Dave Gahan.

C’est un Dave Gahan bien rétabli et un groupe très en forme et archi-rôdé par les nombreuses dates précédentes qui s’appropriait l’arène du sinistre Palais Omnisports de Bercy.
Une fois n’est pas coutume, il faut souligner que le son était exceptionnel et n’a pas pâti des maléfices sonores de la terrible architecture de Pierre Parat, Michel Andrault et Aydin Guvan.

Porté par ce son digne d’un rouleau compresseur sur lequel le jeu de batterie de maréchal ferrant de Christian Eigner donnait l’impression de s’incruster dans votre cervelle, Depeche Mode montre à qui en doutait qu’ils ne sont pas là pour plaisanter et que l’amateurisme et l’approximatif n’a pas de places chez eux.

Cela parait évident mais outre ses sons électro particulièrement travaillés et inoxydables à l’usure du temps et de la kitcherie, le véritable plus produit de Depeche Mode, c’est Dave Gahan !!!

Ce mec est un show man et un chanteur exceptionnel.
Il est clair que l’électro de Depeche Mode n’est qu’une superposition réussie de sons électroniques travaillés, de rythmes tribaux oppressants et des quelques riffs de guitares assez simplistes. Le coté mélodique vient presque uniquement du chant de Dave Gahan.
Son charisme et sa présence remplissent sans peine l’immense scène de Bercy et sa voix de stentor baryton est sans nul doute l’une des plus marquantes du genre au coté de celles de Nick Cave, Iggy Pop ou Jim Morrison.
Sa voix emmène la musique de Martin Gore et de ses acolytes dans une autre dimension qui explique sans peine le succès du groupe.

La première partie de la set list fait la part belle aux années 90 / 2000 du répertoire et au nouvel album.
Une chanson comme Wrong, le single du dernier album, s’inscrit sans peine comme un classique du groupe et trouve parfaitement sa place au milieu des classiques de cette période comme Walking in my shoes.

Le premier morceau emblématique de la période 80’s sera A question of time dans une bonne version mais on aurait aimé que Dave Gahan chante les refrains plutôt que de laisser chanter le public.

Après une petite session des chansons de Martin Gore, on entrera dans le vif du sujet avec les chansons historiques du groupe.
Tout de suite l’ambiance et la qualité du set monte d’un cran.
Il est clair que les morceaux des derniers albums des années 90 et 2000, s’ils sont bons et complètement dans l’esprit du groupe, n’atteignent en rien le niveau des grands classiques des années 80 et du début des années 90.
Au delà de leur notoriété immédiate, le chant et les refrains de Dave Gahan sont beaucoup plus fédérateurs sur les titres de cette période.

Il est clair que peu de groupe peuvent enchainer des hymnes comme Policy of truth, In your room, I feel you, Enjoy the silence, Never let me down again, Behind the wheels et Personal jesus.

Le public ne s’y trompe pas et exulte littéralement à juste titre en scandant les refrains à l’unisson.

Malgré cela le concert s’arrête presque brutalement après Personal Jesus et 2 heures de show.

Il y a de la frustration dans l’air. On se dit qu’on aurait bien rempilé pour 30 minutes de plus ou supprimé quelques chansons récentes pour pouvoir entendre les putains de tubes qu’ils n’ont pas joué ce soir tel que Master and servants, Shake the disease, I just can’t get enough, People are people, Everythings counts, Black celebration, Something to do

A cause de cela on quitte la salle avec un zeste d’amertume en ayant l’impression d’avoir vu un excellent concert mais d’être parti avant la fin.

vendredi 20 novembre 2009

Muse - Palais Omnisport de Paris Bercy, 17 novembre 2009

Note : 3/4

Si l’on laisse de coté les vaches sacrés comme les Stones, AC/DC, U2 dont les albums ne présentent plus d’intérêt depuis des années et ne sont qu’un prétexte afin de promouvoir de gigantesques tournées best of, Muse est probablement avec Radiohead et les horribles Coldplay le groupe de rock le plus populaire de son époque.

Je ne débattrai pas sur le fait que ce constat nous amène à penser que l’on vit une triste époque d’un point de vue rock, car le concert donné par Muse à Bercy mérite bien plus d’attention.

Certes, je ne suis pas un grand fan ou connaisseur de la musique de Muse. Le trio de Matt Bellamy n’évoque à la base pour moi que des singles percutants chantés par une voix fortement influencé par Jeff Buckley et Thom Yorke. Une sorte de Radiohead du pauvre en plus énergique, plus pop et moins aventureux mais toutefois infiniment supérieur à ces geignards de Cold Play.

Toutefois avant de parler de ce concert qui a bousculé mes préjugés sur ce groupe je voudrais faire un aparté sur deux sinistres personnages : Pierre Parat et Michel Andrault.

Ces noms ne vous sont pas familiers, mais tout amateur de musique live vivant à Paris subit depuis des années les conséquences insupportables de leur travail désastreux et obsolète.

En 1983 ces deux architectes ont conçu le Palais Omnisport de Paris Bercy.
Cela fait donc plus de 25 ans que nous subissons l’effroyable acoustique de ce sale bloc de béton.
Combien de concerts ont été ruinés par cette caisse de résonance pourrie. La liste est infinie, mais pour ma part je retiendrai les performances endommagées de Neil Young, Simon and Garfunkel, Metallica, Johnny, Cure, Depeche Mode et j’en oublie…
Outre l’acoustique, sa forme rectangulaire est une insulte à la mise en place d’un concert digne de ce nom, surtout quand on voit des architectures comme celle de l’O2 arena de Londres ou du Zénith de Rouen avec leur conception en amphithéâtre et une architecture dédiée à l’acoustique et au son.

A l’heure ou une place de concert coute un bras, la moindre des choses serait de pouvoir y assister dans de bonnes conditions.
50 ou 100 euros pour ne pas entendre une voix ou une guitare c’est très très cher
Si le POPB est une bonne salle de sport (tennis, basket, moto) il faut impérativement que la ville de Paris se dote d’une grande salle digne de celles de Londres (O2 ou Brixton academy).

Revenons à Muse.
Le concert du 17 novembre aurait peu être un concert exceptionnel s’il n’avait pas été joué à Bercy. Non pas que la salle ait été trop grande, mais l’acoustique a encore fait des siennes et c’est bien dommage.

C’est dans une salle sold out depuis des mois que Muse défendait son nouvel album : Resistance.
Le public était survolté et étonnamment mixte et assez jeune. Les vieux routards des seventies et les jeunes quadra presque plus dynamique n’avaient pas répondu présents.

Première évidence, Muse assume son statut de gros groupe de stade avec brio.

La mise en scène est exceptionnelle et assez novatrice.
Les trois membres du groupe attaquent le concert avec un extrait plus qu’efficace de leur nouvel album juché sur trois immenses cubes sur lesquels sont projetés des images et un light show laser digne d’un épisode de Star Wars.
On en prend plein les yeux où que l’on soit placé. Cette scène est à toute épreuve et doit pouvoir faire son effet dans les plus grands stades, ce qui est rarissime.

Les cubes apparaitront et disparaitront au gré de des chansons.

Les chansons, parlons en!!!
Sans être fan du groupe, on s’aperçoit assez vite qu’on en connaît une majeure partie (et pas seulement les classique d’Orygin of symetry comme Bliss ou Plug in baby).
On s’aperçoit aussi qu’il n’y a aucune mauvaise chanson et qu’elles sont toutes taillées pour la scène.
Les crescendo de guitare sont époustouflants, les mélodies sont prenantes, les solos tonitruants et les refrains fédérateurs et scandés par un public qui obtient clairement ce qu’il était venu chercher.

On sent bien que le show de Muse est hyper pro, millimétré et que rien n’est laissé au hasard. Les amateurs d’improvisation et de funambulisme musical en seront pour leur frais et devront passer leur chemin.

Coté charisme, Matt Bellamy ne manque pas de présence même si ce n’est pas un frontman charismatique.
Cela n’a guère d’importance puisque le show suppliait à merveille cette carence.

Si l’on se concentre sur la musique, il est clair qu’elle évoque mille groupes (Radiohead, Queen par sa grandiloquence, Led Zep, Jeff Bucklay). Mais tout bien pesé c’est surtout du Muse car force est de constater que le groupe a un vrai style et une personnalité que je ne soupçonnais pas.
Muse mérite son succès.

Le set durera deux heures et clairement on en aurait redemandé.
On a même envie de réécouter les albums et on se laisserait bien tenté par une autre date, même dans un stade.

Cela aurait été un très bon concert s’il n’avait pas eu lieu dans le blokhaus de Pierre Parat et Michel Andrault et si un abruti n’avait pas braillé les refrains dans mes oreilles avec un talent digne des inoubliables de la nouvelle star et dans un anglais yaourt du plus bel effet.
Et clairement le point manquant de la note se situe bien là et nulle part ailleurs.

dimanche 15 novembre 2009

Easy Star all Stars - Elysée Montmartre, 3 novembre 2009

Note : 3/4

C’est avec beaucoup de curiosité et d’appréhension que je me rendais à l’Elysée Montmartre pour le concert des Easy Star all Stars.

En effet ce collectif de rastas azimutés s’est rendu célèbre en adaptant des albums de rock historique dans leur intégralité dans des relectures reggae dub plutôt réussie.

En 2003 leur premier coup d’essai fut un coup de maître avec l’adaptation délirante du Dark side of the moon des Pink Floyd sous le nom de Dub side of the moon.
Acclamé par un public très large ne se limitant pas au traditionnel public reggae puisque l’engouement des fans ultimes du Floyd ne tarit pas de louanges, les Easy star all stars s’offrirent une tournée mondiale.

Fort de ce succès, ils se lancèrent il y a deux trois ans dans l’adaptation de Ok Computer de Radiohead sous le nom de Radiodread.

Leur passage ces jours si à l’Elysée Montmartre était dicté par la tournée promo de leur dernier méfait appelé Easy stars lonely heart club dub en hommage à l’album culte des Beatles.

C’est un Élysée Montmartre deux tiers rempli qui accueillait le groupe de Dub.
Ce n’est pas si mal puisque le groupe phare de la scène reggae actuelle Groundnation se produisait le même soir au Zénith.

Chauffé à bloc par un toaster et une section cuivre tonitruante, le public se fit rapidement hypnotisé par les lignes de basses lourdes et roots des Easy star.

La set list fut un best of de leur albums. Hommages au Floyd, à Radiohead et aux Beatles.
Si l’on excepte des bonnes versions de A day in a life et When I am sixty four, on fait rapidement le constat que les morceaux des Beatles et de Radiohead sont moins percutants que les morceaux de Dark side of the moon.
Les versions de Time, Great gig in the sky, et une reprise de Time sont tout bonnement extraordinaires.

Le public dansait et acclamait ce groupe de dub qui clairement maîtrise son affaire sur une scène et nous gratifie d’un excellent concert bien rythmé et bien dansant.

Si l’on quitte la salle après une heure trente de concert avec une bonne humeur évidente, il est toutefois évident qu’on est plus proche du niveau et de l’intérêt de la ligue 1 que de la ligue des champions.

jeudi 12 novembre 2009

Il était une fois la révolution

Note : 3/4

Octobre 2009, la programmation cinématographique est en passe d’atteindre le degré zéro.
On se laisserait presque tenter par le dernier Franck Dubosq, c’est dire si ce que les exploitants de salle nous proposent est d’une nullité abyssale.
Tel un oasis au milieu du désert, le Max Linder nous propose sur écran géant la copie neuve en version originale de Il était une fois la révolution de l’immense Sergio Léone.

Voir un Sergio Léone sur grand écran est une occasion malheureusement aussi rare qu’un concert d’Ennio Morricone. C’est dire si cela ne se rate pas.

En toute objectivité Sergio Léone est à mes yeux un génie absolu. Il est l’un des réalisateurs les plus imaginatifs, fascinants que la terre ait jamais porté.
Il a clairement révolutionné le cinéma par son approche visuelle, son utilisation du flash back, son culte de l’anti héros, le tempo hyper lent de sa narration, l’absence d’information sur ces personnages et par son utilisation magnifiée de la musique.

On ne peut bien entendu pas parler de Léone sans parler du Maestro Ennio Morricone.
Camarades d’écoles, les deux hommes ont réinventé le rôle de la musique dans le cinéma moderne. En revenant à la source ils ont placé la musique comme un personnage à part entière du film. Dans l’œuvre de Léone, la musique de Morricone raconte tout ce qui ne se dit pas à travers les dialogues (et Dieu sait qu’il ne se dit pas grand-chose).
Grâce au génie du Maestro, certaines scènes prennent une dimension fantastique tant la musique traduit, enlumine et magnifie toute la palette des émotions que l’on peut trouver dans les images de Leone.
Une telle osmose entre les images et la musique n’a probablement jamais été retrouvée même dans les films de Stanley Kubrick et de Quentin Tarantino.


Sergio Leone a clairement réinventé le western en lui apportant une dimension onirique inégalée sans rien trahir de son identité et de sa sensibilité européenne et de sa culture italienne.
En six ou sept films, il a laissé une empreinte indélébile sur des millions de fans de cinéma.
Grace à lui Clint Eastwood et Ennio Morricone sont devenus les géants que l’on connait.
La notoriété de certains acteurs comme James Coburn, Lee van Cleef, Charles Bronson, Gian Maria Volonte, Rod Steiger ou Eli Wallach n’existe presque uniquement grâce au traitement que leur a réservé Sergio Leone dans ses films.
En révolutionnant tous les codes du western, il a pu donner à Henri Fonda son dernier et peut être plus grand rôle dans un contre emploi absolu et signer des westerns complètement définitifs.
Après lui, peu de gens se sont essayé au western, l’héritage était trop lourd.
Les quelques rares bons western sortis dans les trente à quarante ans qui ont suivis ne rivalisent en rien avec ceux du maître.
Vénéré à juste titre par les plus grands réalisateurs actuels (de Tarantino à Scorcese en passant par Spielberg, Eastwood ou Coppola), Sergio Léone est avant tout un auteur totalement singulier.
Loin de tout formatage, de toute querelle de chapelle, il a imposé sa vision et son style à travers une représentation plus que personnelle de la construction du continent américain des débuts de l’ouest sauvage (Pour une poignée de dollars) jusqu’au dernier tiers du 20ème siècle (Il était une fois en Amérique).

Le cinéma de Léone est un cinéma d’homme. Les femmes y sont presque absentes à l’exception de Claudia Cardinale dans Il était une fois dans l’Ouest. Cependant celles-ci sont souvent une clé dans le comportement des personnages (La sœur du Colonel Mortimer, l’Irlandaise d’Il était une fois la révolution…).

Les personnages de Léone ne sont guidés que par deux motivations : L’or et la vengeance
C’est à travers ces deux quêtes et le vice et l’opportunisme qu’elles engendrent qu’ils prennent part malgré eux à la construction de l’Amérique
Malgré ce regard cruel et violent, les personnages restent cependant des hommes parfois capables d’une humanité insoupçonnée (la scène du cavalier mourant dans Le bon la brute et le truand) dans les situations les plus inattendues.

Le grand écran est indispensable au cinéma de Léone. Les paysages, les gros plans, les lumières, l’étalonnage le technicolor et, il faut le souligner, le grain de la pellicule donne une chaleur et une personnalité photographique que n’aura jamais un film filmé en numérique.

C’est tout cela qui rend le cinéma de Sergio Léone magique et indispensable.

Il était une fois la révolution est probablement le moins bon des Léone !!!
Mais sur grand écran c’est quand même une grande claque.
Mexique, 1913, Juan un pilleur de banques péones rencontre au beau milieu de la sierra Sean, un expert en dynamite Irlandais.
Malgré un antagonisme absolu ils s’associent avec des ambitions diverses dans le pillage d’une banque.
Ce braquage de banque sera le point de départ de leur enrôlement malgré eux dans la révolution mexicaine et dans une véritable odyssée.
Cet odyssée commence comme un récit picaresque, qui par bien des aspects n’est pas sans rappeler les aventures de Don Quichotte. Mais il se mue par la suite sur une vraie réflexion sur la violence inhérente à la construction d’un pays et aux mécanismes du pouvoir.

Cela donne à Léone l’occasion de travailler ses thèmes de prédilections : La vengeance, l’appât de l’or, l’opportunisme et le fait que l’histoire avec un grand H est souvent le résultat d’une sommes de petites histoires bien moins reluisantes.

La photographie est splendide. Elle atteint son sommet lorsque Léone oppose lors de flashback éblouissants le vert de l’Irlande à la poussière de la Sierra.
Les gros plans et le tempo narratif rappelle à tout le monde que c’est bien un film de Sergio Leone et de personne d’autre.

Ennio Morricone signe l’une de ses plus belles partitions, on peut en avoir les larmes aux yeux.

James Coburn et Rod Steiger livrent les meilleures performances de leur carrière à travers des personnages typiquement léonien.

Le bruit des balles et des explosions est inimitables, les scènes de batailles sont exceptionnelles.

Malgré tout cela, le film souffre de quelques faiblesses. C’est le seul film de Léone ou la longueur de certaines scènes dépasse parfois la limite de l’ennui.
De plus certaines ellipses scénaristiques compliquent la compréhension du film à des moments clés.
Les scènes clés du film sont peut être moins percutantes que les scènes clés des autres Léones
Tout cela fait qu’Il était une fois la révolution souffre de la comparaison avec les autres films de Léone.

Il était une fois la révolution forme avec Mon nom est personne la catégorie des Léones désavoués.
Peut être cela est-il du au fait que Léone ne voulait initialement pas réaliser ces films ?
Il a cependant signé celui-ci alors qu’il ne l’a pas fait avec Mon nom est personne.
Mais si un Léone désavoué n’est pas un chef d’œuvre, il reste cependant un grand film de cinéma.

Quel pied de voir çà sur grand écran !!!!!
Le 3 sur 4 est un très gros trois mais mon niveau d’exigence s’accentue lorsqu’il s’agit d’un Léone…

mardi 27 octobre 2009

500 jours ensemble

Note : 3/4

500 jours ensemble est une comédie presque romantique.
Autant l’avouer tout de suite, je suis totalement client des comédies romantiques. Qu’elles soient françaises, anglaises, américaines, avec ou sans Hugh Grant je suis preneur à moins qu’elles ne se prennent trop au sérieux ou qu’elles soient interprétées par Sandra Bullock, Reese Witherspoon ou Renée Zellweger qui m’insupportent particulièrement.
Je préfère aussi le genre quand il est contemporain. L’outrance romantique des adaptations de bouquins de Jane Austen et les films avec Emma Thomson se heurtent probablement à mon manque de sensibilité féminine.

500 jours ensemble avait donc tout pour me plaire. Le film répond à tous les codes du genre :
  • jeune première et jeune premier romantique,
  • humour bon enfant,
  • musiques pop bien choisies pour vous aider à sortir une larme de crocodile,
  • copains tour à tour envahissant patient et sympa bien que déconcertés par le désordre sentimental des protagonistes,
  • dommages collatéraux des émois sentimentaux sur la vie de tous les jours,
  • absence totale de questions existentielles,
  • happy end de rigueur.

Le film répond au cahier des charges mais il y répond même avec un peu de cynisme, un regard un peu décalé, des interprètes attachant un mode narratif plutôt malin et une bonne réalisation.

Les 500 jours de passions amoureuses entre Tom et Summer, de leur balbutiements en passant par les disputes et les réconciliations nous font l’effet d’une friandises légèrement acidulée que l’on savoure pendant 90 minutes en se disant que quelque part on a été à un moment ou à un autre assez proches des personnages de ce film sympathique qui ne se prend pas au sérieux .Le film bénéficie d’une bonne BO qui ravira les ados ou post ados célibataires qui attendent le prince charmant sans y croire mais en l’espérant très fort.

Bref un film idéal pour un soir de déprime, une sortie en amoureux ou un dimanche après midi pluvieux.

mardi 13 octobre 2009

Prince - le Grand Palais, 11 octobre 2009

Note : 3/4

Prince en concert à Paris, cela ne s’était pas produit depuis une grosse dizaine d’années.
Clairement Prince est sans nul doute l’un des derniers représentants vivant de ce que l’on peut appeler les mégastars de la musique.
De plus, contrairement à certains, il est l’un des rares a ne pas avoir dépassé la date de péremption. A 51 ans il semble être en pleine possession de ses moyens mais il reste aussi l’un des plus imprévisibles.

Prince sur scène est précédé d’une réputation délirante. Il est unanimement considéré comme un musicien surdoué et une bête de scène capable des performances les plus extravagantes et les plus diverses.
Cet été à New York il a enchainé 3 concerts le même jour avec trois groupes différents.
Il peut aussi un jour faire un concert de jazz, le lendemain un concert de Funk et enchainer le surlendemain par un concert crooner au piano ou une performance rock avec des guitares à la Hendrix.
Il est aussi coutumier d’after show dans de petites salles rentrés dans la légende dans lesquels il se laisse aller à des sessions d’improvisation époustouflante comme celui du New Morning en 1987 ou de ceux donné au Bataclan lors de ses derniers passages.
Souvent ce type de concert est annoncé avec une fausse identité.
Il est aussi capable de quitter une scène si on le prend en photo ou si le public ne réagit pas comme il le souhaite.
C’est dire s’il est difficile à suivre.

Cela fait quelques semaines qu’on subodorait une visite princière à Paris. En juillet des shows à l’Olympia avaient été évoqués puis annulés pour être repoussés.
On n’en savait pas beaucoup plus jusqu’à ce qu’une rumeur persistante ne circule sur le net annonçant deux concerts au grand palais dans la même journée le 11 octobre, soit 4 jours plus tard.
Prince serait tombé amoureux de l’endroit quelques jours plus tôt lors du défilé Chanel auquel il était convié et l’aurait booké dans la foulée pour une journée.
Aucun concert n’avait de Rock ou de Funk n’avait, à ma connaissance, jamais eu lieu dans cette enceinte.
C’est dire si l’engouement suscité par cette annonce était grand.

Se procurer un sésame pour ce type d’évènements n’est pas chose facile. Il faut savoir où, quand et comment les places seront mises en vente et il faut avoir la meilleure stratégie pour être parmi les heureux élus.
Il faut malheureusement aussi ne pas se formaliser d’un tarif exorbitant.

Ces deux conditions réunies, j’ai pris le chemin du Grand Palais pour le second concert de la journée programmé à 22 Heures dans un état de surexcitation avancé et une volonté de faire face à certains de mes aprioris pour mon premier concert de Prince.

En effet, que les choses soient claires :
Je ne suis pas un inconditionnel du Kid de Minneapolis. Je n’ai de sa musique qu’une culture Best of et single même si je me suis parfois procuré des albums comme Purple Rain, Around the world in one day, Sign of the times et Diamonds and pearls.

Sa musique m’a souvent décontenancé. Si j’y trouvais bien sûr un certain talent et un intérêt évident, elle est à mes yeux souvent pollué par un son trop eighties et des nappes de synthétiseur effroyables sorties tout droit d’une Bande Originale d’un "action movie" des années 80 comme le Flic de Berverly Hills ou de certaines envolées "Madonnesques".

Dans le Funk, je suis à la base plus intéressé par un son plus Roots comme celui de Sly and the family Stone, James Brown, Funkadelic, Isaac Hayes ou de l’afro beat de la famille Kuti.

La salle est assez étonnante. Débarrassée de tout décorum on pourrait se croire dans un immense entrepôt si le toit ne se révélait pas être une immense verrière grand siècle.
Le sol en béton contraste avec l’aspect extérieur du bâtiment. Mais le plus étonnant est que le concert n’a lieu que dans une aile de l’édifice tant celui-ci est grand.
On sent tout de suite qu’une telle architecture sera un frein à une ambiance chaude et moite comme le funk peut en provoquer.

A 21H45, des clameurs s’élèvent. L’auto proclamé Love Symbol fait son apparition dans son palais d’un jour et se dirige vêtu d’une tenue immaculée vers sa loge.


En plus d’une prohibition alcoolique digne du Chicago des années trente et d’une interdiction de fumer plus récente, les organisateurs prirent la parole et rappelèrent qu’il était interdit de prendre des photos sans quoi le souverain du jour quitterait la scène sans espoir de retour.
Les rares petits malins qui s’essayèrent à braver la loi princière se firent attraper et expulser de la salle par des vigiles qui n’hésitaient pas à fendre la foule pour saisir leurs proies.

A 22 Heure, sur une scène sans aucun artifice, la cérémonie commença.
C’est un Prince guitariste auquel nous avons droit ce soir. Le Funk est pour notre plaisir la grosse tendance de la soirée. Il attaque avec 1999 qui semble ravir les dévots du nain.
Il ne parait d’ailleurs pas si petit que cela.

Le répertoire s’attarde sur les premiers albums comme Purple rain et des morceaux comme Contreversy.

Ce qui se dégage de ce début de concert, c’est qu’indubitablement Prince a un charisme évident.
De plus c’est un véritable virtuose à la guitare. Il semble jouer avec une facilité déconcertante des trucs pourtant pas évident en se permettant des variations inspirées et des improvisations qui vous emmènent d’un tempo à un autre comme si de rien était.
Vocalement, c’est une tuerie. C’est le groove incarné. Il dégage un érotisme moite qui à la réflexion lui est totalement propre. Il dégage aussi une vraie intensité.

Clairement, on est dans un déluge de Funk.

Les morceaux s’enchainent avec bonheur. On a notamment droit à des impros sur le Freak de Chic, une bonne reprise de Without love des Doobie Brothers et un hommage à Sly Stone avec Everyday people et I want to make you higher.

Puis au mout de 75 minutes il quitte la scène. On se dit que le concert est en train de tourner au braquage vu le prix des places.

Heureusement il ne s’agit que d’un intermède avant un Purple rain qui fera hululer la foule et un nouvel envol vers des morceaux de Funk hypnotique pendant 45 minutes supplémentaires avant que, semble-t-il satisfait, Prince donne congés à ses sujets.

On a bien à faire à un musicien de génie et le concert valait le détour. Cependant ce n’était pas non plus le concert du siècle.
L’Atmosphère était froide et métallique. L’omniprésence de nappes de synthétiseur m’a personnellement beaucoup gêné mais je m’y attendais.
J’ai aussi eu l’impression que Prince malgré tout son talent ne donnait pas tout ce qu’il avait dans le ventre. J’aurais aimé le voir pousser ses chansons d’avantage dans leur retranchement. On a l’impression que plutôt que d’emmener tout le monde vers une explosion, une éruption de Funk acide, il se contentait de balader son public d’un groove à l’autre.
Ce qui aurait pu être une tuerie m’a semblé parfois trop tranquille.
Non, je n’ai pas été déçu mais je suis resté un poil sur ma faim.

En terme de Funk purement musical, je suis beaucoup plus adepte de Georges Clinton ou de la chaleur de la famille Kuti, même si aucun d’entre eux n’a les mêmes facilités musicales et l’érotisme de la voix du plus connu des témoins de Jehova.

Néanmoins je me serai bien laissé tenté si j’en avais eu l’occasion par le concert du lendemain à la cigale (la meilleure salle de concert de Paris avec l’Olympia). Je suis d’ailleurs persuadé que le concert m’aurait plu d’avantage.

lundi 5 octobre 2009

Le Petit Nicolas


Note : 3/4

Le petit Nicolas sur grand écran est un projet un peu casse gueule tant les personnages de Nicolas et ses amis répondent à une imaginaire développé par des générations entières de lecteurs des petites nouvelles de René Goscinny.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la transposition sur grand écran a été extrêmement bien travaillée.

L’une des difficultés majeures a probablement été de trouver une histoire complète permettant pas mal de digression plutôt que de faire une suite de sketches comme peuvent l’être les livres
De ce point de vue là, ça tient la route.
L’histoire du petit garçon qui se rebelle contre ses parents de peur que sa vie change avec l’arrivée d’un bébé est prétexte à toutes les entourloupes avec sa bande de copains.

Le parti pris de conserver Le petit Nicolas dans les années 50/60 est un choix qui évite de trahir l’âme et les dialogues de Goscinny. On imagine pas le petit Nicolas parler comme les ados de LOL.
De ce point de vue là, c’est une vraie réussite car l’esthétisme et le langage de l’époque sont bien préservés sans pour autant déplaire aux enfants d’aujourd’hui.
Il faut noter que le scénario et les dialogues ont été entre autre travaillés par Alain Chabat qui possède la formule magique pour adapter Goscinny au cinéma. Sans lui les deux autres Astérix ont été des naufrages dignes du Titanic.

Le casting aurait pu tourner au casse tête mais au contraire le choix des acteurs semble avoir été une évidence. Kad Merad et Valérie Lemercier sont parfaits et hilarants. Les seconds rôles (Prevost, Galabru, Anemone, Kimberlain, Duchaussoy, Demaison) renforcent le sentiment que rien à été laissé au hasard et donne vraiment vie à leur personnages.
Les enfants sont tous excellents (mention spéciale à Clotaire) et correspondent à l’idée que l’on peut en avoir en lisant les livres à l’exception du petit Nicolas. En effet celui-ci est un peu être un peu lisse et un peu grassouillet par rapport à l’image qu’il m’évoque.

La narration des livres qui leur donnait toute leur saveur est bien transposée dans le film.
Une voix off prend le relais des dialogues pour rester dans l’esprit et ne dénature en rien l’œuvre de Goscinny.

Bref il n’y a pas grand-chose à redire sur la qualité de l’adaptation.

Tout cela donne un film, plaisant, potache, drôle et bien rythmé plein de bonne humeur.
A l’image de la guerre des boutons, il ravira petits et grands avec ses très bons gags et leur coté désuet.
C’est clair que ceux-ci peuvent paraitre un peu proprets à l’heure des films de Judd Apataw d’American Pie et de Ben Stiller. Mais peut-on vraiment s’en plaindre ?
Certainement pas les fans du Petit Nicolas qui y trouveront leur compte.

C’est un film que les grands parents iront voir avec leurs petits enfants et apprécieront comme il se doit.
C’est un film que les cinquantenaires et les soixantenaires regarderont avec nostalgie.

En revanche si l’on est allergique à l’esthétique des Choristes, d’Amélie Poulain et si l’on est un fan de la discrimination positive il vaut mieux passer son chemin.

On peut aussi émettre des doutes sur le succès de ce film dans les zones d’éducation prioritaires, qui seront assez peu concernés.
Les geeks, les fans de hip hop, de Twilight, de Tokyo Hotel, de Worfld of Warcraft risquent aussi d’être indisposés.

mardi 15 septembre 2009

Turzi + Château Marmont - Nouveau Casino Paris, 6 juillet 2009

Note : 3/4

On avait laissé Turzi il y a quelques semaines de cela au Point éphémère (voir ici). Ce jour là, les Parisiens avaient livré une prestation ahurissante, clairement une des grosses claques de l’année. C’est dire si la perspective de ce nouveau concert au Nouveau Casino était alléchante.

La première partie était assurée par Château Marmont. Ce groupe a livré une prestation hyper convaincante de ce qu’aurait pu être Air en plus groovy et plus énergique. Bref, une très bonne première partie, assez représentative de cette scène parisienne qui réconcilie le kraut rock avec de l’électro minimale vintage (Aeroplane, Lindstrøm, Zombie Zombie…)

Mais clairement on était là pour Turzi. Vers 22H30 le groupe a pris possession de la scène et attaquer un set assez similaire à celui du point éphémère. Le but de l’opération étant de présenter l’album B dont la sortie est prévue à l’automne.
Dire que la prestation du groupe a été excellente est un euphémisme. La puissance dégagée par le premier morceau était phénoménale. On est tout de suite dans le vif du sujet et emmené très loin par le coté obsédant et hypnotique des montées vertigineuses de leur musique. Clairement, l’ambiance n’est pas à la rigolade, le son est clairement Dark, mais il est aussi fascinant qu’il peut l’être dans la musique de Joy Division. Plus les morceaux s’enchaînent plus on se dit que l’album B est un monument.

A le vivre comme cela, concentré en concert, on se dit clairement qu’il s’agit d’un album majeur qui pourrait sans peine tenir la route sans avoir à rougir un quart de seconde à coté d’un Atom heart mother ou d’un Ummagumma.
Clairement il faut arrêter de nous pomper l’air avec Sonic Youth, My Bloody Valentine ou des groupes comme Archive. Turzi est bien meilleur et novateur que tout ceux là réunis.
Quel groupe peut réussir un amalgame crédible, singulier et moderne des guitares de Ron Asheton et Sterling Morisson, des claviers de Kraftwerk ou du meilleure Depeche Mode, de la basse de Lemmy période Hawkwind et de la batterie de Dave Grohl.

Turzi est un diamant, un diamant encore brut qui mériterait d’être travaillé pour devenir étincelant. Un peu plus de théâtralité les rendrait purement fascinants. Mais côté musique, tout est déjà là et bien là !!!

Cependant le gros point noir de la soirée, ce fut le public. Un public de la pire espèce : détestable, peuplé de pique assiettes irrespectueux, méprisants et méprisables. Clairement on va en concert pour écouter, vivre, s’imprégner de la musique, pour ressentir des émotions. Au Nouveau Casino, le public était juste là pour boire des bières et tchatcher sur un fond musical auquel ils ne prêtaient que peu d’attention, exactement comme s’ils avaient été au café charbon ou dans un vernissage de seconde zone. Ce public caricatural et symptomatique du bobo parisien arty, prétentieux et intolérant était consternant en d’autres mots à baffer ! Ces mecs ne se rendent pas compte qu’ils sont en face d’un groupe majeur, du genre à marquer une décennie et à devenir l’étendard d’un style de musique mondialement reconnu.

A la fin des années 60 des groupes comme le Velvet Underground et les Stooges ont connu pareil indifférence. en jouant devant le public pique assiette et nombriliste de la factory. A part quelques personnes aware, il aura fallu plus de 20 ans au public pour prendre conscience de la prépondérance de ces groupes.

Espérons qu’il ne faudra pas autant de temps à Turzi pour arriver à atteindre la reconnaissance et l’importance qui doit être la sienne.

On attend désormais le concert de l’Elysée Montmartre avec impatience. Celui-ci devrait être plus abouti, plus long et on l’espère aussi avec d’avantage de ferveur.

L'Âge de glace 3 - Le Temps des dinosaures

Le 08/07/2009
Note : 3/4

L'âge de glace, c'est l'aristocratie de l'animation 3D. On avait peur que ce troisième opus soit un peu poussif, un peu fin de race. Grâce au ciel il n'en est rien. On retrouve notre bande avec de nouveaux personnages pour une aventure au pays des dinosaures.
Dire que l'animation est réussie est un euphémisme. Dire que c'est drôle relève d'enfoncer une porte ouverte. Les scènes de Scrat et sa noisette relève directement d'une filiation de Tom et Jerry et de Tex Avery. Les autres personnages imposent sans mal leur personnalité et leur grain de folie pour le bonheur des petits et des grands. Un super moment de d'humour désopilant.

lundi 14 septembre 2009

Indochine - Olympia Paris, 26 juin 2009

Note : 3/4

En 1997, Indochine peinait à remplir le Casino de Paris lors de la tournée promo de leur album Wax. Le groupe des frères Sirkis accusait à l’époque le contre coup du départ de leur compositeur Dominique Nicola. Il ne se défaisait pas d’une image caricaturale résultante de leur look des années 80.
De plus une parodie des inconnus leur avait fait si mal qu’ils avaient perdu leur crédibilité aux yeux du grand public. Leurs passages radio et télé s’étaient réduit à une peau de chagrin. Quelques mois plus tard, la mort dans l'âme, Stéphane Sirkis aurait pu arrêter nette la carrière du groupe.

C’est avec beaucoup de courage, d’opiniâtreté, de sérieux que Nikola Sirkis a continué l’aventure. En ne faisant aucune concession et sans jamais rien renier de son style, Indochine a repris les choses à la base. En multipliant les concerts partout en France, le groupe a renouvelé son public. Lors de ces prestations scéniques sans concession Indochine ne s’est pas contenté de jouer la carte nostalgie comme beaucoup se seraient contenter de le faire.
Au contraire ils ont mis en avant leur très bon album Danceteria puis ils ont retouché les sommets avec l’album Paradise qui leur a donné une moisson de tubes et une nouvelle crédibilité portée par un son qui a su évoluer sans renier la singularité même du groupe.
Deux albums plus tard, en 2009 Indochine est sans aucune contestation le groupe de rock français le plus populaire et le plus fédérateur puisqu’il s’offre le luxe de faire une grosse tournée et de la clôturer dans un an dans un stade de France déjà presque sold out.

C’est en prélude à cette tournée qu’Indochine investissait l’Olympia. Il avait fallu presque se battre pour obtenir des places tant la demande avait été forte.
C’est dans une ambiance survoltée qu’Indochine a fait son entrée avec une intro spectaculaire comme ils en font presque toujours en attaquant par un extrait de Paradise.

Clairement la set list se concentre sur les trois derniers albums en donnant une large part au dernier : La république des météors.
Force est de constater que toutes les chansons sont des tubes en puissance et que le public se les ait déjà approprié. On a parfois du mal à entendre le groupe tant les refrains sont repris en cœur par la foule.

On se dit qu’Indochine est une formidable machine à faire des tubes et à faire danser puisque l’ambiance n’est pas retombée pendant plus de deux heures.
La seconde partie du concert laisse un peu plus de place aux tubes historiques à travers un medley ou s’entrechoque Les tsars, Canary Bay et une excellente reprise de You spin me round de Dead or alive. Cela dit on aurait préféré avoir des versions intégrales car le principe du medley est toujours frustrant.
Miss Paramount fait son effet. Un petit intermède acoustique nous permet d’entendre Kao bang avec beaucoup de plaisir.
Puis c’est l’escalade avec Trois nuits par semaine et bien sur L’aventurier, qui est, qu’on le veuille ou non, une très grandes chanson hyper fédératrice. Le concert se clôt dans une atmosphère intimiste ou Nikola Sirkis fait une petite ritournelle seul au synthé.

Indochine a clairement proposé au public une très bonne prestation. Celui-ci lui a bien rendu par une ferveur que n’aurait pas dédaigné les fans de Patrick Bruel au début des années 90.

A titre personnel, j’aurais aimé entendre Monte Christo, Punishment park, Les sécheresses du mekong, La chevauchée des champs de blé et des extraits de Danceteria.
Cela aurait été de la nostalgie et clairement Indochine est désormais un groupe diablement actuel et c'est tout à leur honneur.

L'honnêteté et l'opiniâtreté paient...

Elmer Food Beat - Elysee Montmartre Paris, 12 juin 2009

Note : 3/4

C’est avec la motivation d’une nostalgie coupable que j’ai pris le chemin de l’Elysée Montmartre pour voir Elmer Food Beat en concert. Voir le groupe Nantais en 2009 résulte d’un sentiment de frustration dormant depuis des années puisque je n’avais pas pu les voir au moment de leur apogée, il y a 20 ans. Tous mes camarades de lycée m’avaient à l’époque vanté avec un enthousiasme forcené les exploits scénique du groupe lors de leur tournée estivale des plages bretonnes.

Elmer Food Beat, c’est un peu au rock français ce qu’American Pie est au cinéma américain. C'est-à-dire une bonne dose de regressivité parfois vulgaire mais tellement irrésistible qu’elle avait sue séduire un vaste public. Cela avait même valu au groupe une victoire de la musique les honneurs du top 50 ainsi que des tournées internationale sold out. Clairement, on se dit que voir Elmer sur scène en 2009 ne peut tenter qu’un public majoritairement breton né entre 1971 et 1977. C’est d’ailleurs un public de cette génération qui avait investi l’Elysée Montmartre rempli aux deux tiers. Mais celui ci était en surchauffe totale. De nombreux clones de Manou arboraient le look de leur idole (Marcel, casquette, slip kangourou et épuisette).

C’est donc dans une ambiance de feu, que le groupe a investi la scène en dépotant une version tonitruante de la fameuse Caissière de chez Leclerc. Clairement Elmer s’imposait à l’époque comme le cousin de province des Wampas. Le jeu de scène de Manou ainsi que le punk rock carré du groupe n’avait pas grands chose à envier à celui de Didier Wampas et ses sbires. Les mélodies étant toutefois un peu plus bubble-gum. Par chance, c’est toujours cette impression que l’on a devant ce revival anachronique. C’est dire si on en prend plein les oreilles.

Le public reprend en chœur les paroles de Est-ce que tu la sens, Couroucoucou roploplo et Le plastique c'est fantastique. Il pogote avec enthousiasme sur Linda, L’intérieur, Jocelyne et Daniela tout en réservant un accueil plus que bon aux compositions moins connues du groupe. Il faut dire qu’au-delà de l’esprit potache et des paroles graveleuses, l’énergie, la mélodie et les refrains fédérateurs mettent tout le monde d’accord.

Ce fut malheureusement un concert un peu court, ce qui est quand même un comble pour les auteurs de l’album 30 cm. Le public les a réclamés assez longuement sans succès et ils ne sont revenus qu’une fois. C’est le seul point négatif de cette soirée du 12 juin, où à l’autre bout de Paris, au stade de France, comme l’a dit Manou, se produisait un groupe de tapettes.

Clairement, il valait mieux ce soir être avec les rockers nantais d’Elmer Food Beat, plutôt qu’avec les australiens d’AC/DC (surtout quand on avait déjà eu la chance de les voir à Bercy en février dernier...)

Anges et démons

Le 14/05/2009
Note : 3/4

Premièrement il faut oublier tous les aprioris liés au Da Vinci Code. Anges et démons ne cherche en aucun cas à provoquer, à donner une vision contestable de la religion catholique.
Oui, Anges et Démons est un bon film ! Réalisé avec énergie et grand professionnalisme par Ron Howard, solidement interprété par des acteurs de premier plan ce film s'impose comme un super blockbuster. Il ne faut pas y chercher autre chose. Son scénario est digne d'une bonne BD : Une société secrète met un œuvre un plan machiavélique afin d'éradiquer le Vatican en plein conclave est contrarié dans ces projets par un spécialiste des symboles et de l'histoire religieuse. Les capacités de déductions de Langdon rivalisent avec celles d'Indiana Jones de Benjamin Gates et de Sherlock Holmes.
Mené tambour battant, le film nous tient en haleine du début à la fin malgré une multitudes d'incohérences et remplit sa mission de super divertissement. Il ne faut rien chercher de plus.

vendredi 11 septembre 2009

Star Trek

Le 07/05/2009
Note : 3/4

Depuis plusieurs mois les trekkies étaient sur le pied de guerre dans l'attente de la sortie de ce revival Star Trek. La bande annonce soulevait des tempêtes sur les forums spécialisés. Spok s'énervait ce qui est antinomique pour un vulcain... Toutefois la globalité des fans hardcore de la série étaient présents dans les salles le jour de la sortie.
Il faut dire que l'idée de JJ Abhrams de donner un coup de fouet à cette franchise un peu essoufflée par des films qui peinaient pour ne pas sortir directement en vidéo était alléchante, d'autant qu'il arrivait avec un gros budget et un casting plutôt bien choisi. Le verdict est extrêmement positif. Avec un scénario habile reprenant sans trahison les codes de la série (voyage temporel, dimensions parallèles, caution et apparition de membres historiques de la série), l'USS enterprise et son équipage rajeuni est prêt à s'envoler pour de nombreux autres films sans perdre un trekkies en route et en emmenant un nouveau public. En effet les néophytes seront séduits par ce space opéra blockbuster rondement mené.
Certes, il ne faut pas non plus perdre de vue que Star Trek n'est pas Star Wars, que les effets spéciaux et le montage clipesque des scènes d'actions en caméra porté est parfois un peu B Movie (mais un très bon). Cela reste un très bons film de Science Fiction.

Alpha Blondy et Toots and the Maytals - Zenith Paris, 7 mai 2009

Note : 3/4

C'est clairement la grosse affiche reggae parisienne de l'année. Le public ne s'y est pas trompé puisque même s'il n'est pas complet, le Zénith est bien rempli et l'atmosphère et l'ambiance ont été brûlantes.

Après deux groupes pour chauffer la salle, le vétéran jamaïquain Toots fait son entrée avec les Maytals devant un public chauffé à bloc et tout acquis à sa cause. Le moins que l'on puisse dire c'est que Toots sait faire réagir un public. Au delà de sa fameuse version de Louie Louie, il passe d'un reggae roots à des rythmes purement Ska qui font danser et bouger un public de connaisseurs pendant près d'une heure trente. On trouve beaucoup d'influences dans son reggae (gospel, funk, blues, jazz, ska). Bref ce fut un bon moment qui a sûrement mis la pression à l'autre star de la soirée, l'ivoirien Alpha Blondy.

C'est en superstar qu'Alpha Blondy et son groupe le Solar System ont investi la scène en attaquant avec Jerusalem. La basse est lourde, les cuivres tonitruants, bref c'est du lourd. Pendant plus de deux heures, ils ont clairement tabassé le public en ne lui laissant aucun répit. Tout était hyper rodé et s'enchaînait bien. Le reggae de l'ivoirien est teinté du meilleur afro beat. C'est dire si c'est physique. De nombreux tubes y passent (Sweet fanta diallo, Cocody rock, Brigadier sabary), Alpha reprend même du Pink Floyd avec une bonne version de Wish you were here. C'est particulièrement pro. C'est peut être d'ailleurs l'un des reproches que l'on peut faire au solar system : Le son d'ensemble était peut être un peu trop calibré et certaines versions un peu longues.

L'autre reproche que l'on peut faire , c'est les discours de niveau CE2 d'Alpha Blondy sur les politiciens corrompus, sur le fait qu'il faut supprimer la guerre et rétablir la paix partout. Certes c'est louable mais d'un niveau intellectuel à faire passer Sting et Bono pour des génies de la géopolitique. Mais au final, ce n'est pas si grave puisque c'est prétexte à faire du bon reggae.

Au final, le public est reparti content, il avait eu ce qu'il était venu chercher. Ce fut un triomphe pour les deux têtes d'affiche de la soirée !

Les Wampas + Les Brats - Casino de Paris, 30 mars 2009

Note : 3/4

Les Wampas sont la preuve que Dieu existe. C'est ce que prétend fièrement le nouveau CD de ce groupe historique qui écume toutes les salles de l'hexagone depuis 1983.
Mené par leur leader charismatique Didier Wampas dont le jeu de scène assimilable à celui d'un Iggy Pop sur ressorts sortant de sa boite tel un diablotin survolté, ce combo composé par des musiciens super efficaces (anciens des Dogs, des Satellites et de La Mano) envoie un punk rock yéyé hyper efficace devant un public en ébullition et acquis à sa cause.

Pour ceux qui ne les ont jamais vu leurs concerts peuvent se décrire comme de gigantesques happenings plein de générosité ou tout peut arriver : escalade des balcons par Didier Wampas, scène envahie par des hordes de fans féminines portant en triomphe Didier Wampas, séance de sauts de trampoline au milieu du public, embrassade de tout le public, slams rageurs, reprise décalées, invités surprises détonants (Patrick Juvet, Nikola Sirkis...).

Le concert d'hier n'a pas failli à la tradition.
La première partie était menée par Les Brats, groupe étendard de la scène des baby rockers parisien. Même s'ils se sont bien améliorés depuis leur première partie de l'iguane au Zénith il y a quelques années, leur prestation est restée, à l'instar de tous les groupes de cette scène, poussive et sans originalité.

Ver 21H00, les lumières se sont éteintes et les Wampas sont entrés sur scène sur une musique chinoise et ont balancé une rafale de titres historiques (Comme un punk en hiver, L'aquarium tactile, Rising) mêlé à des titres de leur nouvel album (Georges Marchais) pour prendre leur marques et chauffer le public.
L'ambiance est montée d'un cran lors des premier stage diving de Didier Wampas et son escalade du balcon par la face Nord. Par la suite les grands moments du concert furent la version déglinguée de My way, comme d'habitude, la reprise de l'idole des jeunes, le pogo de Ce soir c'est noël, les déambulations de Didier embrassant tout le monde sur Kiss, la folie sur la scène pendant Petite fille et le duo anachronique avec l'invité surprise du soir qui n 'était autre que la reine de la nuit Régine sur La grande Zora.
Le concert s'est terminé par une nouvelle traversée de la salle de Didier Wampas qui serrait des mains à tout le monde à la sortie de la salle.

Même si pour ceux qui les ont déjà vus le concert du Casino de Paris était relativement sans surprises par rapport aux tournées précédentes, il n'a pas failli à la réputation du groupe et a ravi le public. Clairement s'il est un truc que les Wampas ont compris, c'est la communion avec le public. De ce point de vue là ils ne sont jamais décevants même si certains concerts sont supérieurs à d'autres.
Néanmoins, c'est toujours un bon moment et un vide à combler pour ceux qui ne les ont pas vus.

Les baby Rockers, Pete Doherty et la plupart des groupes à la mode feraient bien de s'inspirer de l'engagement des Wampas sur scène et vis à vis de leurs fans et de ne plus proposer des concerts de 50 minutes dénué de professionnalisme. Ça leur permettrait de durer et de prouver qu'ils valent quelque chose. De ce point de vue là, les Wampas n'ont plus rien à prouver.