lundi 6 juillet 2009

Les Femmes de ses rêves

Le 14/04/2008
Note : 2/4

Il y a des acteurs pour lesquelles on a une faiblesse. En ce qui me concerne, j'ai tendance à pardonner presque tout à Ben Stiller depuis son interprétation mémorable de Derek Zoolander. Ben Stiller est devenu l'icône de la comédie américaine régressive décérébrée mais hilarante. Qu'il joue à la balle au prisonnier ou qu'il soit maltraité par les femmes ou 2000 ans d'histoire, il est toujours sympathique. Les femmes de ses rêves n'est pas son meilleur film. On est en dessous de Marie à tout prix ou Zoolander mais le film réserve quelques gags potaches méchants et gratuits imparables. Mention spéciale aux vices cachées de la femme qu'il épouse. Il est à noter que les frères Farrelly sont derrière la camera ce qui accentue le coté cru du film. Toutefois je ne le conseille qu'aux vrais fans de Ben Stiller.

Taken

Le 14/04/2008
Note : 3/4

Taken est un film d'action comme on en fait plus et comme on devrait en faire un peu plus. Sur un sujet hyper classique, Taken prend en haleine le spectateur du début à la fin. Le film à l'image se son personnage principal ne pers pas de temps, ne se pose pas de questions et ne se détourne jamais de sa vocation première. Liam Neeson apporte tout son poids et son talent à ce personnage de père possessif déphasé et expéditif à la recherche de sa fille enlevée par un réseau de prostitution. La réalisation très nerveuse ne tombe jamais dans la surenchère et dans l'effet visuel spécial gratuit. Les scènes d'actions sont filmées de manière simple et percutante sans que la camera semble être maitrisée par un malade de parkinson. Le film n'excède pas 90 minutes ce qui ne laisse pas le temps à une demie seconde d'ennui de s'installer.
On est face à une vrai bonne série B d'action basique comme on en faisait à l'époque de Piège de cristal et de Cliffhanger. Les amateurs du genre seront séduits, les autres n'y trouveront aucun intérêt. A l'image de dernier John Rambo, Taken nous rappel qu'un film d'action n'est pas obligé d'être un mélange de John Woo et Matrix avec des scènes titanesques et improbable. De l'action et du rythme suffisent à faire un bon film. La vision de Paris comme ville coupe gorge est toutefois un peu excessive.

3h10 pour Yuma

Le 14/04/2008
Note : 1/4

On ne fait plus beaucoup de western de nos jours. La perspective de voir un vrai western sur grand écran est alléchante en soi. D'autant plus quand elle est soutenue par un casting de premier plan (Bale et Crowe et par un réalisateur plutôt brillant (Mangold à qui l'on doit le très bon Copland). On se réjouit d'autant plus que c'est un remake d'un grand classique et qu'on garde un très bon souvenir de la dernière adaptation d'un western classique avec le très bon Open range de Kevin Costner.
Malheureusement, le résultat est un peu décevant. Mangold est trop fan de western pour s'approprier son propre style. On navigue sans cesse entre le western crépusculaire (tendance impitoyable d'Eastwood), l'hommage au classique (Dernier train pour gun hill ou Liberty valence) et l'équipée aventureuse post-moderne (quand La riviere sans retour rencontre Assaut de Carpenter). A vouloir être trop respectueux du genre, le film s'enlise et manque de souffle. Si les acteurs sont bons (mention spéciale à Crowe), leurs rôles auraient du être inversés, cela aurait renforcé le film. De plus la fin est tellement peu crédible et tellement trop théâtrale qu'elle tue le climat psychologique qui s'est installé entre les deux personnages principaux. La surenchère annihile la cruauté et la fausse simplicité que ce film aurait du avoir. Il faut toutefois souligner l'interprétation de Ben Forster qui est extraordinaire dans son rôle de "bad guy" jusqu'au boutiste.

vendredi 3 juillet 2009

Paris

Le 14/04/2008
Note : 2/4

Paris est résolument un film de Klapish. On y retrouve son style, sa qualité de direction d'acteurs, son humour décalé et des personnages encrés dans une réalité un peu bobo. Mais Paris n'est pas un film sur Paris, ce qui est un peu une déception. De plus l'aspect comédie chorale ne fonctionne pas sur toutes les histoires. Autant, on est ému par les histoires mettant en scène Duris et Binoche, amusé par celle de Luchini, certaines autres manquent leur cible (le sans papier, Rungis) et d'autres ne sont qu'esquissées (le personnage de Cluzet). Au final on reste sur sa faim contrairement à certains autres de ses films. Le film n'est pas assez abouti, on passe un peu à coté contrairement aux Poupées russes, à L'auberge espagnole qui nous prenait en main du début jusqu'à la fin.
Néanmoins Klapish reste l'un des meilleurs auteurs du cinéma français actuels et il y a plus de talent, d'idées dans ses films que dans 90 % de la production cinématographique française. Et rien que cela vaut le détour.

There Will Be Blood

Le 13/04/2008
Note : 3/4

Je ne met que 3/4 malgré la mise en scène organique, physique, et magnifique de Paul Thomas Anderson. Je ne met que 3/4 malgré l'interprétation sidérante et habitée de Daniel Day Lewis qui livre une prestation du niveau d'un Al Pacino dans Le parrain ou d'un de Niro dans Taxi driver. Le jeune acteur incarnant le prêcheur mériterait lui aussi l'oscar du meilleur acteur. Je ne met que 3/4 et pourtant il n'y a pas la moindre longueur dans ce film de 2H40. La musique du film (composée par le guitariste de Radiohead) colle au film comme la marée noire de l'amoco cadix sur le granit du Finistère. Le film a le souffle et la puissance d'un John Huston et d'un Orson Welles.
Alors pourquoi, ne pas mettre 4/4 ? Je suis très dur avec ce film qui est sans contexte un des meilleurs si ce n'est le meilleur film de l'année, mais il manque un brin de de vent, un petit souffle d'humour ou de dérision qui donnerait un tout petit peu d'air au spectateur pour digérer ce film très sombre et très noir comme le pétrole. Malgré tout quel leçon de cinéma. Allez-y!

Astérix aux Jeux Olympiques

Le 13/04/2008
Note : 0/4

Nul. Tant d'argent pour un résultat aussi débile, médiocre, inaboutie. On assiste à un montage de sous sketches pas drôles et on sert la soupe à toute une galaxie people vide de substance. Les dialogues et les gags sont nuls. Les enfants n'y trouveront pas leur compte, les parents non plus, les étrangers ne comprendront rien. Cornillac a le charisme d'une bite d'amarrage. Le reste du casting cachetonne sans trop se poser de question comme il le ferait sur une pub Adidas ou Gilette. Poelevorde est en roue libre, portée probablement d'avantage par une inspiration chimique qu'artistique. Seuls Depardieu et Delon sortent vaguement la tête de ce marasme de très mauvais gout.

Bienvenue chez les Ch'tis

Le 13/04/2008
Note : 3/4

Bienvenue chez les Ch'tis n'est pas un grand film de cinéma. C'est simplement, une comédie très drôle, pleine de bons sentiments, de personnages attachants dénuée de vulgarité et qui fera rire n'importe quel spectateur francophone de 7 à 77 ans. Cela parait simple et pourtant c'est pas simple de faire dans la simplicité. Presque personne n'y arrive. Danny Boon y est arrivé avec beaucoup de gentillesse, de tendresse et d'humour.

Les Randonneurs à Saint-Tropez

Le 13/04/2008
Note : 0/4

Autant le premier opus était assez drôle et les nuances entre les différents personnages étaient très bien vues, ce qui nous faisait passer un moment agréable. En revanche, cette suite est d'une vacuité et d'une nullité abyssale. Même si Karine Viard réussit à être une fois de plus très bonne, le reste du casting est en roue libre, délaissé par un scénario vide et incohérent. Le seul prétexte de ce scénario étant probablement de justifier la location d'un yacht de rêve à Saint Trop pour que les acteurs et l'équipe du film y passe de bonnes vacances en faisant semblant de faire une comédie calibrée pour un film du dimanche soir que TF1 ne diffuse même plus. Bâclé, vulgaire et franchement pas drôle, le film ne met même pas en valeur Poolevorde qui se contente du service ultra minimum.

Jumper

Le 03/03/2008
Note : 1/4

Une bonne idée de départ. Jumper aurait pu faire un bon film de super héros. Malheureusement il n'y a pas d'histoire autour du concept du "jump". Les luttes ancestrales qui ont fait la saveur d'une licence comme Highlander tournent à vide. La rivalité entre "paladins" et "jumpers" n'est pas expliquée. Cela aurait pu donner un peu de profondeur à ce film prétentieux qui accumule tous les poncifs du cinéma d'action américain d'aujourd'hui (camera tremblante, scénario inexistant, effet spéciaux dispensables, musique pour ado et un coté "new rich" vraiment agaçant). Les acteurs semblent bien abandonnés par le scénariste. Samuel Jackson continue de relever les compteurs, Hayden Christensen n'est pas mauvais mais n'a personne pour lui donner la réplique tant le rôle féminin et le personnage masculin secondaire et les acteurs qui les incarnent sont mauvais et creux. On les croirait sortis d'un soap tv de bas étage. Bref n'y allez pas malgré la bonne idée de départ. Attendez un remake de qualité d'ici 25 ans ou allez voir John Rambo.

John Rambo

Le 11/02/2008
Note : 3/4

Le retour de John Rambo vingt ans après n 'augurait rien de bon si ce n'est une curiosité nostalgique coupable. Au final il n'en n'est rien. Même si le scénario est super simpliste et les méchants très très méchants (comme dans tous les "action movies" des années 80), ce quatrième opus est sans contexte le meilleur de la série avec le premier. La mise en scène de l'action renvoie à leur études 99 % des films actuels avec leur caméra portée tremblotante, leur surenchère et leurs effets 3D omniprésents. Les scènes de combats de guerre sont parmi les meilleurs jamais filmées. La violence qui se dégage de ce film mériterait presque une interdiction au moins de 16 ans tant la boucherie est réaliste. Stalone est tout sauf ridicule dans le rôle d'un Rambo un peu plus vieux. Les mercenaires qui l'entourent donne un petits plus aux films (mention spéciale à l'ancien SAS). La dénonciation de la guerre civile entre Karen et Birmans n'est pas superflue tant ce conflit ignoré de la plupart est odieux et perdure depuis des années sans que personne ne s'en émeuve. Bien sur John Rambo n'est pas le film du siècle en raison de son coté B movie et de l'aura de son personnage. Mais il vaut mieux une bonne série B de 90 minutes qu'une série A gonflée à la 3D et au politiquement correct de 180 minutes. Depuis de nombreuses années, On avait pas vu une série B aussi bonne. En ce sens le come back de l'icône John Rambo pour une quatrième aventure est une formidable réussite. On en espère même un cinquième épisode.

Hitman

Le 07/01/2008
Note : 2/4

Hitman est une production Europa corp dans toute sa splendeur : un scénario écrit sur le verso d'un ticket de métro, une musique grandiloquente et rythmée mais en même temps omniprésente, un casting de second couteaux, une photographie très léchée, un bon technicien derrière la caméra, de l'action (beaucoup d'action), un catalogue de placement produit (cette fois Audi est à l'honneur), une agence de voyage (l'action du film se déroule dans tous les pays ou il est susceptible d'être projeté avec une grosse diffusion) et enfin Pierre Ange le Paugam à la production.
Une fois qu'on a dit ça, on sait qu'il ne faut pas s'attendre à une merveille. Toutefois Hitman lorgne plus sur le niveau d'un Baiser mortel du dragon que de Wasabi, même si les similitudes avec Le transporteur sont légions. On passe 90 minutes sans déplaisir à compter les morts et en regrettant qu'il n'y ai pas un effort scénaristique car le sujet (inspiré du jeu vidéo du même nom) et la mise en scène en aurait valu la peine.
Je clôturerai cette chronique avec un petit message pour Pierre Ange le Paugam et Luc besson : engagez des scénaristes !!!! et vous ferez peut-être des film dont la postérité sera supérieure à 7 jours.

La Nuit nous appartient

Le 14/12/2007
Note : 3/4

On le sait depuis un moment : James gray est un metteur en scène de grand talent et un superbe directeurs d'acteurs. Il aime l'univers des films noirs, la mafia, les relations sociales et familiales déchirantes et passionnées. Les destins sur le fil du rasoir qui basculent du bon ou du mauvais coté. Tous ces éléments étaient présents dans Little Odessa et The Yards et sont omniprésents dans La nuit nous appartient. Tout cela ferait de ce film un chef d'œuvre absolu si James Gray avait un tout petit peu le sens de l'humour et n'était pas porté par un classicisme trop prononcé. Toutefois le destin de Joachim Phoenix qui doit choisir entre sa famille de sang et sa famille adoptive nous plonge dans un univers tellement réel que le film est l'un des plus fort de l'année. Mais la prochaine fois, Mr Gray, un peu d'humour, d'espoir et de maestria pourrait apporter un réel plus à votre talent déjà si remarquable.

American Gangster

Le 30/11/2007
Note : 3/4

Quand Ridley Scott est très en forme, cela donne Alien, Blade runner, Les duellistes, Gladiator. Quand il n'est pas en forme du tout cela donne Gi Jane, Lame de fond, Une grande année, 1492, Hannibal, Traquée. American gangster se situe dans les films qu'il fait quand il n'est pas loin de sa forme optimale mais qu'il manque un petit rien. En gros on est devant un grand film mais pas devant un chef d'œuvre absolu. Il se situe donc dans la catégorie de La chute du faucon noir, de Thelma et Louise, de Kingdom of heaven, Black rain. Cessons de pinailler et rendons hommage à un film de 2h37 ou il n'y a aucun temps mort, porté par deux interprètes magistraux (mention spéciale à Denzel Washington).
Le premier constat est que le film est plus proche de Donnie Brasco (avec plus de brio) que de Casino. L'ascension et la chute de ce caïd hors norme se différencie des parrains et autres affranchis par une sobriété et un réalisme faisant froid dans le dos. Là ou les Toni Montanna et les Nicky Santorro perdaient pied avec la réalité et tombaient dans tous les excès possibles et imaginables, Franck Lucas gère ses affaires comme un businessman froid et pragmatique. La lutte qu'il oppose à Russel Crowe qui est son exact opposé n'en n'est que plus saisissante. Ridley Scott nous montre une fois de plus qu'il est à l'aise dans tous les genres et qu'il est l'un des metteurs en scène les plus prolifique de ces trente dernières années.

Le Dernier gang

Le 22/11/2007
Note : 3/4

Ariel Zetoun n'est pas Martin Scorcese. Vincent Elbaz n'est pas Robert de Niro. Paris n'est pas le Bronx ou Las Vegas. Le dernier Gang n'est donc pas Casino ou Les affranchis. Ce préalable ayant était fait, force est de constater que ce film est une vraie réussite. L'itinéraire du cerveau des postiche est plus que convainquant. On se laisse prendre par toutes les avatars de ces personnages. C'est clairement un bon polar français comparable au Grand Pardon dans sa qualité et ces défauts. La principale qualité, c'est encore une fois une bonne, une très bonne histoire, renforcée par une interprétation solide d'Elbaz et des seconds orles judicieusement choisis (Boujenah). Les défauts se résument à un déficit dans la narration au début du film, vite corrigé par la suite, et à un flic un peu caricatural malgré l'interprétation de Gilles Lelouche. Bien sûr ce n'est pas un chef d'œuvre mais un très bon polar décomplexé.

Le Coeur des hommes 2

Le 29/10/2007
Note : 3/4

On retrouve la même bande de potes avec grand plaisir. La grande réussite de ce film ou de cette saga, c'est qu'au delà des personnages attachants, des bonnes vannes qui fusent, des dialogues qui font mouche et des gags franchement réussis, c'est que ce sont des films ou l'émotion prime. On aime cette bande de potes aussi bien qu'on lui en veut lorsqu'ils dérapent mais ce qui ressort de tout cela c'est que les vrais histoires d'amitiés entre mecs sont particulièrement émouvantes et font chaud au cœur. Jacques Brel disait que lorsqu'il pensait à l'amour, il pensait à une vrai amitié entre homme et que cela pouvait l'émouvoir aux larmes car elle lui semblait beaucoup plus forte stable et désintéressée qu'une histoire d'amour homme femme. Ce film en est la parfaite démonstration. Dans le film, ce propos est renforcé par le fait que les histoires d'amours sont souvent moins stables car soumises aux aléas de la passion que l'on ne contrôle pas. On ne s'ennuie pas une minute et on ne voit pas passer le temps. Cette suite sera probablement un gros succès public justifié.
Toutefois il manque quelques petites choses : Certaines histoires restent en suspens (peut-être un troisième épisode est il prévu), d'autres subissent un peu trop d'ellipses et mériteraient d'être plus fouillées. On souhaite aussi à l'auteur de croire un peu plus au vrai amour et à la stabilité de la vie de couple. En effet, même si c'est très drôle à voir, le film reste une succession de drames conjugaux avec les pots cassés qui en découlent (enfants pris dans la tourmente, dépressions, mensonges...). Peut être que le troisième épisode (?) sera celui de la maturité et de l'épanouissement pour ces quatre grands enfants et leurs familles. C'est tout le bien qu'on leur souhaite d'autant plus que l'on sait leur amitié restera quoi qu'il arrive indéfectible et que leurs vannes ne se poliront pas malgré les joies et les épreuves qu'ils rencontreront.