lundi 14 septembre 2009

Neil Young - Zenith Paris, 4 juin 2009

Note : 4/4

Le vétéran Neil Young est, chose assez rare, en tournée en France. Même s’il est un peu plus passé ces dernières années, il n’est venu à Paris que 6 fois depuis 16 ans.

Après deux Bercy, (avec Alanis Morissette et Oasis en première partie et un son épouvantable), une session acoustique au palais des congrès et deux soirs au Grand Rex (à des prix inabordables : Merci GDP), le canadien retrouvait le Zénith qu’il n’avait pas fréquenté depuis son passage en juin 1993 ou il était accompagné Booker T and the MG’s (que je n’ai malheureusement pas pu voir).

Neil Young, c’est l’un des musiciens les plus importants, singulier, éclectique, créatif et prolifique de ces 45 dernières années. De son passage psychédélique avec le Buffalo Springfield, à ses collaborations Folk divines avec Crosby, Still et Nash qui l’ont emmené à Woodstock, en passant par sa longue phase solo qui l’a vu passer sans discontinuer du folk pur (Harvest) au rock noisy grunge le plus radical (Mirrorball, Live Arc, Weld) et pondre une série de chefs d’œuvre ou l’on reconnaît toujours son style inimitable qui se bonifie avec le temps comme un bon Bordeaux (After the gold rush, Rust never sleeps, Live rust, Freedom, Zuma...), Neil Young n’aura jamais joué une fausse note.

Chanteur hyper émouvant, il est aussi et surtout un guitariste soliste ahurissant au son abrasif capable de vous emporter des tréfonds de l’orage à des envols cristallins calmes et d’une pureté inouïe. Quand on le voit sur scène, Neil Young fait littéralement corps avec sa guitare. On le sent happé par une fièvre hypnotique qui semble le porter vers des envols orgasmiques qu’il transmet à son public de façon brute et intense.

Hier soir, porté par un son extrêmement bien réglé, sans décorum, avec sa silhouette de vieux fermier grunge du Kansas et son attitude épileptique et habitée par sa musique le canadien a montré ce qu’il avait de meilleur pendant deux bonnes heures pleine d’intensité.

Sa set list parfaite donnait une large part à son répertoire électrique. Avec notamment Love and only love, Hey Hey my my, Keep on rocking in a free world, Peace and Love, Cinamon girl, Cortez the Killer, Like a hurricane, il ne manquait que peu de classiques (peut être Crime in the city, Powderfinger...). Son intermède acoustique l’a vu interpréter des standards d’Harvest comme Heart of Gold et Old man ou Pocahontas comme si l’on était au coin du feu.

Ses improvisations guitaristiques nous ont transporté, et parfois même assez loin. On pouvait avoir la sensation d’avancer dans une jungle sombre et impénétrable ou l’on progresse péniblement à coup de machette, et de se retrouver tout d’un coup dans une clairière calme et ensoleillée, presque bucolique avec une vrai sensation d’apaisement. A d’autres instants, on pouvait être foudroyé dans le fracas d’un tonnerre sonique volcanique.

Le concert s’est achevé sur une reprise transfigurée et éblouissante du A day in the life des Beatles. En étant complètement respectueux et fidèle à la composition et aux arrangements de Lennon et Mac Cartney, il s’est pourtant totalement approprié la chanson pour en livrer une magnifique version purement "youngienne"
A cet instant, on a envie de réécouter les Beatles et on se prend à rêver d’un album de reprises de la part du vagabond canadien.

Dire qu’il a mis d’accord le public sold out du Zénith est un euphémisme. Ce public était d’ailleurs multi-générationnel. Il y avait les vieux de la vieille, les trentenaires et chose plus surprenante énormément de jeunes de 18 /20 ans. C’est dire si la musique de Monsieur Young peut être fédératrice malgré une accessibilité pas forcement évidente.

Bref, ce fut un grand moment.

Johnny Hallyday - Stade de France Saint Denis, 29 mai 2009

Note : 4/4

Je ne suis pas un fan de Johnny Hallyday. Sa musique, c'est pas vraiment mon truc. Pourtant, j'étais au Stade de France. C'est vrai que Johnny, c'est un cas à part, une vache sacrée, l'auteur de la bande originale d'un paquet de français, bref une icône patrimoniale. Tous les français savent qui est Johnny, tous les français aiment, même secrètement une ou plusieurs chansons de l'idole des jeunes. Pourtant, On a trop tendance à avoir de lui une image un peu déformée : celle d'un biker d'opérette qui crie optic 2000 dans la forêt, celle d'une marionnette et de sa boite à coucou, et de nombreuses couvertures qui se multiplient entre Paris Match et Télé 7 jours...

C'est pourtant là qu'on oublie l'essentiel : Johnny est avant tout un chanteur exceptionnel, une voie inimitable. Ce concert au Stade de France nous l'a rappelé et bien rappelé. Outre sa présence indiscutable, le professionnalisme ahurissant de son show et de ses musiciens Johnny sait tout chanter. Nous sommes face à un mec qui passe de la variété, au rockabilly, au rythme and blues, au rock américain et à la chanson française en écrasant tout sur son passage. Le concert a été un gros crescendo qui a fini par faire vibrer les 80 000 spectateurs de cette enceinte froide et silencieuse comme une station spatiale.

Bien sur tous les tubes n'y sont pas passés tant son répertoire est infini, cependant tous les très grands standards ont été joués ce soir : De Que je t'aime à L'envie en passant par Quelque chose de Tennessee, Toute la musique que j'aime et Le requiem pour un fou. A mes yeux, le meilleur moment a été cette virée sur une petite scène centrale (comme les Rolling Stones) qui laisse le temps de quelques chansons la place à du vrai rock basique en lieu et place du barnum sidéral de cette scène surplombé par un aigle de métal. A ce moment là, la magie et la finesse sont là. En reprenant Presley, Ray Charles et des standards comme Blue suede shoes, That's all right mama, Johnny nous livre des versions incroyables qui feraient pâlir de jalousie tous les Stray Cats de la terre. Les versions du Pénitencier et de Tennesse encadrent cet intermède des early sixties avec beaucoup de bonheur.

Après cela on s'est dirigé vers un bouquet final digne des plus grands groupes. Clairement, ce fut mieux qu'un show, car cela a été aussi un vrai concert. Johnny même avec un visage digne de la momie de Rascarcapac, a démontré à tout le monde que le Boss était encore bien là et qu'il savait mieux que quiconque donner à son public ce qui l'attendait. Pourtant, je le répète, Johnny, ce n'est pas vraiment mon truc. Pour preuve, la semaine dernière, j'ai aussi mis 4/4 à un concert. C'était celui de Turzi, qui bien que radicalement différent et totalement underground m'a autant fasciné...

Turzi - Point Ephémère Paris, 23 mai 2009

Note : 4/4

Réveillez vous !!!!! On entend d'avantage parler de Paris pour sa scène de baby rocker que pour sa scène psyché, kraut, technoïde. C'est bien dommage !!!!
En effet, un microcosme de groupes porté par un micro buzz youtube et myspace rassemblent de plus en plus de public et pondent des albums et des singles proprement ahurissants !!!!

Ces groupes s'appellent Zombie Zombie, Aeroplane, Acqua nebula oscilator, Johakim... et les labels se nomment Versatile, Eskimo Recordings ou Pan European Recording. Une des figures tutélaires de cette scène est le groupe Turzi (du nom de son leader).
Après un très bon premier album intitulé A ou le groupe s'offrait même le privilège de revisiter Ennio Moricone et sa BO du clan des siciliens à la manière des Stooges, Turzi présentait au point éphémère son album à venir (septembre prochain) qui logiquement s'appellera B.

Après une première partie assurée par le groupe belge Aeroplane qui proposent probablement ce qui se fait de mieux en France en musique électronique en ce moment, Turzi a livré une prestation énormissime avec une qualité sonore fabuleuse.
Ce groupe a probablement réussit à trouver une formule magique qui récupère ce qu'il y a de mieux chez Hawkwind (période In search of space), Pink Floyd, Neu!, Can, Sonic Youth, My Bloody Valentine, Velvet Underground, Kraftwerk portée par des guitares stoogiennes et des riffs que n'aurait pas dédaigné le sabbath période Iron man.
De plus on peut aussi percevoir ici et là une pointe de Francois de Roubaix et un zest de Jean Michel Jarre période oxygène.
Loin d'être des clones, Turzi arrive à donner à ce patchwork d'influences une vrai modernité une singularité et une maturité phénoménale.

On se demande forcement pourquoi Turzi en est encore à jouer dans des salles comme le point éphémère alors que des groupes comme Air et Archive remplissent des Zenith.
Ils sont probablement tombé à une époque trop mercantile ou leur musique psyché-dark pourrait être une prise de risque pour une major ?
C'est dommage car le potentiel de ce groupe est considérable puisqu'il pourrait mettre d'accord une grande partie des fans des groupes dont il semble détenir l'héritage (voir au dessus).
Ils se contentent de vivre et faire leur musique en artisans même s'ils ont su séduire un public assez fidèle qui leur donne l'occasion de tourner en Europe et aux USA dans tout un tas de festival psyché.
Le concert du point éphémère était tonitruant, captivant, planant, hypnotique. Bref tout ce que l'on attend d'un concert de Rock.
Bien sur, il aurait pu être un peu plus long et théâtral, bien sur les intermèdes entre les chansons pourraient être optimisés.
Mais bon Dieu, que c'était bien !!!
Grand Dieu que l'album B va être ma priorité musicale de la rentrée !!!

On a la sensation d'être un privilégié qui assiste aux premières heures d'un groupe immense. C'est dire si je vais y retourner et encourager des gens à me suivre.
Clairement, c'est ce que l'underground peut offrir de meilleur.
Courrez voir Turzi et laisser vous emporter, c'est du lourd !!!

Anges et démons

Le 14/05/2009
Note : 3/4

Premièrement il faut oublier tous les aprioris liés au Da Vinci Code. Anges et démons ne cherche en aucun cas à provoquer, à donner une vision contestable de la religion catholique.
Oui, Anges et Démons est un bon film ! Réalisé avec énergie et grand professionnalisme par Ron Howard, solidement interprété par des acteurs de premier plan ce film s'impose comme un super blockbuster. Il ne faut pas y chercher autre chose. Son scénario est digne d'une bonne BD : Une société secrète met un œuvre un plan machiavélique afin d'éradiquer le Vatican en plein conclave est contrarié dans ces projets par un spécialiste des symboles et de l'histoire religieuse. Les capacités de déductions de Langdon rivalisent avec celles d'Indiana Jones de Benjamin Gates et de Sherlock Holmes.
Mené tambour battant, le film nous tient en haleine du début à la fin malgré une multitudes d'incohérences et remplit sa mission de super divertissement. Il ne faut rien chercher de plus.

Je l'aimais

Le 14/05/2009
Note : 4/4

Je l'aimais est un sujet mille fois traité. Nikita Mikalkov aidé par Mastroiani avait, avec Les yeux noirs, traité de manière éblouissante les remords et les regrets inaltérables d'une femme que l'on a laissé s'en aller.
Zabou Breitman s'est attaqué au sujet de manière clinique voire chirurgicale. Avec une sensibilité extrême et une suite de petits rien, elle met à vif des émotions de détresse, de joie avec énormément de justesse. Par une succession de scènes assez lentes, elle tient en haleine le spectateur et l'entraîne à la découverte de ces personnages et de leurs sentiments.
S'il est extrêmement bien réalisé et écrit, le film ne serait rien sans l'interprétation poignante et extraordinaire des acteurs. Daniel Auteuil est d'une justesse à toute épreuve et sait gérer les silences et fait ressentir les émotions de son personnage. Marie José Croze nous rend amoureux d'elle assez rapidement, avec son regard et son sourire ainsi que par l'intensité de son personnage. L'actrice jouant la belle fille de Daniel Auteuil livre quand à elle une prestation remarquable dans un registre dans lequel on a vite fait de se perdre.
Bien sûr ce film est un peu austère et mélancolique. Bien sûr il n'invente rien. Cependant, dans son genre, c'est une superbe réussite puisqu'il nous renverse d'émotions. Et le propre du cinéma n'est-il pas de transmettre des émotions ?

vendredi 11 septembre 2009

Good Morning England

Le 14/05/2009
Note : 2/4

On peut regretter le titre racoleur qu'on choisit les distributeurs français de ce film. En voulant faire le lien entre le film Good morning vietnam qui a un sujet légèrement cousin avec ce film anglais réalisé par Curtis Hanson, ils ont manufacturé ce film qui vaut tout de même un peu mieux que çà. La découverte de l'intérieur par un jeune ado d'une radio pirates anglaises en pleine explosion rock en 66/68 est un prétexte pour Curtis Hanson de faire une friandise qui donne le morale. Servi par une bande son énorme reprenant tout un tas de standards du swinging london, le film présente une galerie de personnages hyper drôle et attachante dont les préoccupations sont de s'envoyer des bonnes vannes, de se taper le maximum de filles sans renier leur foi pour la musique.
Dire qu'on aurait aimé avoir leur job à la même époque est un euphémisme. Curtis Hanson nous fait passer un agréable moment, mais ce moment est une friandise, une excellente d'ailleurs : Aussi vite vu, aussi vite oubliée mais avec bonne humeur.

Star Trek

Le 07/05/2009
Note : 3/4

Depuis plusieurs mois les trekkies étaient sur le pied de guerre dans l'attente de la sortie de ce revival Star Trek. La bande annonce soulevait des tempêtes sur les forums spécialisés. Spok s'énervait ce qui est antinomique pour un vulcain... Toutefois la globalité des fans hardcore de la série étaient présents dans les salles le jour de la sortie.
Il faut dire que l'idée de JJ Abhrams de donner un coup de fouet à cette franchise un peu essoufflée par des films qui peinaient pour ne pas sortir directement en vidéo était alléchante, d'autant qu'il arrivait avec un gros budget et un casting plutôt bien choisi. Le verdict est extrêmement positif. Avec un scénario habile reprenant sans trahison les codes de la série (voyage temporel, dimensions parallèles, caution et apparition de membres historiques de la série), l'USS enterprise et son équipage rajeuni est prêt à s'envoler pour de nombreux autres films sans perdre un trekkies en route et en emmenant un nouveau public. En effet les néophytes seront séduits par ce space opéra blockbuster rondement mené.
Certes, il ne faut pas non plus perdre de vue que Star Trek n'est pas Star Wars, que les effets spéciaux et le montage clipesque des scènes d'actions en caméra porté est parfois un peu B Movie (mais un très bon). Cela reste un très bons film de Science Fiction.

Alpha Blondy et Toots and the Maytals - Zenith Paris, 7 mai 2009

Note : 3/4

C'est clairement la grosse affiche reggae parisienne de l'année. Le public ne s'y est pas trompé puisque même s'il n'est pas complet, le Zénith est bien rempli et l'atmosphère et l'ambiance ont été brûlantes.

Après deux groupes pour chauffer la salle, le vétéran jamaïquain Toots fait son entrée avec les Maytals devant un public chauffé à bloc et tout acquis à sa cause. Le moins que l'on puisse dire c'est que Toots sait faire réagir un public. Au delà de sa fameuse version de Louie Louie, il passe d'un reggae roots à des rythmes purement Ska qui font danser et bouger un public de connaisseurs pendant près d'une heure trente. On trouve beaucoup d'influences dans son reggae (gospel, funk, blues, jazz, ska). Bref ce fut un bon moment qui a sûrement mis la pression à l'autre star de la soirée, l'ivoirien Alpha Blondy.

C'est en superstar qu'Alpha Blondy et son groupe le Solar System ont investi la scène en attaquant avec Jerusalem. La basse est lourde, les cuivres tonitruants, bref c'est du lourd. Pendant plus de deux heures, ils ont clairement tabassé le public en ne lui laissant aucun répit. Tout était hyper rodé et s'enchaînait bien. Le reggae de l'ivoirien est teinté du meilleur afro beat. C'est dire si c'est physique. De nombreux tubes y passent (Sweet fanta diallo, Cocody rock, Brigadier sabary), Alpha reprend même du Pink Floyd avec une bonne version de Wish you were here. C'est particulièrement pro. C'est peut être d'ailleurs l'un des reproches que l'on peut faire au solar system : Le son d'ensemble était peut être un peu trop calibré et certaines versions un peu longues.

L'autre reproche que l'on peut faire , c'est les discours de niveau CE2 d'Alpha Blondy sur les politiciens corrompus, sur le fait qu'il faut supprimer la guerre et rétablir la paix partout. Certes c'est louable mais d'un niveau intellectuel à faire passer Sting et Bono pour des génies de la géopolitique. Mais au final, ce n'est pas si grave puisque c'est prétexte à faire du bon reggae.

Au final, le public est reparti content, il avait eu ce qu'il était venu chercher. Ce fut un triomphe pour les deux têtes d'affiche de la soirée !

Incognito

Le 07/05/2009
Note : 1/4

Incognito est un film baudruche. Le sujet du chanteur à succès qui cache sa célébrité pendant trois jours à un ami auquel il a pris ces textes sans lui dire semblait séduisant. En effet, une série de gags intéressants auraient pu être envisageables. Parfois les idées sont là mais elles ne font pas mouches car on n'y croit jamais. La mise en scène est d'une platitude extrême.
Reste l'interprétation qui fait que le film reste divertissant et sympathique. Les premiers pas de Benabar devant la caméra sont réussis. Jocelyb Quivrin, l'heureux mari d'Alice Taglioni est juste comme toujours. Anne Marivin est craquante. Franck Dubosc fait son numéro qui n'appartient qu'à lui même et réussir à faire rire le public avec un personnage assez lunaire. Le film ne restera pas dans les annales mais se regardera sans déplaisir pendant une soirée zapping.

17 ans encore

Le 01/05/2009
Note : 1/4

Quel trentenaire n'aimerait-il pas revivre ses années lycées dans la peau de Zac Effron dans un bahut américain rempli de jolie filles tout en préservant le recul, l'expérience et la maturité de son âge ? Ce serait l'occasion de renouer avec l'insouciance des ados et de se faire vraiment plaisir et de faire un film comique un peu trashy à la American Pie.
Malheureusement, ce n'est pas cette voie que prend le film. En effet, notre héros se retrouve face aux difficultés de ses enfants et profite de la nouvelle proximité qu'il a avec eux pour les aider et les remettre dans le droit chemin. Il en profite aussi pour tenter de re-séduire sa femme qui a vingt ans de plus que lui.
On avait déjà vu ce type d'approche en mille fois mieux dans Retour vers le futur. En effet, dans ce film tout est convenu, bien pensant, politiquement correct, sans surprise, aseptisé. De plus la dernière mode est d'associer au personnage principal un meilleur pote geeks. 17 ans... ne faillit pas à la règle mais ne tire jamais profit de ce personnage qui aurait pu être plus présent ou plus fouillé. Cette vision de la jeunesse de propagande bercé de Disney est aussi caricaturale, tout en étant son opposé que celle des films de Larry Clark. Bref il s'agit d'un film mièvre sans intérêt qui pourra néanmoins séduire quelques pré-ados.

X-Men Origins: Wolverine

Le 01/05/2009
Note : 2/4

On retrouve avec plaisir Wolwerine, le mutant teigneux aux griffes d'acier dans cet opus qui revient sur ces origines. Hugh Jackman reprend le rôle qui a fait son succès avec un plaisir évident. Le film est un super divertissement dans lequel on ne s'ennuie pas une seconde, avec de nouveaux mutants aux pouvoirs toujours aussi surprenants. L'intrigue reste assez classique : Un général forme une unité d'élite composé de mutant, puis cherche à faire des manipulations génétiques sur eux afin d 'obtenir l'arme absolue qui lui permettra d'éliminer tous les mutants et d'assouvir sa soif de pouvoir.
Tout est très efficace et rondement même si on tombe dans la surenchère d'effets spéciaux avec une fin grand-guignolesque qui prend trop de place dans le film. La densité et l'intérêt psychologique des trois premiers films n'est cependant pas aussi fort dans ce nouvel épisode. Mais surtout on regrette que l'excellente idée du générique n'est pas été exploitée car elle mériterait un film à elle toute seule ou des flash back à la Highlander. En savoir d'avantage sur Logan et son frère en tant qu'acteurs de toutes les guerres (de la guerre de sécessions à la guerre du viet nam) aurait été vraiment mieux que ces péripéties un peu convenues (retraite avortée, vengeance, dualité fratricide caricaturales). Néanmoins pour les amateurs du genre Wolwerine est un vrai plaisir.

Les Wampas + Les Brats - Casino de Paris, 30 mars 2009

Note : 3/4

Les Wampas sont la preuve que Dieu existe. C'est ce que prétend fièrement le nouveau CD de ce groupe historique qui écume toutes les salles de l'hexagone depuis 1983.
Mené par leur leader charismatique Didier Wampas dont le jeu de scène assimilable à celui d'un Iggy Pop sur ressorts sortant de sa boite tel un diablotin survolté, ce combo composé par des musiciens super efficaces (anciens des Dogs, des Satellites et de La Mano) envoie un punk rock yéyé hyper efficace devant un public en ébullition et acquis à sa cause.

Pour ceux qui ne les ont jamais vu leurs concerts peuvent se décrire comme de gigantesques happenings plein de générosité ou tout peut arriver : escalade des balcons par Didier Wampas, scène envahie par des hordes de fans féminines portant en triomphe Didier Wampas, séance de sauts de trampoline au milieu du public, embrassade de tout le public, slams rageurs, reprise décalées, invités surprises détonants (Patrick Juvet, Nikola Sirkis...).

Le concert d'hier n'a pas failli à la tradition.
La première partie était menée par Les Brats, groupe étendard de la scène des baby rockers parisien. Même s'ils se sont bien améliorés depuis leur première partie de l'iguane au Zénith il y a quelques années, leur prestation est restée, à l'instar de tous les groupes de cette scène, poussive et sans originalité.

Ver 21H00, les lumières se sont éteintes et les Wampas sont entrés sur scène sur une musique chinoise et ont balancé une rafale de titres historiques (Comme un punk en hiver, L'aquarium tactile, Rising) mêlé à des titres de leur nouvel album (Georges Marchais) pour prendre leur marques et chauffer le public.
L'ambiance est montée d'un cran lors des premier stage diving de Didier Wampas et son escalade du balcon par la face Nord. Par la suite les grands moments du concert furent la version déglinguée de My way, comme d'habitude, la reprise de l'idole des jeunes, le pogo de Ce soir c'est noël, les déambulations de Didier embrassant tout le monde sur Kiss, la folie sur la scène pendant Petite fille et le duo anachronique avec l'invité surprise du soir qui n 'était autre que la reine de la nuit Régine sur La grande Zora.
Le concert s'est terminé par une nouvelle traversée de la salle de Didier Wampas qui serrait des mains à tout le monde à la sortie de la salle.

Même si pour ceux qui les ont déjà vus le concert du Casino de Paris était relativement sans surprises par rapport aux tournées précédentes, il n'a pas failli à la réputation du groupe et a ravi le public. Clairement s'il est un truc que les Wampas ont compris, c'est la communion avec le public. De ce point de vue là ils ne sont jamais décevants même si certains concerts sont supérieurs à d'autres.
Néanmoins, c'est toujours un bon moment et un vide à combler pour ceux qui ne les ont pas vus.

Les baby Rockers, Pete Doherty et la plupart des groupes à la mode feraient bien de s'inspirer de l'engagement des Wampas sur scène et vis à vis de leurs fans et de ne plus proposer des concerts de 50 minutes dénué de professionnalisme. Ça leur permettrait de durer et de prouver qu'ils valent quelque chose. De ce point de vue là, les Wampas n'ont plus rien à prouver.

The Stranglers - Olympia Paris, 5 février 2009

Note : 1/4

En 30 ans de carrière, Les Stranglers n'étaient jamais passés par l'Olympia. C'est une salle presque comble, peuplée de trentenaires grisonnants qui attendait les hommes en noir pour une tournée best of.

Ces dernières années ont vu pas mal de changement dans le groupe. Paul Roberts, le remplaçant d'Hugh Cornwell a lui aussi quitté le groupe. Il est remplacé par Baz Warme un ancien Toy Dolls qui assure aussi la guitare. Les Stranglers investissent donc la scène avec une grosse énergie et enchaînent la multitude de tubes qui ont jalonné une carrière qui les a vu vendre près de 30 millions d'albums. Jet Black, n'est pas là, il est remplacé par son roadie.

Le son n'est malheureusement pas au rendez vous et c'est clairement le gros point noir de cette soirée. A vouloir jouer dur et énergique, certaines caractéristiques du groupe ne ressortent pas. Le son d'ensemble est un magma brouillon indigne du talent des Stranglers et à peine supérieur à un groupe chevronné de pub londonien. La basse au combien importante de Jean Jacques Burnell n'a pas son son lourd et caractéristique et ne ressort pas du magma sonore. Les claviers de Dave Greenfield sont étouffés par le son trop violent de la batterie du remplaçant de Jet Black. Bazz Warme ne s'en sort pas trop mal même s'il n'a pas la finesse vocale et guitaristique ni le charisme de Hugh Cornwell. Il est toutefois bien Meilleur que Paul Roberts.

Au final si les chansons sont bonnes (No more heroes, Always the sun, All day and all of the nignt, Peaches...) et plaisantes, les versions proposées ce soir sont toutes inférieures aux versions des albums. A titre personnel l'impasse totale faite sur l'album Feline n'arrange pas les choses.

On ne peut cependant pas dire que le concert était mauvais, car les Stranglers ont quand même énormément de bonnes chansons et de l'énergie à revendre. On attendait simplement mieux.

mardi 8 septembre 2009

AC/DC - Bercy Paris, 27 février 2009

Note : 3/4

On ne change pas une formule qui fonctionne. Cela pourrait être la devise d'AC/DC. En effet depuis 35 ans la ligne directrice du groupe australien n'a pas dévié d'un millimètre.
Leur Rock influencé par du blues gonflé à la testostérone est toujours aussi percutant. Toutes les chansons sont des hymnes fédérateurs avec des riffs tranchants hyper efficaces, des refrains qui claquent que l'on reprend à l'unisson avec des solos incisifs et franchement géniaux.

Même si Angus Young par son talent, son charisme et son jeu de scène éclipse le reste du groupe, il faut insister sur le fait que la base rythmique (batterie, basse et guitare de Malcolm Young) d'AC/DC est proprement hallucinante , puissante et soudée comme aucune autre. Brian Johnson est un bon frontman dans son style camionneur de caricature qui arpente la scène de long en large tout en invectivant le public.

AC/DC, c'est aussi des chansons. Ce soir ils ont joué comme à leur habitude un gros best of : Highway to hell, Hell's bells, Back in black, TNT, You shook me all night long, Let there be rock, Wholla lotta rosie, The jack, Dirty deeds...
Clairement pas une mauvaise chanson, même moyenne n'est à signalée, les extraits du dernier album ont fait mouche (Rock and roll train, Black ice). Quand on entend l'intro et la montée de Hell's bells, le refrain de Highway to hell ou de TNT et les solos d'Angus Young sur Let There be rock, on se dit qu'on assiste à un moment exceptionnel.

Pourtant, malgré tout cela , on a une très légère déception. En effet, même si on le sait en y allant, on est plus vraiment dans un concert de rock mais dans un grand spectacle barnum super bien formaté.
Aucune place n'est laissée à l'improvisation, tout es calibré. AC/DC s'adresse au grand public et vient lui donner ce qu'il attend, ce qui est respectable mais manque parfois un peu de spontanéité de naturel et de nouveauté.

Le show pyrotechnique avec poupée gonflable sur Whola lotta rosie, cloche géante sur Hell's bells et coup de canons à la fin est le même depuis 20 ans. Le solo d'Angus Young sur Let There be rock n'a pas varié depuis trente ans. Les versions des chansons, même si elles sont super bien interprétées, mériteraient d'être tirées en longueur ou de jouer d'avantage avec le public.

Angus Young et Brian Jonhson semblent un peu prisonniers de leurs personnages de scène hyper caricaturaux. Il faut dire qu'ils n'ont plus vingt ans et que l'énergie de leur jeu de scène si elle est toujours présente et bien mise en scène est quand même beaucoup moins délirante et épileptique qu'à leurs débuts ou que celle qu'ils affichaient lors des grands shows des années 90 (voir les dvd Plug me in, No bull ou Donington). En même temps, s'ils ne jouaient pas cela, le public serait déçu et crierait à juste titre au scandale.

Au final, on passe un bon moment devant ce grand show calibré joué devant un public survolté, mais le coté vraiment trop "entertainment" pop corn fait qu'on est pas pris aux tripes comme on l'avait imaginé.

Pourtant çà vaut le détour car c'est du très haut niveau. On est dans le camp des mastodontes (Rolling Stones, U2, Pink Floyd). Peu de groupes peuvent tenir la comparaison sur scène. Ce qui est déceptif, c'est en réalité le poids de la légende.

Amadou et Mariam - La Cigale Paris, 11 Février 2009


Note : 4/4

Amadou et Mariam présentaient leur nouvel album Welcome to Mali à la Cigale. Quelques années ont passé depuis l'explosion du couple aveugle du Mali grâce à leur album Les dimanches à Bamako produit par Manu Chao.

L'album est en ligne directe du précédent avec l'effet de surprise et le bonus de la présence de Manu Chao en moins.
En revanche sur scène rien n'a changé si ce n'est le répertoire et c'est une très bonne nouvelle tant les concerts étaient bons.
En effet, Amadou et Mariam sur scène ça fait l'effet d'un rayon de soleil. Comme le dit une de leur chanson ils distribuent du bonheur, du bonheur pour tout le monde.
Tout sourire et habillés en costumes traditionnels africains et entourés d'un groupe énergique et talentueux dont émergent deux choristes, un danseur et un fabuleux percussionniste, le couple a mis la Cigale en ébullition.

L'ambiance et l'intensité n'ont cessé de monter en puissance. L’énergie, l'optimisme et la chaleur et la simplicité qui se dégage de leur musique font parfois passer en second plan la virtuosité extraordinaire des musiciens. Amadou est un guitariste extraordinaire qui techniquement n'a rien à envier à personne et dont le style très joyeux autant dans les solos que la mélodie porte une chaleur qui donne envie de danser.

La naïveté joviale et réjouissante des textes se marie merveilleusement bien avec le groove du groupe et les interventions chaleureuses du couple entre les morceaux. Ils multiplient les remerciements plein de bonne humeur, ce qui change de l'attitude d'un Lou Reed ou de certains groupes indépendants.
La part belle a été faite aux morceaux du dernier album mais les classiques ont aussi été joués : Les dimanches à Bamako, Réalité, Je pense à toi...

Sur scène c'est un vrai bon moment dont personne ne peut sortir indifférent. Cependant il convient de rappeler que la musique d'Amadou et Mariam n'est pas de la musique traditionnelle africaine. Le public est majoritairement composé de blancs. Aujourd'hui leur style est un amalgame de plein de choses : Rock, variété, funk, électro avec une grosse dominante africaine. C'est ce shaker qui explique leur succès grand public tout comme leur talent de musiciens et de performers. Cela dit, vous pouvez y aller les yeux fermés.